"Chien Pourri" Colas GUTMAN et Marc BOUTAVANT


gutman chien pourriChien Pourri est un chien tout pourri, son pelage ressemble à un paillasson, il sent la sardine et les puces sont ses meilleurs amis. Il est né dans une poubelle qu’il partage avec Chaplapla, un chat tout plat. Un jour, Chaplapla lui explique ce qu’est un maître et Chien Pourri aimerait bien se trouver un maître qui lui donne des croquettes et du su-sucre. Mais cette quête de maître va l’entrainer dans des aventures rocambolesques durant lesquelles il va croiser un canard boiteux, un pingouin unijambiste, et j’en passe. Chien Pourri, en plus de tout le reste, n’est pas très futé et très naïf, ne voyant le mal nulle part.

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"Histoire du chat et de la souris qui devinrent amis" Luis SEPULVEDA


sépulveda histoire du chatDe Luis Sepulveda, j’avais lu Le vieux qui lisait des romans d’amour, roman offert par mon mari qui n’était pas encore mon mari, mais mon tout nouvel amoureux. Ce cadeau était comme un message subliminal qui m’avait beaucoup touchée. Donc entre Luis Sepulveda et moi, c’est déjà toute une histoire.

Quand les Éditions Métailié m’ont proposé de découvrir ce roman jeunesse, j’ai donc accepté avec grand plaisir, pour la raison ci-dessus, mais aussi parce que quand un livre prend pour sujet un chat, il m’est bien difficile de résister, et puis j’ai pensé aussi qu’Antoine, si amoureux de son propre chat, le bel Alfred, serait sans doute heureux de lire cette douce histoire d’amitié.

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"1001 activités autour du livre" Philippe BRASSEUR


1001 activités autour du livre couvertureVoici un livre gigogne, un livre qui parle des livres et de la lecture, un livre pour donner envie de lire. Destiné aux adultes à l’usage des enfants, ce manuel est à mettre entre les mains des parents, des enseignants, des bibliothécaires et de toutes les personnes en relation avec les enfants et les livres.

Cette nouvelle édition très imagée, ludique, divisée en 10 chapitres est une vraie mine pour occuper nos enfants tout en leur transmettant l’envie de lire et leur faire découvrir l’univers fabuleux des livres et des histoires.

Dix chapitres donc que si déclinent autour de l’envie de lire, de la découverte de l’objet livre, des activités autour de la lecture, des illustrations, de l’imagination, etc. Ces activités s’adressent aux enfants dès l’âge de 2 ans et jusqu’à 8 ans. Une belle façon de dédramatiser l’apprentissage de la lecture en optant principalement pour le plaisir de la découverte et du jeu. Rendre le livre et la lecture accessibles, faire de cet objet parfois un peu intimidant, un merveilleux jouet, un pont vers des aventures fabuleuses, tel est sans doute l’objectif de ce manuel. (en savoir plus…)

"Le Héron et l’Escargot" M-F CHEVRON et M. MAGNAN


Chevron le héron et l'escargotSur le schéma des fables de La Fontaine illustrées par Gustave Doré, Marie-France Chevron et Mathilde Magnan nous offrent une fable mettant en scène une rencontre fatale entre un Héron et un Escargot.

Fable construite sur le modèle de celles de La Fontaine, elle comporte également une morale qui apparaît comme une loi de la nature immuable et implacable.

Le vocabulaire a un charme suranné (fabliau, je vous agrée, oui da, etc) qui nous renvoie immanquablement au XVIIe siècle et rappelle la voix du célèbre fabuliste. Le titre lui-même apparaît comme celui d’une fable retrouvée évoquant Le loup et l’agneau ou Le Lièvre et la tortue et j’en passe. Impossible de passer outre cette inspiration évidente, d’autant que Le Héron de La Fontaine n’est pas bien éloigné de cette fable-ci.

