Challenge Agatha Christie : Un Bilan


challenge Agatha ChristieLe Challenge Agatha Christie a été créé le 23 novembre 2010. Un premier bilan avait été fait le 6 avril 2011, il est donc largement temps de voir un peu ce qu’il s’est passé en 2 ans.

Ce challenge est une grosse machine, et en faire un bilan est travail titanesque.

(en savoir plus…)

"Le Miroir se brisa" d’Agatha CHRISTIE


christie le miroir se brisaLe neveu de Miss Marple, soucieux du bien-être et de la santé de sa tante, lui a envoyé une aide à domicile. Miss Knight, prévenante à l’excès, agace prodigieusement la vieille dame qui s’en débarrasse en l’envoyant faire ses courses dans tous les coins de St Mary Mead. Le village est d’ailleurs en plein effervescence car le réalisateur Jason Rudd et son actrice de femme, la magnifique et célèbre Marina Gregg, viennent d’acquérir Gossington Hall de sinistre mémoire depuis qu’un cadavre avait été retrouvé dans la bibliothèque de la grande demeure alors propriété du couple Bentry, amis de Miss Marple, quelques années auparavant (Le Cadavre dans la bibliothèque). Pour la fête anniversaire des Ambulanciers de St John, une réception est organisée par le couple célèbre. La présidente de l’association, grande admiratrice de Marine Gregg, Mrs Badcock trouve la mort après avoir avalé un cocktail. L’inspecteur Delmot Craddock, de Scotland Yard, va donc, avec l’aide de Miss Marple, tenter de faire la lumière sur ce crime étrange. Pourquoi avoir assassiné cette femme simple et peut-être un peu trop bavarde ? Ne se serait-on pas trompé de victime ?

Ce fut un plaisir de retrouver les personnages du Cadavre dans la bibliothèque. J’aime quand les livres se répondent. Certes il est peu probable que plusieurs crimes, même à quelques années d’intervalle, se produisent dans un même lieu, mais qu’importe, le lecteur se sent en pays connu.

Miss Marple, un peu diminuée par une bronchite qui l’a affaiblie, déprime au contact de Miss Knight, mais ce couple antithétique provoque des scènes assez drôles. La vieille dame ne supporte pas que Miss Knight s’adresse à elle en disant "nous", ou encore qu’elle la considère comme grabataire. Tandis que l’aide-malade lui concocte des laits de poule, en cachette, Miss Marple sort son whiskie.

Comme dans les autres romans la mettant en scène, Miss Marple, tout en restant dans son fauteuil près de la fenêtre, est au courant de tous les ragots du village. Si on se perd un peu dans tous les noms des différents personnages secondaires, habitants de St Mary Mead et du nouveau quartier avec ses maisons modernes, j’ai aimé cette espèce de téléphone arabe à l’anglaise qui court tout au long du roman. Chacun y va de ses ragots et tout cela arrive aux oreilles de Miss Marple. J’ai aussi apprécié la figure de l’inspecteur Craddock, qui n’a rien de la suffisance d’Hercule Poirot et qui, au contraire, prend avec sérieux les suppositions de sa vieille amie.

Le meurtre de Mrs Badcock ne sera pas le seul, et plus le roman avance plus les raisons du crime semblent s’obscurcir.

Agatha Christie se serait inspirée de l’actrice Gene Tierney pour créer son personnage de Marina. La romancière aurait été touchée par le destin de cette belle actrice qui au sommet de sa gloire avait été touchée par un drame personnel, le même qu’elle fait vivre à son personnage.

tierney gene

Elle s’interroge dans ce roman au titre révélateur, sur la double image de ces actrices qui doivent en toute circonstance montrer un visage radieux et souriant et cachant dans leur cœur des douleurs personnelles. Le titre, justement, est inspiré d’un vers d’un poème d’Alfred Tennyson, The Lady of Shalott, reprenant une légende arthurienne : la dame de Shalott était sous le joug d’une malédiction qui l’obligeait à ne voir le monde qu’à travers un miroir. Si le miroir est une métaphore, pour moi, de l’écran de cinéma, il révèle également en se brisant la femme qui se cache réellement au fond de l’actrice. Tout au long du roman cette référence au poème est présent, jusqu’aux dernières lignes qui reprennent trois vers du poème. Il rythme le roman et devient même un élément important pour la résolution de l’énigme.

