Pierre Salomon et Jean Chalon : biographes de George Sand


salomon bio sandJ’ai passé mon après-midi d’hier à lire la fin des biographies de George Sand, l’une de Pierre Salomon, George Sand, l’autre de Jean Chalon, Chère George Sand. Je me suis concentrée sur les dix dernières années de la vie de George Sand, période de sa vie que je connaissais le moins comme si je m’étais, jusqu’à présent, refusé de voir, de lire ce qui concerne la fin de vie de George Sand. Je me souviens d’ailleurs de n’avoir jamais terminé la bio écrite par Maurois un peu pour cette raison.

Lire en simultanée deux biographies sur le même auteur et sur la même période est une expérience un peu particulière dont je voulais vous parler. Si les deux biographes reprennent en gros les principaux moments clefs de la vie de Sand entre 1865 et 1876, le traitement est un peu différent.

Sans doute faut-il tenir compte des dates de publications de ces biographies. Celle de Pierre Salomon date de 1953, celle de Chalon de 1991. La biographie générale que je préfère à propos de George Sand reste celle de Joseph Barry, George Sand ou le scandale de la liberté parue en 1982, très complète et enrichie de nombreux extraits de ses œuvres et de sa correspondance, elle correspond exactement à ce que j’attends d’une biographie.

Pierre Salomon était un homme érudit, professeur agrégé puis proviseur du Lycée Buffon à Paris. Sa biographie s’intéresse à l’œuvre de Sand et non principalement à ses amants. Jean Chalon est journaliste et écrivain. Quand on consulte sa biographie, on constate qu’il s’est spécialisé dans les biographies de femmes célèbres. Si le premier publie dans une collection qui se définit comme littéraire, le second, chez Flammarion, touche une cible de lecteurs plus élargie. Une professeur d’université spécialiste de Sand m’avait d’ailleurs confié que Jean Chalon n’avait fait que des copiés-collés d’autres bio et que son Chère George Sand n’apportait pas grand chose de neuf pour les spécialistes.

chalon bio sandJe ne me considère pas comme une spécialiste de la vie de George Sand, j’ai encore beaucoup à apprendre. Je crois connaître relativement bien son œuvre mais plusieurs aspects biographiques me restent mal connus, si bien que la lecture des biographies m’apporte toujours beaucoup et j’aime notamment apprendre de petites anecdotes qui me la rendent plus proche. Les biographies m’aident surtout à mieux saisir ses convictions, ses réactions face à certains évènements historiques (comme la Commune par exemple) et sans doute à mieux lire ensuite sa correspondance.

Mais ce qui m’a étonnée avant tout est la façon dont est abordée l’œuvre de George Sand. Jean Chalon reste assez silencieux, se contentant la plupart du temps de citer les œuvres sans en montrer l’intérêt, notamment concernant les derniers romans et se concentrant surtout sur les évènements de sa vie de femme oubliant un peu l’écrivain.

Mais c’est Pierre Salomon qui m’a le plus surprise. Est-ce dû à l’époque de la publication de cette biographie et au fait que les études sur l’œuvre de Sand étaient encore peu développées, mais j’ai noté dans les dernières pages de la biographie écrite par Salomon, des jugements assez durs sur son œuvre. George Sand écrirait presque mécaniquement, sans conviction, en reprenant toujours les mêmes ficelles et essentiellement emportée par son imagination : l’absence d’efforts entraîne l’automatisme (p.164) ; la technique n’est jamais au point (p.165). Son talent résiderait dans son observation de la nature et dans sa capacité à la restituer dans son œuvre. Certaines phrases m’ont fait quelque peu bondir comme : Elle arrange ses souvenirs, elle idéalise son rôle avec une naïveté désarmante (p.161). Ah les femmes peuvent être tellement désarmantes ! Les dernières pages de la biographie de Pierre Salomon ne sont guère à l’avantage de Sand : sa pensée devient timorée (p.160) ; elle mendia trop souvent les faveurs impériales (p.160) ; la matière de cette œuvre si vaste, c’est avant tout la personnalité de son auteur (p.161). Je ne sais si c’est moi, mais il me semble lire là une certaine condescendance qui gomme toute la matière romanesque de Sand et notamment l’intérêt littéraire de son œuvre qui se réduit à n’être qu’un épanchement sentimental inspiré de sa propre vie. Même dans les compliments Salomon semble ne pas pouvoir s’empêcher de glisser quelques nuances : Le Péché de monsieur Antoine, Le Meunier d’Angibault, ne sont pas aussi « intolérables » (p.162), donc ils le sont un peu quand même.