Les illustrations sont réussies. Le héron comme l’escargot ne sont pas représentés de façon enfantine, mais, au contraire, de façon très précise presque scientifique et donc réaliste, refusant l’anthropomorphisme. Le texte lui-même, bien mis en page, aux couleurs changeantes, le rend attrayant et parfaitement lisible.

J’ai bien sûr testé cette lecture sur mes deux petits cobayes préférés qui ont trouvé cette histoire à la fois drôle et un peu triste. Ils ont déjà fait l’expérience des fables de La Fontaine, et ont trouvé que celle-ci était plus facile à lire et à comprendre malgré quelques mots qu’il m’a fallu expliquer notamment à Eliot (bientôt 7 ans).

Une belle découverte donc faite grâce aux Éditions Courtes et Longues (dont je vous ai déjà parlé sur ce blog) et une belle initiative aussi, je trouve, qui est celle de remettre à l’honneur les fables. Comme La Fontaine s’inspirait des fables d’Esope, Marie-France Chevron poursuit la transmission en s’inspirant de La Fontaine… Même si la portée sociale, ou politique, des fables de La Fontaine reste beaucoup moins prégnante dans cet album, sa lecture reste intéressante et amusante.

Lu dans le cadre du Challenge Animaux du monde.

Challenge Animaux du monde

"Les Fantastiques Livres Volants de Morris Lessmore" de William Joyce


livres volant couvertureJ’ai découvert ce livre hier et je ne résiste pas à vous le présenter dès ce matin tant il est fabuleux. Avant d’être un livre, l’histoire de Morris Lessmore et de ses livres volants a été un court métrage que j’avais vu grâce à une amie qui me l’avait fait découvrir sur FB. J’ai donc été ravie de découvrir qu’à partir du court métrage un album avait été créé.

Pour des amoureux du livre comme nous, cet album est une pure merveille et pour nos enfants, un émerveillement (Antoine et Eliot l’adorent!).

Morris Lessmore écrit dans un livre sa vie, ses connaissances. Un jour un ouragan détruit la ville qu’il habite et transforme les couleurs en noir et blanc . Il erre alors au hasard, et croise une jeune femme tout en couleurs, suspendue à des livres volants comme à un cerf-volant. Avant de disparaître dans le ciel, elle lui envoie son livre préféré, celui-ci mène alors Morris vers une bibliothèque où les livres bruissent, marchent, jouent du piano. Morris retrouve ses couleurs. Une nouvelle vie commence au milieu de ces livres qui deviennent ses meilleurs amis.

livres volants la biblio

La lecture devient une passion. Morris est absorbé par ses lectures. Il répare les vieux livres comme un médecin, mais ce qui ranime un livre est, il le comprend bien, la lecture. Un livre qui n’est pas lu est un livre mort. Petit à petit, les habitants de la ville détruite arrivent à la bibliothèque de Morris. Il leur prête ses livres. Quand les habitants se mettent à lire, les gens retrouvent leurs couleurs.

Cet album est autant un hymne à la lecture qu’aux livres. La tristesse est oubliée par la lecture, et les livres survivent s’ils sont lus. Les illustrations sont magnifiques et cette bibliothèque est un paradis de lecteur.

livres volants morris lisant 2

Sensible, drôle, cet album restitue la magie de la lecture et rend les livres vivants et attachants, ils apparaissent comme des amis fidèles qui émerveillent les enfants, consolent les vieilles dames, etc. Mais cet album, et le symbole de la bibliothèque le montre bien, vante aussi le bonheur de transmettre. Morris est un passeur de lecture et le bien qu’il fait en prêtant ses livres touche aussi bien les gens que les livres eux-mêmes.

Un très bel album pour les grands et les petits, un album qui fait du bien, un message d’espoir autour de la lecture que je ne peux que vous conseiller.

Pour vous donner encore plus envie de vous offrir cet album magnifique et enchanteur, je vous laisse regarder le court métrage en cliquant sur le lien ci-dessous :

La fantastique histoire des livres volants par Sorslepopcorn

Album lu dans le cadre du Challenge Le Nez dans les livres.

