Bilan Final du S.T.A.R 5


Dimanche dernier, s’est achevée la cinquième édition du S.T.A.R organisé par Liyah. Chaque semaine, j’ai rendu compte de mes lectures sans indiquer le nombre de pages lues. Il est temps ce matin de faire des révélations !

Semaine 1 = 481 pages

- Penelope Green : l’éventail de madame Li de Béatrice Bottet : 307 pages (lecture intégrale)

- Inconnu à cette adresse de Katherine Kressman Taylor : 93 pages (lecture intégrale)

- Le Monde infernal de Branwell Brontë de Daphné Du Maurier : 81 pages (lecture inachevée)

Semaine 2 = 510  pages

- Rose et la maison du magicien de Holly Webb : 339 pages (lecture intégrale)

- Les cinq écus de Bretagne d’Evelyne Brisou-Pelan : 44 pages (lecture inachevée)

- 12 contes de Bretagne de Jean Muzi : 78 pages (lecture inchavée)

- Home de Toni Morrison : 49 pages (lecture en cours à la fin de cette 2ème semaine)

Semaine 3 : 608 pages

- Home de Toni Morrison : 104 pages (lecture intégrale)

- L’oeil du loup de Daniel Pennac : 95 pages (lecture intégrale)

- Les cinq écus de Bretagne d’Evelyne Brisou-Pelan : 33 pages (lecture inachevée)

- La librairie Tanabe de Miyabe Miyuki : 223 pages (lecture intégrale)

- Fantômette contre Fantômette de Georges Chaulet : 153 pages (lecture intégrale)

Semaine 4 : 952 pages

- Blood Hollow de W. Kent Krueger : 475 pages (lecture intégrale)

- Attachement de Rainbow Rowell : 477 pages (lecture intégrale)

Le Rab du Week-end : 180 pages

- Quatre soeurs de Malika Ferdjoukh (lecture inachevée)

TOTAL : 2731  pages

Lors du STAR 4, j’étais parvenue à lire 2310 pages, ce qui fait que j’ai augmenté mon score de 421 pages ! J’ai lu 9 livres en intégralité, et 4 livres dont la lecture est restée inachevée (soit des livres dont j’ai repoussé la suite, soit des livres lus avec mes enfants, soit une lecture toujours en cours).

Sans être un score mirobolant (au regard des résultats de certains autres participants) ce qui me réjouit dans mon bilan est cette augmentation progressive des pages lues semaine après semaine, et notamment la dernière semaine qui, si on inclut le week-end, m’a permis de lire un peu plus de 1130 pages. Je me dis donc que mon objectif 3000 pour le prochain STAR est envisageable.

Bravo à tous ceux qui ont participé à ce challenge et dont vous pouvez aller consulter les résultats sur le blog de Liyah, et merci à Liyah pour ce challenge et pour toute l’organisation qui l’entoure ! A présent, j’attends de pied ferme le S.T.A.R 6 !

Ce challenge est toujours très ludique et motivant.

« Inconnu à cette adresse » de Katherine Kressman Taylor


C’est en rangeant les piles de livres qui s’accumulaient sur mon bureau que je suis retombée sur ce petit livre acheté récemment. Je me suis mise à lire la première lettre… et puis de lettre en lettre…

Max, de religion juive, vit à San Francisco. Martin, son ami, de nationalité allemande retourne dans son pays natal en 1932. Tous les deux associés dans une galerie d’art américaine, ils commencent logiquement une correspondance. Riche de ses revenus américains, que Max lui fait parvenir des États-Unis, Martin s’installe très confortablement à Munich, dans une Allemagne très appauvrie depuis la fin de la première mondiale. Max, à San Francisco, vit seul, n’étant, quant à lui ni marié ni père, mais très attentif au début de la carrière de comédienne de sa sœur, Griselle. Au fil des lettres, les inquiétudes se manifestent envers l’arrivée au pouvoir d’un certain Hitler et des effractions commises envers les juifs. Socialement bien installé, Martin entre comme fonctionnaire de l’administration et fréquente les dignitaires du National-Socialisme.

Ce roman fut publié aux Etats-Unis en 1938. L’intrigue couvre la période allant de 1932 à 1934, quatre ans donc avant le déclenchement de la Seconde guerre mondiale. Katherine Kressman Taylor, par ce bref roman épistolaire, parvient à saisir la montée du nazisme et de l’antisémitisme. Elle montre l’endoctrinement patriotique de Martin, ses espoirs, ses réticences aussi, du moins au début, puis petit à petit ses convictions très appuyées envers une politique active menée par homme charismatique (selon lui). L’auteure restitue, à travers les lettres de Martin, un discours certainement tenu par beaucoup d’Allemands à l’époque, cette nécessité d’un bouc émissaire, les Juifs, responsables selon eux de tous les maux et de cette nécessité d’en sacrifier certains pour sauver la plupart. C’est un discours qui fait froid dans le dos, un discours où se mêle également la volonté de tenir un rang, une position sociale. Mais le tour de force de Kressman est sans doute de n’avoir pas voulu faire des portraits en noir et blanc : le gentil Juif et le méchant Allemand. Et à la fin de l’ouvrage, je me suis demandé qui était le plus diabolique des deux ? C’est une histoire individuelle au sein de l’Histoire. Et le plus vulnérable n’est pas nécessaire celui que l’on croit.

Ce qui est assez fascinant c’est comment, en 1938, Kressman a déjà tout compris du drame qui se prépare. Elle montre par ce roman, par ce qu’elle dit déjà des traitements faits aux Juifs en 1933 et 1934, les germes des horreurs que la guerre va révéler. Elle suggère déjà, les lâchetés, les compromis avec sa conscience, la peur.

Mon seul petit bémol serait que le changement opéré chez Martin m’apparaît comme un peu rapide et extrême. Peut-être que deux ou trois lettres de plus montrant son évolution idéologique auraient rendu, selon moi, cette « conversion » plus vraisemblable. Reste que le renversement final est terrible, surprenant et, je le redis, diabolique.

Roman lu dans le cadre du Challenge STAR 5.

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