J’ai été très étonnée de ce jugement critique et peu flatteur de l’œuvre de Sand de la part d’un biographe. Non que les biographies doivent être des hagiographies, et il est normal de soulever dans la vie des grands hommes ou des grandes femmes leurs faiblesses, leurs revirements, cependant les jugements émis sur son œuvre me semblent très réducteurs. George Sand était la première à juger son œuvre avec légèreté, même si parfois ce jugement était surtout le résultat d’une humilité certaine et du fait qu’elle ne se prenait pas au sérieux, mais les études multiples sur son œuvre ces dernières années ont bien montré depuis lors que les romans de Sand ne sont pas que des romans de bonnes femmes et que les derniers romans, ceux écrits après 1860 (et que souvent on connaît moins bien car ils sont peu réédités) révèlent autre chose d’un simple romanesque réchauffé.

Ces biographies sont donc teintées, et le titre de celle de Chalon le souligne parfaitement, des préjugés qui ont toujours eu cours sur Sand. Même si on lui reconnait une œuvre engagée, cette imagination toute féminine, cette folle du logis, témoigne bien des jugements toujours un peu dépréciatifs que les hommes portent sur les œuvres des romancières. D’ailleurs pour Salomon, Sand est plus une conteuse qu’une romancière ce qui finit de m’achever !

Une lecture donc qui, si elle m’a permis de mieux connaître les évènements qui ponctuèrent les dix dernières années de la vie de Sand, me laisse un goût amer sur le jugement émis sur son œuvre.

Biographies lues dans le cadre du Challenge George Sand, et du Challenge Romantique.

challenge-george-sandchallenge romantique

« De Flaubert à Zola : 15 extraits pour découvrir la littérature du XIXè siècle » de Michel Laporte


Les éditions Flammarion Jeunesse proposent des ouvrages qui permettent de rendre accessible la littérature sur un mode moins scolaire et donc plus attractif. Je vous avais parlé, il y a quelque temps d’un très bon ouvrage sur le théâtre du XVIIè : Les Lumières du théâtre de Anne-Marie Desplat-Duc, ouvrage que je vous conseille à nouveau. Le 17 octobre est paru cette anthologie de la littérature du XIXè proposée par Michel Laporte.

Bien que se proposant de dresser un panorama de la littérature de la seconde moitié du XIXè, Michel Laporte aborde cependant la littérature d’un point de vue plus sociologique que littéraire : C’est en effet la vie des Françaises et des Français qu’on y découvre au cours de ce demi-siècle (p.7). Le découpage des chapitres le montre bien : Enfances ; La Vie de Famille ; Vivre au jour le jour etc. C’est un choix comme un autre, ce n’aurait pas été le mien, mais je m’en expliquerai plus loin.

Chaque chapitre est donc composé comme suit : un développement sur le contexte historique et sociologique – un extrait d’une œuvre souvent assez complet – un développement sur le livre – un développement sur l’auteur. Les extraits sont donc bien encadrés et ces encadrements explicatifs donnent quelques informations plus ou moins intéressantes. Pour chaque chapitre plusieurs extraits sont proposés.

Michel Laporte cherche donc à couvrir une période littéraire allant de Flaubert (autour de 1850) à Zola (fin XIXé, il évoque le fameux « J’accuse » datant de 1898), cinquante ans donc de littérature française, époque particulièrement riche voire âge d’or de la littérature. Voici les auteurs cités : Marguerite Audoux – Jules Vallès – Charles Fourier – Gustave Flaubert (3 fois) – la Baronne Staffe – Zola (4 fois) – Joris-Karl Huysmans – Victor Hugo – la Comtesse de Ségur – Jules Verne (2 fois)… et voilà !

Autant vous dire que cette liste me laisse songeuse ! Quid de Maupassant, de George Sand (évoquée certes, mais aucune oeuvre citée), de Dumas, de Rimbaud, de Verlaine, de Théophile Gautier, de Villier de l’Isle-Adam, de Baudelaire, des frères Goncourt, etc. etc.?

Pourquoi citer plusieurs extraits de l’œuvre d’un même auteur quand tant d’autres restent sur le carreau ? Pourquoi la baronne de Staffe qui n’a écrit que des manuels de savoir vivre à l’usage des femmes ? Pourquoi Fourier, certes important d’un point de vue sociologique mais secondaire d’un point de vue littéraire ?