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"Patte-Blanche" de Marie-Aude MURAIL


Murail Patte-BlancheDans le cadre de nos lectures du soir, j’ai lu aux enfants ce court roman jeunesse de Marie-Aude Murail. Dans une époque reculée, pendant le règne du Roi Louis, Messire Johan est le meilleur chasseur de loup du royaume. On repère un loup blanc, magnifique, et Johan veut absolument le tuer pour faire cadeau à la reine de son pelage immaculée et obtenir une prime de 10 000 écus. Des paysans font la battue et parviennent à faire tomber le loup dans un piège. Mais, quand Johan arrive au piège, le loup a disparu, ne laissant qu’une patte blanche coincée dans le piège. Quelques temps plus tard, la femme de Johan accouche de jumeaux : le petit garçon est frêle, et la petite fille présente une étrange déformation, à la place d’un de ses pieds, se trouve une patte blanche de loup.

Un peu comme dans 22!, Marie-Aude Murail situe l’action de ce conte dans une époque et un lieu un peu incertains. Elle réinvestit les éléments traditionnels du conte en modifiant le Il était une fois… par D temps du bon roi Louis ; la présence du loup ; celle d’enfants ; celle d’une gentille nourrice  une brin de mystère et de magie sans oublier la peur et une certaine violence, etc. On pense à mille et une références : Hansel et Gretel,  voire même aux jumeaux de La Petite Fadette grâce ce terme berrichon qu’emploie Sand dans son roman : les bessons pour les jumeaux, mais aussi à la bête du Gévaudan… Autant d’histoires qui relèvent du folklore.

Ce fameux loup blanc c’est un peu le Moby Dick de Johan (voilà encore un petite référence bien sentie!), la quête de l’impossible qui va d’abord provoquer son malheur, mais qui sera aussi le moyen de sa rédemption. Difficile de savoir si ce loup doit être perçu comme l’incarnation du Diable comme le pense Johan ou s’il n’est pas au contraire une sorte d’esprit magique de la forêt. Les enfants sont courageux et aimants. Il y a de très belles phrases sur la gémellité, sur ces bébés qui, séparés, se cherchent et ressentent un manque.

Un conte dans lequel les grands pourront s’amuser à retrouver les multiples références et que les enfants apprécieront pour son suspens et la beauté des personnages qui leur ressemblent et l’amour que le frère et la sœur se portent.

L’avis d’Antoine

J’ai bien aimé, ça stressait, les têtes des personnages étaient bizarres. Sinon c’était bien. Ça me faisait penser à l’œil du loup, parce que on ne sait pas si le loup est méchant ou gentil.

SUPER SUPER SUPER SUPER SUPER SUPER SUPER SUPER !!!!!!!!!!!!

L’avis d’Eliot

Le loup était un petit peu méchant. Il  voulait manger la  petite fille pour récupérer sa patte. Son frère est arrivé à temps. Ouf! C’était un peu marrant. Je  n’ai pas aimé le chasseur.

[Non mes enfants ne sont pas génies de l'orthographe et de la grammaire, j'ai donc corrigé les petites et les grosses fautes, mais ce sont eux qui ont écrit leur ressenti avec leurs mots]

Roman lu dans le cadre du Challenge Totem catégorie LOUP et du Challenge Animaux du Monde.

challenge TOTEMChallenge Animaux du monde

Roman lu grâce à la Bibliothèque Municipale.

"Le Chevalier qui cherchait ses chaussettes" de Christian Oster


Oster le chevalierIl était une fois un chevalier qui, après une nuit passée au pied d’un arbre, ne retrouva plus ses chaussettes ! Cela est bien embêtant, car comment se présenter devant une princesse à délivrer des griffes d’un dragon, pieds nus ?