Une fois n’est pas coutume (mais j’en suis super fière), j’ai devancé Miss Marple dans la résolution de l’énigme. Assez vite, j’ai deviné qui était le meurtrier et pourquoi. Mais cela ne m’a pas empêché d’apprécier ce roman, et notamment j’ai particulièrement apprécié l’humour que je trouve souvent trop absent des aventures d’Hercule Poirot. Miss Marple, dans ce roman, apparaît rebelle, et sa relation avec son médecin qui lui prescrit comme seul médicament la résolution d’un crime m’a fait sourire. Si le crime principal est bien traité, j’ai un peu regretté le traitement des deux suivants, qui sont des scènes fortes mais qui sont vite balayés d’un revers de main. J’ai un peu eu l’impression qu’ils servaient surtout à créer des rebondissements pour maintenir l’attention du lecteur.

Malgré ce très léger bémol, ce roman m’a donné envie de lire d’autres aventures de Miss Marple qui, décidément, me plait de plus en plus car on sent une plus grande liberté dans le style d’Agatha Christie et aussi moins d’ironie que dans les histoires mettant Hercule Poirot en scène.

J’aimerais à présent avoir l’occasion de découvrir l’adaptation cinématographique que m’a conseillée Enna. Il faut dire que l’affiche est alléchante car les acteurs ne sont autre que Elizabeth Taylor, Rock Hudson, Kim Novak, Tony Curtis ou encore Géraldine Chaplin et dans le rôle de Miss Marple, Angela Lansbury.

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Roman lu dans le cadre du Challenge Petit Bac (cat. objet), du Challenge La Littérature fait son cinéma, du Challenge God save the livre saison 3, du Challenge Polars et Thriller et du Challenge Agatha Christie. (oui, je sais ça fait beaucoup de challenges pour un seul livre…et encore j’aurais pu ajouter le Challenge Ô vieillesse ennemie… ben allez je l’ajoute aussi ! Ah mais il y a aussi le Challenge Romans Sous influences avec la référence au poème ! Il est efficace ce roman pour honorer les challenges :D )

challenge Petit Bac 2013Challenge La Littérature fait son cinéma 2012.  3e catégorie jpegchallenge-god-save-the-livreChallenge thrillers et polarschallenge Agatha Christiechallenge o vieillesse ennemiechallenge Romans sous influences

Bilan de lecture mensuel : Janvier 2013.


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Janvier fut un mois résolument sous le signe de la lecture. L’année 2013 a commencé comme je le souhaitais. Lors de mon bilan annuel, j’avais fait le souhait de renouer avec des lectures personnelles, des lectures "valeur sûre" et je dois dire que j’ai été bien servie en ce mois de janvier. Je crois que ma dernière lecture de 2012 avait donné le ton.

Autre résolution 2013, faire baisser ma PAL SP. Ce mois-ci j’en ai sorti deux :

Tout d’abord Les Variants de Robinson Wells, paru chez MSK, collection jeunesse des éditions du Masque. Voilà un roman dystopique au suspens haletant. Comment un jeune adolescent se retrouve enfermé dans un collège totalement géré par des adolescents violents. Un premier tome prometteur.

Le second est également un roman jeunesse paru chez Flammarion : Code Komiko : dans la nuit de Hong Kong, tome 1 de Naomi Paul. Komiko est une hackeuse qui pourfend les industriels peu soucieux des droits de l’homme. Avec ses amis, elle vit une double vie : jeune fille rangée, violoniste de talent, une fois seule elle est la reine du clavier et se révèle une justicière courageuse. Une héroïne comme je les aime.

wells les variantesPaul Komiko

Ma participation au Club des Lectrices m’a permis de découvrir deux auteurs que je ne connaissais que de nom. Le premier roman pour le Club en lui-même, le second pour le Prix des lectrices, prix créé par le Club. Ces deux lectures sont malheureusement les deux seules lectures qui m’ont un peu déçue ce mois-ci. Le premier, Dans la villes des veuves intrépides de James Canon, s’il aborde le sujet intéressant d’une société matriarcale, m’a semblé répétitif et un peu excessif dans ses élucubrations. Le second m’a résolument ennuyé : La Folie du Roi Marc de Clara Dupont-Monod n’a pas suscité en moi beaucoup d’intérêt. La réécriture de la légende de Tristan et Iseult du point de vue du Roi Marc, mari d’Iseult, ne m’a pas paru pertinent, même si le point de vue pouvait être intéressant.