L’orientation sociologique de cette anthologie est, comme je le disais au début, un choix et comme tout choix il peut être contestable. Le problème ici est que le sous-titre de l’ouvrage est explicite : 15 extraits pour découvrir la littérature du XIXè siècle. Or il est à peine question des mouvements littéraires : réalisme, naturalisme, décadentisme, fantastique… Michel Laporte n’en dit quasi rien ou mets ces termes entre guillemets pour une raison obscure (p.201). Ceci me paraît bien dommage et rejoint une exaspération qui m’envahit régulièrement quand je fais passer des oraux de littérature aux élèves de Première. Ces chers élèves sont quasi incapables de classer les auteurs dans ces mouvements littéraires voire dans le siècle. Or, si je trouve souvent inutile les informations biographiques pour expliquer une œuvre, il me semble que l’ancrage d’une œuvre dans son mouvement littéraire ou dans ses influences littéraires est primordial pour en mieux comprendre le sens. L’ancrage dans l’histoire des idées est essentiel. Si nous prenons notre deuxième moitié du XXè siècle il nous paraîtrait aberrant de parler de Sartre sans évoquer l’existentialisme (et comment comprendre son œuvre sans cela) et de le rapprocher, sous le prétexte d’un thème commun avec un Mondiano, par exemple. Tout cela, pour moi, entraine une confusion dans les esprits. Les écrivains ne sont pas des sociologues ou des historiens, ils sont avant tout des artistes qui réfléchissent sur la littérature, sur une façon de faire correspondre l’expression de leurs idées et de leurs sentiments à leur siècle. Les thèmes en littérature sont immuables, la plupart des auteurs ont parlé de l’enfance, de la guerre, de la vie tous les jours, du mariage, mais ce n’est pas cela le plus important, le plus important est de savoir COMMENT ils en ont parlé. Rendre accessible, vulgariser au sens noble du terme a souvent trop tendance à pousser vers une facilité de traitement que je trouve déplorable.

Oui, je pousse un coup de gueule, et même je vais enfoncer le clou. Car je n’ai encore rien dit des fameux développements. J’ai été éberluée par le style ou plutôt l’absence de style employé. Il y a dans ces développements une volonté de faire d’jeune que je trouve à la limite du ridicule. Exemple : Vallès a pas mal « galéré » (p.44) ou encore le fils de Jules Verne a beaucoup trafiqu[é] les textes de son père (p.256) sans que l’on nous explique en quoi ont consisté ces modifications. Mais si ce n’était que cela. En voulant rendre simple le style employé dans ces développements explicatifs, Michel Laporte tombe dans une absence de syntaxe : deux phrases successives commençant par Il s’agit ou C’est, répétition des mêmes termes dans deux phrases successives : il travaille un temps chez un éditeur. Cela lui permet de se faire des relations dans le milieu littéraire du temps et de se lancer dans la littérature, ce dont il rêve depuis longtemps déjà. (p.117), sans parler de l’emploi de certains termes étranges : Joris-Karl Huysmans (ses vrais prénoms étaient en fait…) (p.200), il faut donc croire qu’il existe de faux prénoms ????

Certes, ces initiatives auprès des jeunes lecteurs sont toujours louables, mais il est regrettable de ne pas respecter davantage ces jeunes lecteurs. Les développements explicatifs semblent d’autant plus mal écrits qu’ils côtoient de grands textes de la littérature. La présence de Huysmans souvent négligé par les professeurs de collège ou de lycée est remarquable, mais cette présence aurait été encore plus valorisée si les auteurs cités dans cette anthologie avaient été plus nombreux et variés.

La lecture de cette anthologie a donc provoqué chez moi une exaspération, un énervement dont il me fallait rendre compte ici.

Livre lu dans le cadre du Challenge 1% Rentrée Littéraire.

Merci aux Éditions Flammarion Jeunesse.

Du plaisir de lire à la difficulté d’écrire


Avant, un avant flou que je ne peux dater sans grande précision, je pensais que le fait qu’un roman soit édité relevait d’une certaine qualité, que je pouvais ou non apprécier, mais qui, du moins, l’était pour un certain nombre de personnes. J’aimais ou je n’aimais pas tel roman, tel auteur, indépendamment de sa valeur propre. Instinctivement portée vers la littérature du XIXème, les livres que je le lisais étaient reconnus comme bons, des classiques, et effectivement, si certains me semblaient un tantinet longuets, voire ennuyeux, je reconnaissais cependant une densité stylistique, une intrigue bien menée, des personnages à la psychologie révélée etc.

Les choses ont commencé à bouger quand j’ai commencé à lire des romans contemporains. Plus j’en lisais plus naissait en moi une nouvelle capacité que je ne soupçonnais guère et qui, au fil du temps et de mes lectures, s’est affermi comme un ventre se muscle à force d’abdos. Petit à petit, donc, est née en moi comme une seconde vision, un regard distancié sur ce que je lisais. Bref, je me suis rendue compte du travail de l’écrivain, des difficultés à créer une intrigue qui se tienne sans invraisemblance, à trouver un style propre à l’histoire racontée. Bien sûr, je me doutais depuis longtemps qu’écrire ne va pas de soi, mais quand on ne lit que des livres aboutis, la prise de conscience n’est pas si évidente.

C’est en étant confrontée, hier, à la lecture d’une nouvelle policière, que je me suis dit que, décidément, écrire n’est pas simple. Quand un récit est truffé d’invraisemblances, quand un texte est mal édité (des guillemets pour un discours indirect libre, lequel, dans la même phrase mélange la première et la troisième personne par exemple), c’est tout une conception de la littérature qui s’effondre, et une remise en question de mon appréciation des livres édités. Comment ne peut-on se rendre compte que ça ne fonctionne pas ? Comment se fait-il que personne n’ait dit à l’auteur que là, il y avait comme un petit problème de cohérence ?