Voilà l’étrange mésaventure qui arrive au chevalier de ce conte qui se présente dans les règles du genre : le "Il était une fois…" ; le méchant dragon ; la jolie princesse prisonnière et le valeureux chevalier. Sauf que Christian Oster manie le burlesque avec brio. La perte des chaussettes va quelque peu décontenancer son chevalier qui est obligé, à plusieurs reprises et devant les péripéties inattendues qui se présentent à lui, de récapituler à plusieurs reprises la succession de ses actions. Sauf que ce pauvre chevalier a tendance à s’emmêler les pinceaux.

"D’abord, délivrer le dragon, se dit-il ; ensuite, le trouver ; puis réveiller mes chaussettes ; enfin, combattre la princesse." (pp.13/14)

Il sera question de combats violents contre des dragons, de canard carbonisé, de magicien et de lutin avant que ce pauvre chevalier ne parvienne à boucler sa mission.

Ce conte burlesque, lu hier soir à mes enfants, a suscité bien des rires. Les dialogues sont souvent très drôles et décalés, ainsi que les interruptions surprenantes du récit avec des adresses aux enfants.

La lecture à voix haute fonctionne parfaitement tant le ton et les dialogues sont vifs. La parodie du roman de chevalerie ainsi que des éléments traditionnels du conte en font un livre à découvrir pour son originalité et son côté burlesque.

Ce roman est édité à L’École des Loisirs dans la collection Mouche, il est donc accessible pour de jeunes lecteurs à partir de 7 ans, mais il peut bien sûr se lire à des enfants plus petits.

Roman lu grâce à la Bibliothèque Municipale.

Marilyn bibliothèque

"Little Stuart" de E.B WHITE


White Little StuartTout le monde connaît Little Stuart depuis l’adaptation cinématographique avec Dr House dans le rôle du papa de Stuart ! C’est au Salon du Livre Jeunesse de Montreuil, l’an dernier, que j’ai acheté ce livre pour mon fils Antoine. Bien que le roman soit un peu conséquent pour lui, je m’étais dit que comme il connaissait le film, la lecture en serait facilitée. Depuis un an, il ne l’a pas touché, donc, en fin de semaine dernière je l’ai choisi pour nos lectures du soir (pour en savoir plus suivez le lien!).

Dans la famille Little, il y a la maman, le papa, le petit garçon George, et… Stuart, cadet de la famille, tout petit et qui ressemble fortement à une souris ! Bien que cela puisse paraître étrange au lecteur, le fait que Maman Little ait accouché d’une souris ne semble guère étonner les personnages du roman. Stuart est certes une souris mais a tout d’un garçon : il parle, se lave les dents, aime être bien habillé, etc.

Le roman est divisé en deux parties. La première partie narre la vie de Stuart chez lui avec ses parents. La façon dont ses parents doivent adapter la maison à sa petite taille (il dort dans un paquet de cigarettes !), démontre qu’il est utile d’avoir un plus petit que soi sous la main, et sa cohabitation difficile avec le chat de la maison, Snowbell qui a bien du mal à résister à l’envie de le croquer.

La deuxième partie est une sorte de road movie. Stuart part à la recherche d’une oiselle, Margalo, que les Stuart avaient recueillie et que le méchant Snowbell a effrayée au point de lui faire prendre le large. Durant son voyage, Stuart va vivre différentes aventures insolites et faire plusieurs rencontres.

Ce roman, datant de 1945, est un classique de la littérature jeunesse américaine. Il prône des valeurs essentielles comme la tolérance et la loyauté, mais sans trop donner dans les bons sentiments. Stuart est une petite souris ou un petit garçon qui, bien que petit et vivant dans un monde peu adapté à sa taille, se débrouille très bien, fait preuve de jugeote et de courage. La première partie est celle que nous avons préférée, car elle montre avec assez d’humour la vie au quotidien de Stuart et les diverses astuces mises en place pour lui faciliter la vie. La seconde partie qui est rythmée par les différentes rencontres que fait Stuart au cours de son voyage est moins passionnante. Beaucoup de longueurs et surtout des aventures qui au final n’apportent pas grand chose. Enfin, la fin en queue de poisson est un peu décevante. Nous avons eu la sensation d’avoir fini le tome 1 d’une série, mais malheureusement il n’existe pas de tome 2 et l’on ignore donc comment s’achève la quête de Stuart.