canon les veuvesdupond-monod folie du roi marc

Mon amie Charlotte souhaitant récupérer les deux romans qu’elle m’avait prêtés, j’ai enfin pris le temps de les lire. Deux romans sur le milieu de l’édition. Le premier fut un vrai petit bonheur d’humour : Petits bonheurs de l’édition : journal de stage de Bruno Migdal. Le narrateur est engagé comme stagiaire dans une maison d’édition célèbre, il raconte ses six mois de stage et nous révèle les dessous de l’entreprise. Le second m’a moins convaincu essentiellement à cause du portrait d’un éditeur que j’ai trouvé désenchanté. Cependant, là encore, l’auteur soulève le voile et nous fait vivre la vie d’une maison d’édition à l’heure des nouvelles technologies : La Liseuse de Paul Fournel.

migdal petits bonheursFournel la liseuse

Cette année, j’ai décidé de lire des romans un peu conséquents à mes enfants avant de les mettre au lit (je m’en suis expliqué sur mon journal, si vous voulez en savoir plus). Nous avons donc lu deux romans. Le premier, Le Roman d’Ernest et Célestine de Daniel Pennac, nous a beaucoup plu. J’ai retrouvé avec plaisir le style léger, fin et drôle de cet auteur que j’aime beaucoup. Les enfants ont adoré à tel point qu’Antoine est en train de le relire pour lui. Le deuxième fut une lecture un peu plus mitigé : Stuart Little de E.B White. Un classique de la littérature jeunesse américaine qui nous a un peu laissé sur notre fin.

pennac ernest et célestineWhite Little Stuart

La lecture du Roman d’Ernest et Célestine ayant entraîné la création du Challenge Daniel Pennac, j’ai lu, après une descente en librairie gargantuesque en compagnie de Miss Bouquinaix, le premier tome de la série Kamo : Kamo, l’idée du siècle. Un petit roman jeunesse sur l’angoisse de l’entrée en sixième mais qui, traité par Daniel Pennac prend une saveur particulière.

Pennac kamo l'idée du siècle

Enfin, mes lectures "valeur sûre" et là je me suis vraiment fait plaisir. Tentée par Titine et consoeur, j’ai enfin lu un roman d’Elizabeth Gaskell, Les Confessions de Mr Harrison. Un petit roman jouissif (oui le mot est lancé!), une vision drôle et décalée d’un homme convoité par tout un village. Un roman décisif qui m’a donné encore plus envie de lire les autres romans de cette grande auteure.

J’ai également renoué avec Joyce Carol Oates que j’avais trop délaissée ces derniers temps. Je vous emmène est un roman profond, sans doute quelque peu autobiographique, mais qui dépasse l’autobiographie pour rendre compte d’une conscience en formation.

Enfin je suis allé saluer ma copine Agatha Christie, tout d’abord avec la lecture de Le Couteau sur la nuque et ensuite avec une adaptation BD du célèbre Crime de l’Orient-Express. Avec le premier, j’ai été embarquée dans une enquête qui, comme toujours, m’a égarée en fausses pistes. Le second fut moins convainquant, mais m’a cependant donné envie de relire le roman.

gaskell les confessionsoates je vous emmènechristie le couteau sur la nuqueChristie le crime de l'Orient BD

Un mois de janvier donc bien rempli, avec 13 livres lus, dont une BD, et 2991 pages tournées. Des lectures, pour la majorité, qui m’ont portée, m’ont fait rire, réfléchir, amusée… répondant ainsi parfaitement à mes envies pour cette  nouvelle année. J’espère que février sera aussi riche.

Bonnes lectures à vous.

"Le Crime de l’Orient-Express" d’après Agatha Christie, de François Rivière et Solidor (BD)


Christie le crime de l'Orient BDGrâce aux nombreux participants du Challenge Agatha Christie, j’ai eu l’occasion de découvrir les adaptations en BD des romans de notre reine du crime. L’an dernier dans un CDI où je faisais passer des oraux de français, j’avais eu l’occasion d’en feuilleter une ou deux. Je les avais un peu oubliées jusqu’à samedi où en parcourant les bacs de BD à la bibliothèque municipale, je suis à nouveau tombée dessus. J’ai choisi Le Crime de l’Orient-Express paradoxalement parce que je connaissais l’intrigue. En effet, je voulais surtout lire cette BD pour son adaptation du roman, et comme pour les films, je préfère lire les romans avant de découvrir les adaptations.

Dans cette histoire, un homme d’affaire millionnaire, M. Ratchett, est retrouvé mort dans sa couchette, poignardé à plusieurs reprises. Le célèbre train, l’Orient-Express, se retrouve immobilisé dans la campagne à cause de la neige. En attendant le chasse-neige et la police yougoslave, le directeur du train, ami d’Hercule, lui demande de mener l’enquête.