La lecture et son plaisir sont incontestablement liés à l’illusion. L’écriture, le travail de l’écrivain doit s’effacer, ne doit pas se percevoir pour que l’illusion soit telle que le lecteur en oublie que ce qu’il lit est une simple histoire inventée de toute pièce. Aussi si le travail laborieux de l’écriture nous apparaît, l’illusion s’écroule et au lieu de nous croire devant la réalité nous nous retrouvons dans une grotte, devant un simple écran, la machinerie nous apparaît et la magie s’envole.

Ce n’est pas tant le style dont il est question ici, que la simple (et pourtant si complexe) capacité à raconter une histoire qui se tienne. Une écriture peut être imparfaite, cela pourra passer si l’histoire lue nous intéresse, mais si l’histoire en elle-même, plus que cousue de fils blancs, se révèle pleine d’incohérences, là, il est impossible, même de sauver les meubles.

Pourtant mon énervement n’est pas vraiment dirigé vers l’auteur, mais plus vers l’éditeur qui n’a pas su révéler les imperfections. L’auteur, lui, est dans son texte, la tête dans le guidon, et n’a pas toujours la capacité de prendre le recul nécessaire pour juger de son texte. C’est là le rôle de l’éditeur, me semble-t-il. Et, à l’heure où l’édition numérique propose à tout un chacun d’être édité, voire de s’auto-éditer, je prends peur.

On pourra me reprocher, comme toujours, un certain pédantisme, mais tant pis, car il y va de mon plaisir de lire avant tout, et de la préservation de ce plaisir, qui, pour moi, et pour vous aussi sans doute, est précieux. Je veux, tout simplement, continuer à croire à l’illusion.

Des DVD pour mieux comprendre les romans d’aujourd’hui…


Le Centre National de documentation pédagogique et le Centre Régional de documentation pédagogique lancent une collection de DVD destinée aux enseignants de littérature française pour les classes de collège et de lycée. Deux premiers DVD sont sortis sur le roman de Anna Moï Riz Noir et sur celui de Philippe Claudel Le Rapport de Brodeck. Afin de rendre accessible la littérature contemporaine, ou « Romans d’aujourd’hui« , ces DVD sont un outil précieux de préparation de cours. Composés d’interview des auteurs, de séquences d’analyse, ces DVD offrent aussi la possibilité d’étendre les liens vers l’histoire des arts mais aussi d’éduquer le regard des élèves sur les médias.

En plus d’une analyse des romans, le DVD et le guide d’accompagnement pédagogique permettent également des lectures d’extraits des romans. Deux nouveaux titres sont prévus en juin : Les jours, les mois, les années de Yan Lianke et….. Eldorado de Laurent Gaudé :

Outre l’outil pédagogique que ces DVD proposent, je trouve intéressant l’idée de favoriser la lecture de la littérature contemporaine au lycée ou au collège. Pour faire passer des oraux de bac blanc de français, je me rends compte que les professeurs de français mettent très rarement ce type de romans dans les listes. A croire que la littérature s’est arrêtée à Sartre. En deux ans d’expérience, j’ai eu une seule fois la surprise de trouver un roman « d’aujourd’hui » : Grâce et dénouement d’Alice Fernet, et j’ai été la seule, parmi tous les membres du jury convoqués, à interroger les élèves sur ce roman. En 1988 déjà, quand j’étais en classe de première, nous avions participé au premier Goncourt des Lycéens, et notre professeur avait intégré dans notre liste pour le bac, les incipit des romans faisant parti de la sélection du Goncourt des lycéens de l’époque. Aucun d’entre nous n’est tombé sur ces textes.

Je trouve dommage en effet de ne pas plus ouvrir les portes à la littérature contemporaine dans les lycées. Montrer que la littérature n’est pas juste celle enfermée dans les manuels scolaires me paraît vital. Au contraire il faut montrer que la littérature est vivante, et quand une élève me dit qu’aujourd’hui il n’y a plus de romans réalistes, je me dis que sa connaissance de la littérature s’est arrêtée à la fin du XIXème. Une collègue qui faisait passer des oraux dans la même salle que moi, ne connaissait pas Maxime Chattam, et donc ne pouvait juger l’exemple que lui donnait l’élève qu’elle interrogeait. Bien sûr nous ne pouvons pas tout connaître, mais nous sommes, en tant que professeur de littérature, censés avoir une culture étendue sur la littérature, et ne pas nous cantonner à celle des siècles précédents. Sur les titres proposés par le CNDP et le CRDP, je ne connais pas les romans d’Anna Moïs et de Yan Lianke, et c’est aussi ce que je trouve intéressant dans cette initiative : présenter des oeuvres peu connues aux côtés d’auteurs plus en vue, comme le sont Claudel et Gaudé. Cette initiative est donc, je trouve, très stimulante, et j’espère qu’elle portera ses fruits.

