"Attachement" de Rainbow Rowell


Non, vous ne rêvez pas, une romance Milady sur mon blog, comme quoi tout arrive. Influencée par Alice qui en avait parlé sur son blog et portée par une envie de légèreté pour mieux vivre deux jours désagréables, j’ai été attirée par la lecture de ce roman sans prétention.

Alors, soyons claire, il ne s’agit pas de haute littérature ni de réflexions très puissantes, mais ce n’était pas ce que je lui demandais. Non, ce roman doit se prendre pour ce qu’il est : une petite comédie amoureuse qui se lit comme on regarde un film avec Meg Ryan et Tom Hanks. Certaines scènes sont assez drôles, le scénario a quelques ratés, mais le tout n’est pas désagréable.

Quel est le contexte ? Lincoln travaille comme informaticien dans un journal, Le Courrier. A l’aube de l’an 2000, il est chargé de s’assurer que le système informatique ne bugguera pas à minuit, mais sa principale activité est de contrôler les e-mails des employés, veiller à ce que leur contenu ne soit pas déplacé et trop personnel. Lincoln se met alors à lire les mails de Beth et Jennifer, la première critique cinéma, la seconde secrétaire de rédaction. Au fil des mails, il se prend d’affection pour les deux amies et se rend compte qu’il devient un sujet de leurs conversations. Beth l’ayant repéré dans les couloirs de la rédaction, l’a d’ailleurs surnommé Mon Mec Mignon. Trop intéressé par leurs échanges de mails qui enfreignent les règles de la société, il se refuse à leur envoyer des avertissements.

Le roman est donc composé de deux types de récits : la reproduction des e-mails des deux amies, et une narration plus traditionnelle qui raconte la vie et les tourments de Lincoln.

L’ambiance fin années 90 et les références cinématographiques de l’époque donnent un petit côté vintage au roman qui est assez bien vu même si les références ne sont pas forcément celles que j’aurai retenues de cette période. L’histoire est cousue de fil de blanc et l’on sait dès le début, voire dès la couverture, que tout finira bien et c’est bien aussi ce que l’on attend. Comme dirait Genette, les attentes de lectures sont amplement satisfaites au seuil du livre, et c’est pour cela aussi que j’ai choisi ce roman.

Les e-mails de Beth et Jennifer sont sans doute ce qui m’a le plus plu dans ce roman, même si certains mails finissent parfois par ressembler à une pure narration, que la forme se perd, ce qui est dommage. Le personnage de Lincoln est moins perceptible, un beau mec entre Colin Firth et musclor, les deux étant "légèrement" antithétiques pour moi, et son coté trop gentil est parfois "légèrement" exaspérant. Mais il faut croire que mon contexte de lecture (hosto, salles d’attente) a fortement influé dans mon appréciation de ce roman. L’avantage de ces romans (quand ils tiennent un peu la route) est que nous pouvons les lire quoiqu’il se passe autour de nous, nous demandant une concentration minimum.

Si tout se met plus ou moins bien en place pendant 90% du roman, si le style correspond au genre, je dois avouer que la fin tombe dans la mièvrerie et c’est là que je me suis dit que, décidément, le style est essentiel.

Rien de bien surprenant donc dans cette romance qui répond parfaitement aux codes du genre. Moins bien ficelé que Le Diable s’habille en Prada, Bridget Jones ou autre Tribulations de Tiffany Trott que j’avais eu l’occasion de lire avant la création de ce blog (eh oui votre George a déjà péché dans une autre vie), cette romance reste assez efficace, mais ne révolutionne pas le genre. Elle ne risque pas de me détourner de mes goûts et de mes besoins littéraires, mais, de temps en temps, ce n’est pas désagréable de laisser parler son cœur de midinette.

Livre lu dans le cadre de Challenge Premier Roman et du Challenge S.T.A.R 5 .

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