L’adaptation en BD oblige une condensation de l’intrigue, mais aussi un rendu visuel propre au genre. Cette adaptation permet de se remémorer le roman, de voir s’incarner les différents personnages. Le dessin est académique et fidèle à l’esprit du roman. L’enquête est, d’après mes souvenirs, également fidèle. Hercule Poirot a un petit air de David Souchet, l’acteur qui incarne l’inspecteur Poirot dans la très célèbre série. De façon générale d’ailleurs, j’ai trouvé que cette adaptation était très proche des épisodes de la série.

Je trouve l’initiative intéressante et j’ai aimé lire cette BD, mais quelques points m’ont un peu déstabilisée. Tout d’abord concernant le condensé de l’intrigue. Si la première partie installe bien l’intrigue, la seconde partie, après le crime, m’a paru trop rapide et souvent trop elliptique. Hercule Poirot interroge plusieurs voyageurs, mais à chaque fois, l’interrogatoire tourne un peu court et je suis souvent restée sur ma faim. D’autre part, la multiplicité des personnages et la brièveté de leur apparition ont fait que je me suis souvent sentie un peu perdue, ayant du mal à me souvenir qui était tel et tel personnage. Nous n’avons pas le temps d’identifier un personnage que nous passons à un autre personnage. D’autant plus que certains dessins m’ont un peu déroutée : pour un des personnages j’ai eu du mal à savoir s’il s’agissait d’une femme ou d’un homme, pour une autre, j’ai l’impression qu’elle était chauve et surtout je ne suis pas parvenue à la retrouver dans la suite de l’histoire :

christie BD 2

Nous avons donc une enquête menée tambour battant à tel point que, quand la résolution arrive enfin avec la fameuse scène où Poirot réunit tout le monde pour désigner le coupable, j’avais toujours l’impression que l’enquête ne faisait que commencer. A être trop condensés, le déroulement de l’enquête et les cogitations de Poirot perdent un peu de leur pertinence. J’ai eu l’impression d’avoir sauté des étapes.

Donc, pour conclure, je dirais que cette BD est intéressante quand on s’intéresse à l’œuvre d’Agatha et qu’elle doit être lue en complément du roman. Certes après la lecture vous connaîtrez le fond de l’intrigue et le nom du meurtrier, mais pour ma part, je n’ai pas suffisamment retrouvé le sel du roman et notamment le suspens qui nous fait participer à la résolution de l’intrigue.

BD lue grâce à la Bibliothèque MunicipaleMarilyn bibliothèque

BD lue dans le cadre du Challenge Agatha Christie et du Challenge Polar et Thriller.

challenge Agatha ChristieChallenge thrillers et polars

"Le Couteau sur la nuque" d’Agatha CHRISTIE


christie le couteau sur la nuqueVoilà bien longtemps que je n’avais pas ouvert un bon vieux roman d’Agatha, et pourtant je n’ai que l’embarras du choix puisque ma PAL n’en comporte pas moins de 30. Mon dévolu s’est porté sur Le Couteau sur la nuque, un roman acheté récemment et qui n’a même pas eu le temps de passer par la case PAL, décidément ça devient une habitude et ce n’est pas comme cela que je vais m’en sortir. Toutefois, à la vitesse avec laquelle j’ai lu ce roman-ci, je me dis que vider ma PAL des romans d’Agatha devrait être assez facile. Commencé hier après-midi, je viens de le finir aujourd’hui vers 14h. Autant vous dire que voilà une affaire rondement menée. Il faut préciser que retrouver Hercule et son acolyte Hastings est un tel plaisir que j’ai eu bien du mal à lâcher mon livre pour faire autre chose. L’autre chose étant, dans ces cas-là, toujours nettement moins passionnant.

Le narrateur de l’enquête est donc Hastings qui se charge de relater les éléments de l’enquête concernant l’assassinat de George Alfred Saint Vincent Marsh, baron Edgware. Cet homme, connu pour son caractère désagréable et sa légère folie, a été tué d’un… vous vous en doutez… coup de couteau sur la nuque. Tous les soupçons se portent sur son épouse, Jane Wilkinson, célèbre actrice narcissique, connue, elle, pour savoir manipuler les hommes. Elle a en effet été aperçue le soir du crime pénétrant dans le bureau-bibliothèque de son cher mari. Or, cette même Jane Wilkinson avait la veille chargé Hercule Poirot d’intercéder en sa faveur auprès du baron afin de le convaincre de lui accorder le divorce. Le discours de la jeune femme avait alors quelque peu surpris notre célèbre enquêteur puisqu’elle affirmait ouvertement avoir envie de tuer son mari pour en être enfin débarrassée. Une fois la découverte du crime, Hercule Poirot, bien évidemment, ne peut résister à vouloir faire la lumière sur ce crime.