Merci à Ludivine C. de m’avoir permis de découvrir ces DVD.

Guy de Maupassant « Préface de Pierre et Jean »


[…] la plupart des critiques ne sont, en somme, que des lecteurs, d’où il résulte qu’ils nous (les écrivains) gourmandent presque toujours à faux ou qu’ils nous complimentent sans réserve et sans mesure.

Le lecteur, qui cherche uniquement dans un livre à satisfaire la tendance naturelle de son esprit, demande à l’écrivain de répondre à son goût prédominant, et il qualifie invariablement de remarquable ou de bien écrit, l’ouvrage ou le passage qui plaît à son imagination idéaliste, gaie, grivoise, triste, rêveuse ou positive.

En somme, le public est composé de groupes nombreux qui nous crient :

- Consolez-moi.

-Amusez-moi.

- Attristez-moi.

- Attendrissez-moi.

- Faites-moi rêver.

- Faites-moi rire.

- Faites-moi frémir.

- Faites-moi pleurer.

- Faites-moi penser.

Seuls, quelques esprits d’élite demandent à l’artiste :

- Faites-moi quelque chose de beau, dans la forme qui vous conviendra le mieux, suivant votre tempérament.

L’artiste essaie, réussit ou échoue.

Le critique ne doit apprécier le résultat que suivant la nature de l’effort ; et il n’a pas le droit de se préoccuper des tendances.

Cela a été écrit déjà mille fois. Il faudra toujours le répéter.



Ces auteurs qui me hérissent le poil…


Je le sais d’avance, cet billet va augmenter le nombre de mes ennemis, mais tant pis j’assume ! Ce matin une personne sur le page FB de mon blog s’est retirée de mes « amis » suite à une remarque (que je jugeais anodine) sur les romans de Marc Lévy. Cette attitude pour le moins (peu) surprenante (oui je ne m’étonne plus de grand chose ces derniers temps!), a suscité en moi une envie de mettre les choses au point concernant ces auteurs que j’avoue ne pas supporter, et cela pour différentes raison, qu’elles soient objectives ou (pire) totalement subjectives. Autant vous prévenir tout de suite ce billet sera d’une excessive mauvaise foi.

Voici mon palmarès (profitez-en c’est sans doute l’une des rares fois où vous verrez leur tête sur mon blog!)

Voyez la belle brochette. Dans l’ordre d’entrée en scène pour ceux qui vivraient dans la forêt amazonienne sans télé et sans presse : Marc Lévy, Guillaume Musso, Amélie Nothomb, Jean Teulé et (cerise sur le gâteau!) Eliette Abécassis.

Quel problème puis-je bien avoir avec ces auteurs ??? ils sont beaux, ils sont beaucoup beaucoup lus (parfois même dans le monde entier), ils sont célèbres, ils sont médiatiques, photogéniques etc etc. Bref ils ont tout pour plaire. Ces auteurs font la joie des éditeurs et des libraires, ce sont des auteurs qui, comme disent les libraires « se vendent tout seul », inutile de préparer un argumentaire sur leurs romans, on les empile en tête de gondole et les lecteurs n’ont plus qu’à se servir et à passer à la caisse… une vraie manne ! Il faut dire que les médias traditionnels ont fait tout le boulot : émissions télé de tout genre (littéraire, de divertissement…), presse (interview, articles, pub insérées…), radio, mais aussi affiches diverses et variées vous annoncent la parution de leur nouvel opus ! Impossible de l’ignorer même quand vous vivez à l’étranger ! On pourrait se dire que c’est merveilleux, que le livre se porte encore bien, qu’il est encore générateur de ventes, que la culture française se porte décidément très bien !!! certes… mais en fait, non !

Marc Lévy et Guillaume Musso sont venus à l’écriture sur le tard : Lévy en 2000, Musso en 2001. Avant d’épouser la carrière d’auteur, le premier a fait des études de gestion et d’informatique, le second des études d’économie. Leur carrière dite littéraire débute par un roman qui remporte un grand succès. jusque là pas grand chose à dire (quoique…). J’avoue n’avoir pas lu en entier un roman de Lévy ou de Musso, mais j’ai pu entendre la lecture d’un roman du premier, et parcourir quelques pages d’un du second. Bien sûr ce n’est pas la même chose que de lire un livre en entier, mais quand je lis une page prise au hasard d’un Balzac ou d’une Oates, il se trouve que je parviens à apprécier le style, donc cela doit pouvoir être le cas pour ces messieurs. Le problème que j’ai avec Lévy et Musso relève précisément de ce manque de style que leur écriture révèle. Prenons l’exemple de l’incipit de ce roman de Lévy, Vous revoir et appliquons-nous à une lecture (à peu près) stylistique :

