"Sublimes créatures" ou "16 Lunes" de K. GARCIA et M. STOHL


garcia sublimes créaturesDeux titres pour le prix d’un roman. Édité en France en 2010 sous le titre 16 Lunes, ce roman est rebaptisé Sublimes créatures, traduction littérale du titre américain, Beautiful creatures sans doute pour une raison commerciale pour la sortie en poche qui a coïncidé avec la sortie de son adaptation cinématographique éponyme. Généralement les éditeurs mettent un bandeau ou un sous-titre rappelant le titre du film quand celui-ci diffère du titre du roman. Le choix d’un changement de titre sans allusion, en couverture, du premier titre français a dû en dérouter plus d’un, si bien qu’au Salon du Livre, j’ai vu des petites affiches épinglées sur le livre pour éclaircir l’affaire. Bref, tout cela pour dire, que quand Le Livre de Poche m’a proposé ce roman, j’étais un peu perdue aussi.

Mais passons au contenu.

Ethan Wate vit à Gatlin en Caroline du Sud, un bled où il ne se passe jamais rien, où plusieurs mères de famille veillent aux bonnes mœurs de leur progéniture et où subsiste très fortement l’empreinte de la Guerre de Sécession et de la rivalité entre Nord et Sud. Ethan, depuis quelque temps, rêve d’une jeune fille, ou plutôt cauchemarde. En effet, il fait toujours le même cauchemar dans lequel il tente de sauver une jeune fille. Un matin, en arrivant au lycée, il découvre Lena Duchannes qui n’est autre que l’incarnation de la jeune fille de ses cauchemars.

Le narrateur du roman est Ethan. Il est, comme le lecteur, témoin des évènements étranges qui vont avoir lieu, comme le lecteur, il a le regard naïf de celui qui va être initié. Le choix d’un narrateur masculin alors que l’intrigue repose sur une histoire d’amour est, je trouve intéressante et surtout cela change aussi et sans doute évite le côté trop fleur bleue que l’on trouve parfois dans ce genre de roman.

Ici pas de vampire ni de loup-garou, mais des Enchanteurs et des Incubes. Petite remarque cependant, les auteurs font des incubes des suceurs de sang, donc indirectement des vampires, ce qui est bien étrange puisque les Incubes sont des esprits maléfiques qui, pendant que leurs victimes, féminines généralement, sont endormies, pèsent sur leur poitrine et abusent d’elles sexuellement, ce ne sont donc pas des vampires et surtout cette connotation sexuelle est absente du roman. Il va peut-être falloir revoir les bases !

Bref, la famille de Lena subit depuis la guerre de Sécession une malédiction. Les membres de sa famille ont soit mal tourné en se rangeant du côté des Ténèbres, soit bien tourné en préférant la Lumière. Lena va, lors de son seizième anniversaire, être appelée pour être soit d’un côté soit de l’autre. Cette perceptive l’effraie beaucoup et cette angoisse sera longuement (très longuement) rappelée au cours du roman. Son père est mort et sa mère est passée du côté des forces obscures, elle est élevée par son oncle Macon Ravenwood, homme énigmatique.

Ethan, quant à lui, est orphelin de mère. Celle-ci est morte dans un accident. Femme érudite, elle effectuait des recherches sur le passé de Gutlin au temps de la guerre de Sécession. Son père, écrivain, vit reclus dans son bureau depuis la mort de sa femme. Ethan est donc élevé par Amma, 55 ans, noire, ancienne gouvernante, possédant quelques pouvoirs vaudou.

Kami Garcia et Margaret Stohl sont parvenues à créer un univers original où se mêlent le monde de la magie et références historiques. A plusieurs reprises, les deux adolescents sont propulsés dans le passé, au temps de la guerre de Sécession et ces passages sont bien rendus car ils permettent de comprendre l’importance de ce passé dans la vie présente de ces jeunes gens et créent un décors historique qui enrichit le contenu.

Ce que je reprocherai surtout à ce roman ce sont ses longueurs et ses répétitions : ça n’en finit plus. Le lecture est certes ravivée par des péripéties, mais entre chaque péripétie ça tire un peu en longueur, si bien que j’ai mis un temps fou à venir à bout de cette lecture. Dans différentes parties du roman, les auteures se concentrent sur un évènement, l’exploitent sur plusieurs pages, avec des répétitions et parfois peu d’avancée dans l’intrigue, puis passent à un autre, opèrent de la même façon, etc. Je retiens plus particulièrement la lecture du fameux livre de sortilèges qui n’en finit plus et surtout qui ne débouche sur rien.

Certes ce roman est le premier tome d’une série composée de 4 tomes et sans doute certains points seront-ils expliqués dans les tomes suivants, mais je me suis un peu ennuyée et quelques pages en moins (le roman fait quand même presque 700 pages) auraient sans doute permis une intrigue plus ramassée et donc plus efficace.

Roman lu dans le cadre du Challenge Amoureux Saison 3 (cat. Amours Adolescentes), du Challenge Cartable et tableau noir et Challenge La Littérature fait son cinéma.

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