Agatha est une petite maligne, nous le savons tous. Tout en nous donnant des indices, en nous laissant croire que nous allons prendre par défaut son Hercule, elle nous laisse nous embrouiller nous-mêmes. Ainsi nous sommes comme Hastings, nous finissons pas soupçonner tout le monde, nous faisons des déductions fausses et ne comprenons pas grand chose à celles de Poirot. Oui, Hastings est pour moi un double du lecteur et c’est pourquoi j’aime assez ce personnage. Comme lui, les remarques un peu désagréables que lui lance Poirot, me vexent et comme lui, à la fin, je suis bluffée. D’autant qu’Agatha, et ce n’est pas la première fois que je le remarque, utilise ce que John Curran (Les Carnets secrets d’Agatha Christie) appelle le double bluff. En bref, elle a l’art de nous rouler dans la farine deux fois !

Les romans d’Agatha Christie se lisent toujours avec intérêt parce qu’ils nous demandent attention et font appel à notre intelligence tout en nous divertissant. En commençant un de ses romans, je me dis toujours : "Cette fois, je vais trouver le meurtrier", je me concentre, j’essaie de noter chaque détail, chaque indice et à chaque fois, à la fin, je réalise que je me suis trompée de coupable. Mais finalement ce n’est pas bien grave, bien au contraire.

Hercule Poirot est, dans ce roman, fidèle à lui-même : fière de lui à outrance, sentencieux, donneur de leçon, légèrement désagréable avec Hastings et moqueur envers ce cher inspecteur Japp qui, le pauvre, est encore pire que Hastings et Scotland Yard en prend alors pour son grade.

Cependant, est-ce dû à la traduction de mon édition un peu ancienne (réédition de 1979 d’une 1ère traduction de Louis Postif datant de 1936), j’ai trouvé le style particulièrement plat. S’il reste efficace dans la relation des faits, il est un peu décevant par son manque de consistance. Le roman a depuis été retraduit en 1991 par Pascale Guinard, peut-être la nouvelle traduction est-elle meilleure. Mais ne boudons pas notre plaisir. Comme toujours les romans d’Agatha Christie ont l’art de me donner une soif de lecture accrue et cela même si ma soif en ce moment est à son apogée.

Livre lu dans le cadre du Challenge Petit Bac 2013 (cat. partie du corps), du Challenge Thrillers et Polars, du Challenge God save the Livre et bien sûr du Challenge Agatha Christie.

challenge Petit Bac 2013Challenge thrillers et polarschallenge-god-save-the-livrechallenge Agatha Christie

Challenge Petit Bac 2013 by Enna


challenge Petit Bac 2013

Enna relance, pour la troisième année, son challenge Petit Bac. Bien qu’il me reste encore un titre pour conclure celui de cette saison, j’aime tellement ce challenge que je rempile pour une troisième année. Pour tous les détails sur ce challenge suivez le lien plus haut. Le challenge débutera le 1er janvier 2013 et se conclura le 31 décembre 2013.

Cette année, Enna a défini 11 catégories dont le fameux bonus facultatif Gros mot. Cette année, Enna m’a suggéré une contrainte supplémentaire : faire en sorte de placer dans chaque catégorie un titre d’Agatha Christie. Je vais donc faire ce challenge de façon classique (avec des titres d’auteurs différents) et, en parallèle, avec les titres de romans d’Agatha Christie. Deux challenges en un donc.

J’ai déjà commencé à voir dans ma PAL quels romans d’Agatha Christie peuvent entrer dans les différentes catégories. Voici ce que cela donne. J’ai également noté les romans que je compte lire dans la version classique du challenge, romans que j’ai piochés dans ma PAL Noire :

Prénom/ surnom :

Les indiscrétions d’Hercule Poirot Agatha Christie

Emma Jane Austen (PN)

Lieu :

Rendez-vous à Bagdad Agatha Christie ou Mort sur le Nil

Mansfield Park Jane Austen (PN)

Animal :

Le Cheval à bascule Agatha Christie ou Le Chat et les pigeons

Allumer le chat Constantine (PN)

Objet :

Cartes sur table Agatha Christie ou Le Miroir se brisa

Au bon roman Cossé (PN)

Couleur :

Mr Brown Agatha Christie

Le Robe Noire de Wilkie Collins (PN)