« Arthur régla sa note au comptoir de l’hôtel. Il avait encore le temps de faire quelques pas dans le quartier. Le bagagiste lui remit un ticket de consigne qu’il enfouit dans la poche de sa veste. Il traversa la cour et remonta la rue des Beaux-Arts. Les pavés lavés à grands jets d’eau séchaient sous les premiers rayons de soleil. Dans la rue Bonaparte, quelques devantures s’animaient déjà. Arthur hésita devant la vitrine d’une pâtisserie et poursuivit son chemin. Un peu plus haut le clocher blanc de l‘église de Saint-Germain-des-Prés se découpait dans les couleurs de cette journée naissante. Il marcha jusqu’à la place de Fürstenberg, encore déserte. Un rideau de fer se levait. Arthur salua la jeune fleuriste vêtue d’une blouse blanche qui lui donnait une ravissante allure de chimiste. Les bouquets anarchiques qu’elle composait souvent avec lui fleurissaient les trois pièces du petit appartement qu’Arthur occupait il y a deux jours encore.« 

Que remarque-t-on ? Comme tout incipit qui se respecte le qui? Quoi? Où? Quand? sont bien respectés, voire même exagérés notamment pour le Où puisque l’accumulation des noms de rue et  de lieu dans quatre phrases successives ressemble bien à une faute de style… donc, vous l’aurez compris, le roman se situe à Paris et dans un quartier très connu et chargé de connotations culturelles : oui la rue Bonaparte, Saint-Germain des Près incarnent le Paris de Sartre et des années 50, derrière la place de Fürstenberg on devienne l’ombre de Delacroix qui y avait sa maison… on sent du lourd culturel ! Mais chez Lévy, il s’agit avant tout d’évoquer (décrire serait impropre) un quartier archi connu car très prisé des touristes, un quartier inscrit dans tous les guides touristiques. Bref un quartier qui ne risque pas de désorienter le lecteur. Si l’on observe les actions effectuées par le personnage, on remarque (en gras dans le texte) une accumulation de verbes d’action, et voilà bien le propre du style de Lévy : le récit des menues actions du personnage, tout est dit dans le détail, mais cela n’apporte rien. Quel est l’intérêt au fait qu’il mette le ticket de consigne dans sa poche ? ;  l’hésitation devant la pâtisserie témoigne, sans nulle doute, d’une certaine gourmandise du personnage… mais bien sûr !!! Enfin la dernière phrase est à elle seule une perle : quelques termes sont très parlants : « chimiste » par exemple, terme suscité par la « blouse blanche » mais pourquoi pas « médecin » ou « infirmière », pourquoi « chimiste » ? quel rapport entre une fleuriste et une chimiste ? on ne sait pas ! on se dit que cette énigme va être éclaircie dans la phrase suivante par une autre métaphore qui filerait la première, mais on tombe alors sur « anarchique » ??? donc cette fleuriste est une chimiste qui fait des bouquets anarchiques??? quel rapport ? Autre étrangeté qui stoppe ma lecture : « Les bouquets anarchiques qu’elle composait souvent avec lui« que vient faire ce « avec lui »??? certes on devine bien le lien entre cette fleuriste chimiste à tendance  anarchiste et le personnage gourmand, mais avouez que la manière d’annoncer ce lien est bien maladroit. C’est ce que l’on appelle un cheveu sur la soupe, d’autant que la phrase ne comporte aucune virgule ce qui lui donne une allure étrange qui gêne la compréhension. N’aurait-il pas fallu écrire : Les bouquets anarchiques, qu’elle composait souvent avec lui, fleurissaient les trois pièces du petit appartement qu’Arthur occupait il y a deux jours encore. La répétition du pronom relatif (qu’elle composait ; qu’Arthur occupait) n’arrange rien !!! Quand je tombe sur ce genre de phrase dès l’incipit, je referme le bouquin ! Relisons plutôt l’incipit de La Curée de Zola (oui je sais tout le monde n’est pas Zola!), voilà bien un écrivain dans le sens plein du terme (et cela même s’il n’aime pas George Sand).

Mais qu’en est-il des autres auteurs cloués à mon pilori ? Nothomb, Teulé et Abécassis appartiennent à une autre catégorie. Ce n’est pas tant leur style qui me gêne, et j’ai tendance à les croire écrivains. Ce qui me dérange c’est l’engouement qui les entoure et qui me semble surtout motivé par une médiatisation à outrance. Amélie Nothomb tout d’abord publie chaque année au mois de septembre son nouveau roman, comme les journaux télévisés traitent sempiternellement fin août du chassé-croisé des vacanciers, en septembre de la rentrée scolaire, en juin du bac et de ses révisions… bref  Nothomb est le marronnier littéraire ! Certes la dame écrit beaucoup et tout le temps, mais je reste dubitative sur une qualité annuelle. Curieuse, j’ai lu L’Hygiène de l’assassin et Les combustibles (je parle donc de ce que je connais!); sans être désagréable ces lectures ne m’ont rien apporté. Dans le premier, il faut attendre la moitié du roman pour s’intéresser à l’histoire, pour le second, si l’idée est intéressante, Nothomb ne l’assume pas ! N’aurait-il pas été plus courageux de prendre des romans et des auteurs existant ou ayant existé, plutôt que d’en créer de toute pièce. L’intérêt du sujet se perd alors. Concernant Teulé, dont j’ai lu Le Montespan et Les lois de la gravité, là encore je trouve sa réputation sur-estimée. Je prendrais pour exemple Le Montespan. Sous couvert de renouveler le genre du roman historique, Teulé se complaît dans une vulgarisation démagogique qui aurait surtout tendance à nuire à son sujet  (lisez par exemple la critique de Marie du dernier de ses romans Charly 9) ! Cette tendance à la vulgarité sous couvert de modernité a le don de m’horripiler dans la mesure où cette vulgarité est totalement gratuite, et ne sert qu’à offusquer la bourgeoise !