Toutefois les enfants ont, tous les soirs, été ravis de retrouver Stuart, mais je les ai trouvés plus attentifs durant la première partie du roman, un  peu comme moi donc. Il y a plusieurs scènes assez drôles, notamment l’une d’elle chez un dentiste qui nous a bien fait rigoler. Notre avis est donc assez mitigé, car la fin nous a laissé sur une note de déception, ce qui est dommage.

little stuart filmComme je le disais au début de ce billet, ce roman a été adapté au cinéma en 2000, avec dans le rôle de la maman de Stuart, Geena Davis et dans le rôle du papa, le fameux Hugh Laurie.

Contrairement au roman, Stuart est un enfant adopté et le film insiste, surtout au début sur une rivalité avec George qui n’existe pas dans le roman. Le film est centré sur la première partie du roman avec plusieurs changements, notamment concernant Margalo qui, contrairement au roman, est au service d’un voleur et présente donc une personnalité plus contrastée. Nous retrouvons cependant Snowbell, ainsi que la course de bateau sur le bassin du parc, mais là encore avec quelques modifications par rapport au roman. La seconde partie du roman est absent du film, si mes souvenirs sont bons.

Cette lecture a cependant donné très envie aux enfants de revoir le film.

Un roman jeunesse donc à lire comme un classique, mais aussi pour ce petit personnage attachant et drôle qu’est Stuart.

Roman lu dans le cadre du Challenge La Littérature fait son cinéma, du Challenge Animaux du monde, du Challenge Gilmore Girls 2013.

Challenge la littérature cinémaChallenge Animaux du mondechallenge gilmore girls 2013

"Kamo, l’idée du siècle" de Daniel PENNAC


Pennac kamo l'idée du siècleEncore un livre qui ne sera pas resté longtemps dans la PAL ! En cette après-midi froide, tandis que la neige commençait petit à petit à fondre, j’ai eu envie d’un petit roman à lire dans la journée, un petit roman qui fasse du bien. Très vite mon choix s’est arrêté sur ce roman jeunesse de Daniel Pennac, parce que je savais qu’avec Daniel Pennac je n’allais pas m’ennuyer.

Kamo est le meilleur ami du narrateur. Ils se connaissent depuis la crèche, sont comme des frères. Kamo, c’est le garçon qu’on admire, le leader, celui qui fédère et que tout le monde admire et que l’on suit parce qu’il est super fort et ose dire les choses. Tout commence par la tristesse de Mado-Magie, l’assistance de crèche qui s’est occupée des garçons et qui est devenue un peu comme une tante, bref de la famille, de celle du narrateur et de celle de Kamo. La famille de Kamo est amputée du père, mort trop tôt. Les pères meurent toujours trop tôt. Bref, Mado-Magie est triste car son dernier fiancé l’a quittée et en plus est parti avec la télé. Les garçons aimeraient bien l’aider, mais l’approche de l’entrée en sixième devient une préoccupation majeure. Il faut dire que tout le monde n’arrête de leur dire : n’oublies pas que l’année prochaine, tu entres en sixième. Tout le monde leur en parle sauf leur instit, M. Margerelle, et les élèves de CM2 et Kamo en tête se demandent bien pourquoi leur instit préféré ne leur en parle jamais, de cette sixième. C’est là que Kamo va avoir l’idée du siècle et que tout va se mettre en place pour le pire et le meilleur ! (oui j’ai inversé le diction, c’est fait exprès!).