Partie du corps :

Le Couteau sur la nuque Agatha Christie

Mon coeur mis à nu Joyce Carol Oates (PN)

Phénomène Météorologique :

La mort dans les nuages Agatha Christie

Percy Jackson, le voleur de foudre de Riordan

Aliment/boisson :

Christmas pudding Agatha Christie ou Une poigné de seigle

Miel et vin Myriam Chirousse

Chiffre/Nombre :

Dix petits nègres Agatha Christie ou L’heure zéro

La femme de trente ans Balzac (PN)

Sentiment :

Une touche d’amour Jonathan Coe (PN)

Gros Mot (bonus facultatif) :

Mensonges sur le divan Yalom (PN)

Si vous voulez jouer avec nous rendez vous chez Enna !

Best Of de l’été 2012 : "Les Vacances d’Hercule Poirot" d’Agatha Christie


Un été sans Agatha Christie est un été sans soleil. Ce roman au titre évocateur est donc parfait et vous montra qu’un Poirot n’aime pas l’eau.

Hercule Poirot est en vacances sur l’île de la baie de Leathercombe. La bonne société anglaise s’y retrouve en août pour profiter des bains de mer. Arlena Marshall, femme altière et dont la réputation de croqueuse d’hommes va bon train, attire toute l’attention des pensionnaires de l’hôtel. D’autant plus quand on soupçonne une liaison avec le beau Patrick Redfern, qui délaisse sa douce femme, Christine, pour rechercher la présence d’Arlena. La tension monte, dans la petite communauté, on s’interroge sur la position de Mr Marshall, est-il au courant de l’éventuelle liaison ? Un beau matin, Arlena est retrouvée étranglée sur une plage déserte. Les soupçons se dirigent vers le mari : serait-ce un crime passionnel ? Hercule Poirot interrompt ses vacances et se met au travail.

Aussitôt acheté aussitôt lu, tel a été le sort de ce roman d’Agatha Christie. Mais cette lecture a eu lieu après avoir vu l’adaptation de la BBC. Je connaissais donc le meurtrier et comment il avait procédé. Ma lecture a donc été dictée par une volonté de percer les méthodes d’Agatha Christie. Je me suis demandé : “Agatha Christie permet-elle réellement aux lecteurs de deviner le meurtrier et son mode opératoire?”. Et bien, après lecture, je peux vous répondre que si le meurtrier peut être découvert, le mode opératoire est bien difficile à débrouiller, tant Agatha Christie se plaît à créer de fausses pistes et à enfouir certains détails importants dans le flots des informations. Ainsi le don de Poirot à percer le mystère est d’autant plus extraordinaire, et n’est pas Hercule qui veut !

Ce fut une lecture fort agréable pour plusieurs raisons. Tout d’abord par la peinture des différents personnages so british. Chaque personnage secondaire a droit à un traitement particulier qui lui donne une densité et le rend particulièrement vivant. Mais aussi, l’art d’Agatha Christie qui consiste à rendre suspect tous les personnages, ou presque, entraîne des interrogations, et rend le lecteur actif. Enfin l’intrigue est particulièrement bien ficelée et la mise en place du crime tout à fait machiavélique. J’ajouterai que l’ambiance anglaise est un délice, et que, l’espace de cette lecture, je me voyais sur une belle terrasse d’hôtel face à la mer, buvant le thé dans une tasse en porcelaine.

L’adaptation de la BBC est assez fidèle au roman, à quelques détails près. En effet, on ne sait pas vraiment pourquoi le personnage de Linda, fille de Mr Marshall est transformé en fils dans la série. De plus, l’explication dans le roman est beaucoup plus précise que dans le film. En cherchant des images du téléfilm, j’ai également découvert qu’une autre adaptation existait de ce roman sous le titre Meurtre au soleil avec Jane Birkin et Peter Usinov, datant de 1982. Le titre français de cette adaptation est d’ailleurs plus proche du titre original : Evil under the sun, titre qui trouve un écho dans le roman grâce à une réplique de Poirot : Mais vous oubliez, Miss Brewster, que le mal est partout sous le soleil…” (p.19).

Roman proposé dans le cadre du Best Of de l’été 2012

"Témoin muet" d’Agatha Christie


Au commencement il y a un chien, Bob, et une balle. Ensuite une vieille demoiselle, Miss Arundell, son neveu Charles, ses nièces Thérésa et Bella, leur ami et mari, le docteur Donaldson, le docteur Tanios, et un bel héritage. Mettez tout cela dans une belle demeure anglaise, mélangez. Ajoutez au mélange une lettre envoyée avec un mois de retard,  une dame de compagnie pas très fute-fute, et vous obtenez la mort de la vieille demoiselle, et l’arrivée de Hercule Poirot.