Enfin, Eliette Abécassis est un cas à part ! et c’est là que je vais être totalement subjective et d’une grande mauvaise foi ! son image médiatique est pour moi un frein puissant à la lecture de ses romans ! Pour avoir vu et entendu Eliette Abécassis dans diverses émissions de télé, pour avoir lu aussi certains entretiens dans quelques journaux, je suis désolée de vous dire que je trouve cette femme bécassine,  et minaudière… Si Nothomb me semble toujours intéressante dans ces interventions télévisuelles à tel point que je serais presque prête à retenter la lecture d’un de ses romans, Eliette Abécassis, à chacune de ses apparitions, me désole. Et le summum fut atteint cet hiver quand je l’ai vue dans un spot de pub pour la chaîne de vente de fleurs par correspondance très connu. Dans ce spot, en pleine période pré-Saint-Valentin, on la voyait écrire un texto à son « amoureux » dont un mémorable : « ce matin tu es parti en oubliant quelque chose : moi » !! wahou!! ça c’est la preuve d’un écrivain au style dévastateur… bon, oui je sais je suis très méchante…

Je suis certaine que vous ne manquerez pas de défendre avec enthousiasme ces auteurs si cruellement attaqués dans ces quelques lignes ! Pour moi la vraie littérature rime avec rareté, et le nombre de lecteurs n’est pas forcément signe de qualité, je pourrais vous trouver des exemples à la pelle. Je crois aussi que Lire de bons livres vous empêche d’apprécier les mauvais (Le Cercle des épluchures de patates p.80), c’est là mon grand problème, j’ai sans doute lu trop de bons livres …

Au fait, et vous ? quels sont les auteurs qui vous hérissent le poil ???

Journée de la Femme, hommage aux romancières …


Sur un blog généraliste je vous aurais parlé des femmes en général, mais là, j’ai bien envie de rendre hommage aux romancières ou femmes de lettres trop souvent oubliées des manuels scolaires…. alors oui, la littérature n’est pas qu’une affaire d’hommes… les femmes ont, de tout temps, écrit, sous des pseudos, souvent, mais de plus en plus, la littérature se féminise et c’est tant mieux… aussi douées pour écrire des romans que des polars, des romans de Science Fiction ou des essais, les femmes auteurs ont aujourd’hui toute la place qu’elles méritent…si ce n’est dans les manuels scolaires !!! (je n’en démords pas!!)

Alors que le roman est sans doute le genre phare de la littérature, les romans écrits par les femmes ont souvent été catalogués : roman pour bonnes femmes, à l’eau rose, roman sentimental, pour enfant… oui parce que bien souvent femme et enfant sont mis au même niveau… Encore aujourd’hui certaines romancières ont du mal à  se débarrasser de ce préjugé et George Sand reste, encore de nos jours, réduite à La Petite Fadette ou à François Le Champi… Colette fut longtemps réduite aux « Claudine », même Jane Austen est fuie par les hommes à cause de préjugés bien trop puissants… Madame de La Fayette n’a-t-elle pas, ne serait-ce que l’an dernier, été brocardée par notre président ???

Il faut reconnaître que ces derniers temps les romancières semblent prendre le pouvoir… ou du moins prennent la place qui leur ait dû. Même si certaines préfèrent abréger leur prénom pour laisser planer le doute (Fred Vargas) et ainsi faire croire que peut-être, il s’agit d’un homme, la plupart semble fière de cette place enfin acquise. Un auteur comme Joyce Carol Oates, par exemple, est me semble-t-il l’incarnation de ces nouvelles romancières… parce qu’elle met un coup de pied dans la sempiternelle question : « y-a-t-il une écriture féminine? » ou « l’écriture a-t-elle un sexe? »… autant vous dire que je déteste cette question parce qu’elle ne pose pas le vrai problème et cela me fait penser au débat sur l’homoparentalité… oui, je sais ça peut paraître étrange mais… dans le débat sur l’homoparentalité se pose la question du référent paternel et du référent maternel, et souvent on confond le sexe avec la valeur… on peut être femme est incarnée une valeur masculine, comme un homme peut incarner une valeur féminine… pour l’écriture c’est un peu la même chose, sauf que l’on parlera, me semble-t-il, de sensibilité : un écrivain homme peut avoir une sensibilité féminine, et une femme une sensibilité masculine, son écriture résultera de cela… et de bien d’autres choses encore… En quoi « Le Lys dans la vallée » est-il plus symptomatique d’une écriture masculine ???? En quoi « Consuelo » de George Sand révèle-t-il une écriture féminine???

