Je sais ce n’est pas la première fois que vous voyez cette couverture de roman sur mon blog ! il faut dire que, une fois n’est pas coutume (il ne faut pas pousser quand même, c’est MON blog!!!!), l’Homme m’avait piqué ce roman et l’avait lu, et même chroniqué avant moi, un comble ! Autant je lui pique ses livres, autant l’inverse est rarement, voire jamais vrai ! Aussi je me suis dit que c’était de bon augure, et je ne me suis pas trompée.
Pour vous situer l’intrigue : Jérôme Laplace appartient à cette catégorie de personnes qui ne veulent pas se faire remarquer. Souvent toisé, dénigré, ses connaissances (car l’homme a peu d’amis) le prennent soit comme objet de raillerie, soit comme chauffeur bénévole, soit les deux. Il a bien une petite amie, Samantha, mais celle-ci se sert de lui et l’envoie bouler sans cesse. Or Jérôme en a marre, et veut lutter contre les antipathes, ces personnes méchantes qui nuisent aux autres.
Histoire simplette ? que nenni ! car J. Heska a l’imagination débordante. Tout d’abord ce roman est à classer dans les romans d’anticipation, catégorie utopie ! Car Jérôme est à l’origine d’un mouvement philosophique (qui va le dépasser totalement!) et qui va révolutionner les relations sociales (tiens c’est vrai que ça nous ferait pas de mal ça, de révolutionner les relations humaines) : le Cimonde. Tout en suivant la vie, au début déprimante de Jérôme, puis un peu plus trépidante, J. Heska expose cette fameuse philosophie et comment la mettre en place.
De façon générale, j’ai beaucoup aimé ce roman. Tout d’abord parce qu’il m’a permis une balade dans Lyon, de retrouver certains quartiers, et le Parc de la Tête d’Or que j’ai tant arpenté ! Ensuite l’humour. Si les petites phrases ornant chaque début de chapitre sont parfois drôles, sur la longueur j’avoue ne plus y avoir fait trop attention, et les lire de loin. Je les ai trouvées superflues dans la mesure où elles n’apportent pas grand chose au corps du roman, bref on aurait pu s’en passer. Elles n’enlèvent rien à la qualité du roman, mais elles ne font pas avancer le schmilblick. J’ai largement préféré le ton moqueur, les réflexions de ce pauvre Jérôme et sa relation avec son copain fan de Star Wars, Etienne. La scène où ce dernier tente de mettre fin à sa vie est un passage savoureux, mais c’est loin d’être le seul (l’allusion aux chats traditionnellement prénommés Gribouille m’a bien fait rire!).
Au-delà de la simple intrigue d’un pauvre type qui tente de faire sa place dans la société, Heska mène toute une réflexion intéressante sur les rapports humains : la définition des antipathes est assez juste et j’ai noté quelques phrases qu’il faudrait méditer :
L’ignorance est la forme d’antipathie la plus commune. Ignorance des codes sociaux, des besoins de l’autre, de la liberté, etc. Elle se manifeste de façon volontaire ou involontaire et induit un décalage entre la réalité et la perception de la réalité. (p.211)
Ainsi doit-on se méfier des jugements hâtifs sur des personnes que l’on ne connait pas, et que l’on peut blesser en les accusant à tord. C’est précisément ce à quoi se heurte Jérôme, enfermé dans une certaine perception de ses collègues de bureau, une perception faussée par ses propres complexes. Et j’ai justement beaucoup aimé l’évolution de ce personnage, qui, petit à petit, va changer sa façon de voir les gens qui l’entourent. Il n’y a donc pas, dans ce roman, des personnages stéréotypés, mais des êtres qui évoluent et qui nous donnent à réfléchir sur notre propre comportement.
Je tiens donc à remercier J. Heska pour l’envoi de ce roman (et sa dédicace), et suis d’autant plus heureuse d’avoir à en dire du bien !
Si ce livre vous donne envie je suis prête à le faire voyager !

Lecture Commune faite avec Liyah et Leiloona, allez lire leur avis !

3ème semaine