
Je m’étais dit que je poursuivrais ma lecture du tome 2 de Millénium, mais en tombant sur la nouvelle de Madame de Lafayette gentillement posée sur mon bureau, et constatant que nous étions Jeudi, je me suis installée sous la couette (avec le vent qui soufflait et la pluie battant les fenêtres c’était l’endroit idéal) et je me suis retrouvée au XVIIème siècle, l’espace d’une heure. Moins connu que La Princesse de Clèves, cette nouvelle apparaît cependant comme un classique à découvrir.
Mlle de Mézières, à l’âge de treize ans, vouait un amour partagé avec le Comte de Guise, mais, compte tenu de certaines rivalités de famille, il fut convenu qu’elle épousât le Prince de Montpensier. Les batailles contre les Huguenots étant fréquentes et le Prince souvent absent, la belle princesse se retrouva du même coup trop fréquemment seule. Le Comte de Chabannes, ami du Prince, fut chargé de veiller sur la dame pendant l’absence de son mari.
Cette nouvelle, d’une cinquantaine de pages, fut écrite sept ans avant la célèbre Princesse de Clèves. On y retrouve le style neutre et purement narratif de Madame de Lafayette, son art de l’ellipse, et sa faculté d’évocation des intrigues de la Cour. Autour de la Princesse de Montpensier, quatre hommes gravitent : le Prince de Montpensier, son mari ; le Comte de Guise, son ancien amour ; le Comte de Chabannes, ami du Prince, et dans une moindre mesure, le Duc d’Anjou. Tout d’abord vertueuse et fidèle à son mari, la Princesse va, petit à petit baisser sa garde, pour son malheur.
Comme pour La Princesse de Clèves, les généalogies et autres titres en tout genre, m’ont un peu égarée, mais finalement cela n’enlève rien à l’histoire elle-même, histoire qui se veut exemplaire et sans doute destinée aux jeunes filles pour les prémunir contre les risques de la passion. Cette nouvelle rejoint donc les récits enchâssés que l’on retrouve également dans le roman de Madame de Lafayette et la dernière phrase de la nouvelle en est une preuve flagrante :
Elles mourut en peu de jours, dans la fleur de l’âge, une des plus belles princesses du monde et qui aurait été la plus heureuse si la vertu et la prudence eussent conduit toutes ses actions. (p.70)
Une lecture rapide et agréable avec ce style ancien, où regorgent les subjonctifs, les mots désuets mais qui donnent un charme supplémentaire à cette lecture.
Bertrand Tavernier a adapté cette nouvelle au cinéma. Le film est diffusé actuellement sur Canal +, je compte donc le voir pour compléter ma lecture, et me donnera l’occasion d’écrire un nouveau billet sur cette oeuvre.
Roman lu dans le cadre du Challenge Un Classique par mois, du Challenge Dame de Lettres, et du Challenge La Littérature fait son cinéma.































