Concours "Thérèse Desqueyroux" (le film) : Les résultats !


Vous avez été bien timorés à participer à ce concours, puisque je n’ai reçu que 6 participations valides, mais cela a permis d’augmenter les chances des participantes.

Avant de donner les résultats du tirage au sort, voici les réponses aux 4 questions posées :

1. En quelle année le roman de François Mauriac a-t-il été édité? Le roman de Mauriac paraît en 1927.

2. En quelle année est sortie la première adaptation cinématographique du roman ? La première adaptation cinématographique date de 1962.

3. Quels sont les deux acteurs qui ont incarné le rôle de Bernard Desqueyroux au cinéma ? (deux noms) Les deux acteurs ayant incarné le rôle de Bernard sont : Philippe Noiret et Gilles Lellouche.

4. Ce roman a-t-il été chroniqué sur mon blog ? Oui, il y a un an presque jour pour jour le 25 novembre 2011.

Voici donc les résultats en vidéo penchée, j’espère que le lien va fonctionner.

EDIT : Ma vidéo penchée ne semblant pas fonctionner, voici les deux heureuses gagnantes :

Miss Bouquinaix

Didi

Merci à toutes pour votre participation et bravo aux deux gagnantes qui remportent chacune 2 places !

Merci de m’envoyer rapidement votre adresse postale.

"Thérèse Desqueyroux" François Mauriac


De Thérèse Desqueyroux, je connaissais, sans l’avoir vu, le film, avec le très jeune et poupon Philippe Noiret dans le rôle de Desqueyroux, et des dires de ma mère, sur ce roman sombre et terrible, critique acerbe et implacable de la bourgeoisie française. De François Mauriac, je connaissais depuis l’adolescence certains titres évocateurs : Le baiser au lépreux, le Sagouin ou Le Noeud de vipères (que j’avais toujours tendance à confondre avec Vipère au poing de Bazin), un univers entier contenu dans des titres, et les vieilles couvertures du Livre de Poche, si belles pourtant. Sans doute Thérèse Desqueyroux reste le roman le plus connu de Mauriac, et quand ma Lili Galipette m’a proposé que nous le lisions ensemble, je n’ai pas hésité.

Le roman est construit en deux parties : Thérèse sort du tribunal avec un non-lieu, et rentre en train à Argelouse, dans les Landes, rejoindre Bernard, son mari et sa victime. Durant le trajet en train, elle revient sur sa vie, cherche à comprendre la raison de son geste : l’empoisonnement de son mari par arsenic. Dans la deuxième partie, c’est le temps du présent, et sa vie à Argelouse, sa vie de recluse.

Dans ce train qui la ramène vers son mari, Thérèse raconte, ses fiançailles, son mariage sans amour et programmé depuis l’enfance, son amitié avec Anne, demi-soeur de Bernard, la naissance de sa fille, sa solitude, le sentiment d’étouffement au milieu de la forêt de pins et surtout cette famille bourgeoise et oppressante, patriarcale (Tu feras tout ce que ton mari t’ordonnera de faire. Je ne peux pas mieux dire, lui lance son père à la sortie du tribunal p.15), qui dispose des femmes comme on manie des marionnettes. Elle prépare son plaidoyer, espère le pardon, mais plane l’image évanouïe de cette grand-mère, Julie, dont on fit disparaître de la maison toutes les photos, et dont on n’évoque même plus le nom, cette grand-mère qui a renié la famille et en a été rejetée, expulsée.

Thérèse Desqueyroux est sans doute le personnage le plus noir de Mauriac (Beaucoup s’étonneront que j’ai pu imaginer une créature plus odieuse encore que tous mes autres héros, écrit Mauriac en préface de son roman), mais cette noirceur naît de la désespérance, du manque d’amour et de l’ennui, et, malgré le geste criminel, je n’ai pu éprouver pour Thérèse autre chose que de la compréhension et de l’empathie. La justice prononce un non-lieu, mais la maison d’Argelouse se transforme en une prison bien plus terrible que la vraie. J’ai senti l’étouffement, l’envie de crier comme Thérèse, la révolte. Alors, bien sûr, ce roman, paru en 1927, peut apparaître comme daté, et pourtant, il me paraît, à moi, intemporel, car je ne suis pas sûre que les mœurs bourgeoises, de la Grande Bourgeoisie aient tant évolué que cela, et l’histoire de Mauriac a parfois, des échos sandiens : vous n’êtes plus rien ; ce qui existe, c’est le nom que vous portez, hélas! (p.92). Oui, pas si sûre, que chez Dassault, ou d’autres, le discours ait beaucoup changé (cf l’émission de Mireille Dumas Comment ils ont fait fortune). Car le crime de Thérèse, le vrai, réside davantage dans le refus de se plier aux exigences familiales, d’être différente, d’avoir d’autres aspirations que celles qu’on a programmées pour elle dès sa naissance, et auxquelles sa petite fille ne pourra sans doute pas échapper.

Un roman terrible certes, mais un personnage féminin fascinant, une analyse psychologique magistrale, qui doivent vous inciter à lire, découvrir ce roman.

Lu dans le cadre d’une Lecture Commune avec Lili Galipette et Mark et Marcel, du Challenge La Littérature fait son cinéma, du Challenge On veut de l’héroïne et du Défi de Mia.

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