Je voudrais remercier Miss Bouquinaix pour m’avoir permis de faire la connaissance de Kamo et de son univers. Ce petit roman à mettre dans toutes les mains est un moment de lecture merveilleux. Tout d’abord parce que j’ai eu l’impression de retourner en CM2 et aussi parce que j’imaginais mon fils Antoine (il n’est encore qu’en CM1, mais bon) parmi les copains de classe de Kamo et du narrateur. On sent que Daniel Pennac a été prof. Les élèves sont saisis avec justesse, les "profs" nous en rappellent d’autres, des vrais, de ceux que l’on a croisés pendant notre vie scolaire. C’est drôle, c’est bien construit, on est avec les élèves, en classe avec eux et on revit ! Les parents sont tels qu’en eux-mêmes, angoissés pour les études de leur marmots, ils s’énervent, ils donnent des leçons… mais aiment leur enfant surtout.

Ce roman, c’est aussi une quête de l’autre, de l’amour véritable. Presqu’un conte de fée, en tout cas une belle histoire d’amour de grands vue à travers les yeux des enfants. Car, en lisant ce roman, nous perdons nos yeux d’adulte et chaussons nos lunettes d’enfant. C’est une régression délectable !

Vous aurez compris que les trois autres livres mettant en scène les aventures de Kamo ne vont pas tarder à être lus dans la foulée !

Roman lu dans le cadre du Challenge Daniel Pennac et du Challenge Cartable et tableau noir.

challenge Daniel Pennacchallenge cartable et tableau noir

"Le Roman d’Ernest et Célestine" de Daniel PENNAC


pennac ernest et célestineL’un des multiples bonheurs d’avoir des enfants, c’est, pour des lectrices et lecteurs comme nous, d’avoir le prétexte d’acheter des livres jeunesse. Pour Noël, je n’ai pas résisté à l’envie d’offrir à Antoine Le Roman d’Ernest et Célestine de Daniel Pennac, scénario (mais plus encore) du film qui passe en ce moment au cinéma. Antoine étant toujours un peu récalcitrant aux romans un tant soit peu épais et Eliot souhaitant connaître aussi cette histoire, nous avons donc décidé que je la leur lirai un peu tous les soirs avant d’aller voir le film. Cette lecture à voix haute a donc occupé nos soirées pendant une petite semaine.

Une lecture à voix haute et à plusieurs est une expérience bien différente d’une lecture silencieuse et en solitaire. Les mots, les traits d’humour, les intonations de la voix, les changements de voix procurent un plaisir amplifié par les réactions des enfants écoutant, suspendus à mes lèvres, l’histoire qui se déroule.

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Daniel Pennac, dans ce roman, raconte la rencontre entre Ernest, un ours brun et Célestine, une petite souris. Ces deux personnages, créés par Gabrielle Vincent en 1982, sont les héros d’albums pour enfants. Pennac crée ici une histoire originale.

Ernest et Célestine n’étaient pas destinés à se rencontrer et encore moins à être amis. Car, de tout temps, les Ours, en haut et les Souris, en bas, sont des ennemis jurés. Mais voilà, Ernest et Célestine sont un peu à part. Ils refusent tous les deux leur destin ancestral : Ernest aime la musique et ne veut pas être juge comme tous ses ancêtres, et Célestine veut être peintre et non dentiste. Leur amour de l’art va créer entre eux un lien amical fort envers et contre tous.

L’histoire inventée par Pennac est pleine de rebondissements, de douceurs, de rires, mais aussi de violence. Les deux mondes s’affrontent, et Ernest et Célestine vont vivre moult péripéties et revirements, poursuivis à la fois par le monde d’en bas et le monde d’en haut. L’écriture de Pennac est rythmée, s’accélère dans l’action, se ralentit dans les moments calmes, se tend en plein suspens, si bien qu’elle s’adapte parfaitement à la lecture à haute voix. J’ai rarement trouvé un texte qui réponde à ce point à la lecture à haute voix pour les enfants. La meilleure preuve est que les enfants ont été captivés et réclamaient chaque soir leurs chapitres.