Quand j’ai envie de me faire plaisir avec un roman que je lirai en deux jours, je sais que je peux compter sur Agatha Christie. Elle a le chic pour me faire me réveiller à l’aube, m’attirer vers mon canapé à n’importe quel moment de la journée, pour lire, en savoir plus, comprendre le pourquoi et surtout le comment du crime commis. Le témoin muet ici n’est autre que le chien Bob, chien doué d’intelligence, qui semble parler à ce cher Hastings, et qui prouve à Poirot qu’un accident n’était en fait, qu’une tentative ratée de meurtre.

Dans ce roman rien de bien nouveau quand on connaît Agatha Christie : un meurtre énigmatique, un huis-clos, un Poirot qui cogite et recherche les faits, un Hastings, double du lecteur, qui observe les moindres faits et gestes de Poirot mais qui ne comprend pas grand chose, des interrogatoires déguisés, et la révélation du mystère devant tous les suspects réunis. Et pourtant, on se laisse prendre, car tout est ficelé avec intelligence, et qu’on se dit : "Cette fois, je vais devancer Poirot", et puis finalement non.

L’ambiance anglaise apporte bien sûr son charme, le thé, l’humour british, Poirot est sa petite suffisance quelque peu épinglée par une Agatha Christie ironique, sont autant d’éléments que j’aime retrouver, voire que j’attends toujours à la lecture de ses romans. Le roman est divisé en courts chapitres qui suivent les différentes visites de Poirot aux différents protagonistes de l’histoire. Le problème est qu’il faut d’abord prouver qu’il y a bien eu meurtre, quand tout laisse penser que la pauvre Miss Arundell n’a succombé qu’à sa maladie foie. Hastings est, comme souvent, le sceptique, celui qu’il faut convaincre. Comme je le disais plus haut, il est, pour moi, le double du lecteur, il connaît Poirot, ses techniques, tente de découvrir, en même temps que le grand détective, le meurtrier, mais échoue :

- Je demeure encore dans l’incertitude. Qui, au juste, suspectons-nous?

- Je ne saurais dire qui vous suspectez, Hastings  ! Tous, à tour de rôle, j’imagine.

- J’ai parfois l’impression que vous prenez plaisir à me laisser dans l’ignorance! (p.234)

Une belle réussite donc que ce roman-ci.

Roman lu dans le cadre du Challenge Agatha Christie, du Challenge God save the livre, sans oublier le Challenge PAL Express.

PAL Express : -3

"L’Affaire Prothéroe" Agatha Christie


Le colonel Prothéroe est retrouvé mort d’une balle dans la tête dans le bureau du pasteur Len Clément au presbytère. Tout le monde dans le petit village avait une raison d’assassiner cet homme désagréable, mais tout le monde semble avoir un alibi. Len Clément, narrateur du récit, mène l’enquête aux côtés de l’inspecteur Flem, mais la curiosité et la sagacité de Miss Marple va permettre d’élucider le mystère de cette mort.

C’est le deuxième de roman d’Agatha Christie mettant en scène Miss Marple que je lis (après Un Cadavre dans la bibliothèque). Dans ce petit village anglais tout le monde épie tout le monde, et les vieilles dames du village de St. Mary Mead sont de sacrées concierges. L’ironie d’Agatha Christie est bien présente, et la romancière n’est guère tendre avec son héroïne. Paradoxalement, le personnage principal n’est pas tant Miss Marple que Len Clément. Miss Marple apparaît finalement assez peu au cours du roman, si ce n’est à la fin quand le mystère se révèle. Observatrice avertie, Miss Marple semble être toujours derrière sa fenêtre prête à relever les moindres détails, et à en tirer des conséquences. Les inspecteurs pataugent, tirant des conclusions hâtives sans s’intéresser aux petits faits anodins et pourtant importants.

Len Clément, dans sa qualité de pasteur, de confesseurs des âmes en détresse, est le personnage idéal pour pénétrer chez chaque suspect. Il connaît bien ses ouailles, et cela permet de faire progresser l’enquête, mais la révélation du mystère ne viendra que grâce à Miss Marple. J’ai une certaine tendresse pour cette vieille dame, pour son jardin, ses après-midi autour d’un thé, son esprit de déduction.