S’il reste indéniable que chaque écrivain cherche à rendre compte du monde à travers son style, les sujets abordés sont souvent les mêmes, et je ne vois pas pourquoi un même sujet traité par un romancier serait plus digne d’intérêt que s’il était traité par une romancière…

Les enquêtes le prouvent, les lecteurs, et surtout les grands lecteurs sont avant tout des femmes… cela signifie-t-il qu’elles ne lisent que des romans pour bonnes femmes ??? nos blogs , tous les jours, prouvent suffisamment le contraire… ce qui nous intéresse, nous touche, nous fait rire, nous fait frémir, nous énerve peut aussi bien être écrit par un homme que par une femme… quand nous achetons un roman, notre choix se situe-t-il uniquement au niveau du sexe de l’auteur ??? bien sûr que non…

Marc Levy me hérisse tout comme me hérisse Amélie Nothomb… homme ou femme cela n’a guère d’importance…

En cette fameuse journée de la Femme, un coup de pied (féminin) dans la fourmillière littéraire ne ferait pas de mal… non pas tant pour les romancières contemporaines, mais bien plutôt pour rendre hommage à leurs ainées qui ont tracé la voix, ont dû supporter les quolibets (même venant des plus grands auteurs français, je pense à Baudelaire traitant George Sand de latrines)… quand je fais passer les oraux pour le bac blanc de français, je suis toujours frappée de constater l’absence des écrivains féminins dans le choix des textes… quand je feuillette un manuel scolaire, je peux compter sur les doigts de la main les analyses des romans écrits par des femmes… ne serait-ce que la couverture de ces fameux manuels : parmi plusieurs portaits d’écrivains en couverture combien de femmes représentées ???

Il semble que la littérature anglaise soit plus respectueuse envers leurs romancières… Ne serait-ce qu’au XIXème siècle : Les soeurs Brontë, Jane Austen (entre deux siècles), George Eliot… En France, qui est capable de nous citer 3 romancières françaises du XIXème ???

Pourquoi « Hésitation » de Stephenie Meyer est venu à bout de moi


Je suis en train de lire

shaffer

lecture fortement conseillée par Leiloona (merci à elle!)… et au cours de cette lecture je tombe sur cette phrase, à l’allure anodine, mais qui pourtant dit exactement ce que je ressens :

Lire de bons livres vous empêche d’apprécier les mauvais (p.80)

Il y a tout dans cette phrase !

Ce blog littéraire ou de lectures (c’est moins pompeux) est tout nouveau et je n’ai pas encore fait ma mauvaise tête, pas encore attaqué franchement mes bêtes noirs… oui, j’ai des bêtes noires en littérature, enfin littérature est dans ce cas là un peu sur-noté… disons qu’il y a des auteurs sur lesquels j’ai la dent dure ! Or cette phrase de Mary Ann Shaffer, que dit-elle finalement? le verbe « apprécier » est bien évidemment capital, et est la clef de tout. Si nous n’aimons pas certains livres c’est que nous avons l’habitude d’en lire des bons ! Elle semble sous-entendre du coup que l’on passe à côté de ces mauvais livres !

Vous savez que j’avais entamé la lecture des romans de Stephenie Meyer (Fascination, Tentation) et que j’étais plongée dans le tome 3 : Hésitation. Or, au bout de plus de 300 pages de ce tome, une certaine lassitude m’a gagnée, un manque aussi, alors … j’ai interrompu ma lecture pour me plonger dans 84, Charing Cross Road puis dans Le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates… et là j’ai compris… j’ai compris que je n’étais plus en mesure de lire certains livres. Je peux effectivement le regretter, c’est sans doute regrettable… mais comme le dit Shaffer, je crois que je sais plus « apprécier les mauvais » livres ! Mais qu’est-ce qu’un mauvais livre?

Je ne dis pas forcément que Stephenie Meyer ait écrit un mauvais livre, je dis juste que, par comparaison, c’est un mauvais livre ! Même si l’histoire peut être prenante, le style est décidément un barage pour moi : des dialogues insipides, des phrases reprenant les sempiternels même clichés sur l’amour et ses hésitations… bref, pour moi le style est comme une charpente, si celle-ci est branlante, la maison s’écroule !

Voilà, tout cela pour vous avouer que j’abandonne officiellement la saga vampirique de Meyer !

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