Là encore, dans ce roman, j’ai retrouvé l’humour et le sourire de Pennac. Les titres des chapitres sont un exemple de cet humour intelligent et sensible que j’aime tant : chapitre 3 : Comment tout commença (Il faut bien que ça finisse par commencer) ou encore chapitre 30 : Le dernier chapitre (Mais les histoires ne finissent jamais, elles continuent en nous). Mais dans tout le roman, Pennac insère des traits d’humour et des situations comiques.

Mais ce roman a aussi une portée morale (bon dit comme ça, ça fait un peu solennel), car ce que montre cette histoire d’amitié impossible est que la peur de l’autre naît de la méconnaissance, des préjugés et de la méchanceté, et qu’il faut dépasser ces a priori, aller vers l’autre pour mieux le comprendre et ne plus en avoir peur.

Comme je le disais au début, ce roman est le scénario du film Ernest et Célestine, mais il est un peu plus que cela, car Pennac insère parfois en fin de chapitre des dialogues entre l’Auteur, le Lecteur, Ernest et Célestine. Des dialogues en marge de l’histoire qui interrogent sur la lecture, l’écriture de roman et les personnages. Si j’ai aimé l’histoire racontée, je crois que j’ai surtout apprécié ces petits dialogues qui expliquent comment se crée une histoire, qui montrent les exigences du lecteur, comment le personnage peut avoir une vie indépendante orientant le récit dans une autre direction… bref du Gérard Genette devenu accessible aux enfants et drôlement plus sympa :

Le Lecteur : Excusez-moi d’intervenir, chez Auteur, mais ça va durer encore longtemps ? Non, je vous pose la question parce que moi, les descriptions, je n’aime pas beaucoup ça…

Ernest : Tu n’as qu’à sauter le chapitre !

Célestine : Ernest, ne sois pas désagréable avec le lecteur, tu veux ?

Ernest : Ecoute, il n’est jamais content. Tout à l’heure on voulait qu’il saute un chapitre abominable, il a refusé, et maintenant qu’on lui fait un joli chapitre de description, il veut le sauter. (pp.94/95)

Allez encore un petit extrait :

Le Lecteur : Mais quoi ?

L’Auteur : Mais il faut que je me repose un peu. Je vais aller me faire un café.

Le Lecteur : Ah ! Non ! Ce n’est pas le moment !

Ernest : Il a bien droit à son petit café, tout de même?

Célestine : C’est vrai. Il a beaucoup travaillé aujourd’hui.

Le Lecteur : Pas question. Je veux la suite, moi ! (pp.72/73)

Ces dialogues sont une merveille et ont provoqué plusieurs interrogations de la part de mes enfants sur le rôle de l’auteur et du lecteur. Notamment dans un passage où l’auteur écrit qu’il "raconte" l’histoire. Ce verbe raconter a entraîné quelques discussions intéressantes.. Car qui raconte en fait : l’auteur ou maman ? L’auteur raconte une histoire par écrit et maman raconte l’histoire en la lisant. Mais alors ? le Lecteur de l’histoire, qui est-il ?

Moi qui adore les interventions d’auteurs, les mises en abyme et la métatextualité (oui terme barbare, je l’avoue et qui signifie tout simplement un texte qui explique sa propre fabrication, c’est donc en gros un texte qui parle de lui-même, exactement ce que font Ernest, Célestine, L’auteur et le Lecteur dans ces dialogues), j’étais aux anges avec ces dialogues et je trouve génial d’initier les enfants à la stylistique sans en avoir l’air ! Pennac reste un prof dans l’âme, un prof fabuleux en plus d’être un merveilleux conteur d’histoires !

Nous allons voir le film cet après-midi ;) !

Roman lu dans le cadre du Challenge Daniel Pennac , le Challenge La littérature fait son cinéma et du Challenge Le Nez dans les livres.

challenge Daniel Pennacchallenge-le-nez-dans-les-livresChallenge la littérature cinéma

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