Agatha Christie nous embarque sur plusieurs fausses pistes et nous nous y engouffrons allégrement sans rien voir venir. La révélation sera un véritable coup de théâtre très surprenant, mais aussi d’une limpidité évidente une fois le mystère éclairci. J’ai aimé ce clin d’œil intertextuel :

- Eh bien, mon petit doigt m’a dit qu’il avait vu une certaine dame dont nous tairons le nom.

- Ah, ah ! votre petit doigt? fis-je.

Bien que le roman Mon petit doigt m’a dit ne sera publié qu’en 1968, alors que L’Affaire Prothéroe paraît dans les années 30, on ne peut que voir ici un premier indice au futur roman.

Un roman passionnant, et enthousiasmant qui m’a bien amusé en ce Mois Anglais.

retrouvez les participations au Mois Anglais chez Lou, Cryssilda et Titine !

Roman lu dans le cadre du Mois Anglais, du Challenge Agatha Christie et du Challenge God save the Livre.

Merci aux Editions du Masque pour cet exemplaire en fac similé du roman d’Agatha Christie, une édition collector.

"Les Vacances d’Hercule Poirot" Agatha Christie


Hercule Poirot est en vacances sur l’île de la baie de Leathercombe. La bonne société anglaise s’y retrouve en août pour profiter des bains de mer. Arlena Marshall, femme altière et dont la réputation de croqueuse d’hommes va bon train, attire toute l’attention des pensionnaires de l’hôtel. D’autant plus quand on soupçonne une liaison avec le beau Patrick Redfern, qui délaisse sa douce femme, Christine, pour rechercher la présence d’Arlena. La tension monte, dans la petite communauté, on s’interroge sur la position de Mr Marshall, est-il au courant de l’éventuelle liaison ? Un beau matin, Arlena est retrouvée étranglée sur une plage déserte. Les soupçons se dirigent vers le mari : serait-ce un crime passionnel ? Hercule Poirot interrompt ses vacances et se met au travail.

Aussitôt acheté aussitôt lu, tel a été le sort de ce roman d’Agatha Christie. Mais cette lecture a eu lieu après avoir vu l’adaptation de la BBC. Je connaissais donc le meurtrier et comment il avait procédé. Ma lecture a donc été dictée par une volonté de percer les méthodes d’Agatha Christie. Je me suis demandé : "Agatha Christie permet-elle réellement aux lecteurs de deviner le meurtrier et son mode opératoire?". Et bien, après lecture, je peux vous répondre que si le meurtrier peut être découvert, le mode opératoire est bien difficile à débrouiller, tant Agatha Christie se plaît à créer de fausses pistes et à enfouir certains détails importants dans le flots des informations. Ainsi le don de Poirot à percer le mystère est d’autant plus extraordinaire, et n’est pas Hercule qui veut !

Ce fut une lecture fort agréable pour plusieurs raisons. Tout d’abord par la peinture des différents personnages so british. Chaque personnage secondaire a droit à un traitement particulier qui lui donne une densité et le rend particulièrement vivant. Mais aussi, l’art d’Agatha Christie qui consiste à rendre suspect tous les personnages, ou presque, entraîne des interrogations, et rend le lecteur actif. Enfin l’intrigue est particulièrement bien ficelée et la mise en place du crime tout à fait machiavélique. J’ajouterai que l’ambiance anglaise est un délice, et que, l’espace de cette lecture, je me voyais sur une belle terrasse d’hôtel face à la mer, buvant le thé dans une tasse en porcelaine.

L’adaptation de la BBC est assez fidèle au roman, à quelques détails près. En effet, on ne sait pas vraiment pourquoi le personnage de Linda, fille de Mr Marshall est transformé en fils dans la série. De plus, l’explication dans le roman est beaucoup plus précise que dans le film. En cherchant des images du téléfilm, j’ai également découvert qu’une autre adaptation existait de ce roman sous le titre Meurtre au soleil avec Jane Birkin et Peter Usinov, datant de 1982. Le titre français de cette adaptation est d’ailleurs plus proche du titre original : Evil under the sun, titre qui trouve un écho dans le roman grâce à une réplique de Poirot : Mais vous oubliez, Miss Brewster, que le mal est partout sous le soleil…" (p.19).

Inutile de vous dire que j’ai bien envie de voir cette adaptation à présent.

Bref encore un bon Agatha Christie qui fera travailler vos méninges.

Lu dans le cadre du Challenge Agatha Christie et du Challenge La Littérature fait son cinéma. Mais cette lecture s’inscrit aussi dans le Défi de Mia et le S.T.A.R de Liyah.


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