"Les Mères" Samantha HAYES


Hayes Les mèresIl faut prévenir d’entrée de jeu, si vous êtes enceinte mieux vaut éviter la lecture de ce thriller.

L’intrigue se déroule à Birmingham, en Angleterre. Claudia, assistante sociale, est enceinte. Elle partage sa vie avec James, militaire de la marine et ses jumeaux, Noa et Oscar, nés d’un premier mariage. Cette famille recomposée vit dans un quartier huppé de la ville. James devant s’absenter deux mois pour son travail, et la naissance approchant, Claudia embauche une nounou, Zoé, pour s’occuper des garçons et, après l’accouchement, du bébé. Parallèlement Lorraine et son mari, Adam, tous les deux inspecteurs de police, enquêtent sur l’agression et le meurtre d’une femme enceinte et de son bébé.

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""L’Hôtel Stancliffe" Charlotte BRONTË


brontë HôtelEn ouvrant ce billet, je suis bien incapable de vous dire de quoi je vais vous parler. J’ai lu ce livre, d’un peu plus de 100 pages, sans en retenir grand chose, mon esprit, volage, n’étant pas parvenu à faire le tri des personnages et à comprendre réellement non seulement les enjeux de l’intrigue, mais l’intrigue tout court.

Il est assez troublant de passer ainsi totalement à côté d’un roman, de ne pas en saisir l’intérêt, de n’en retenir rien et de n’avoir donc pas grand chose à vous dire.

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Challenge Agatha Christie : Un Bilan


challenge Agatha ChristieLe Challenge Agatha Christie a été créé le 23 novembre 2010. Un premier bilan avait été fait le 6 avril 2011, il est donc largement temps de voir un peu ce qu’il s’est passé en 2 ans.

Ce challenge est une grosse machine, et en faire un bilan est travail titanesque.

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Come back : Le Mois anglais !


le mois anglais juin 2013Alors que la Dame de Fer a passé l’arme à gauche hier, Titine et Lou, nos english-blogueuses préférées, relancent, en juin (oui je sais il va falloir patienter un brin!), leur fameux Mois Anglais !

Je garde un fabuleux souvenir du précédent qui s’était déroulé du 15 décembre 2011 au 15 janvier 2012, mais, vacances de Noël oblige, je n’en avais pas profité pleinement et j’avais été un peu frustrée. Cette année, je compte bien m’en donner à cœur joie, d’autant que le mois de juin est souvent très calme chez moi et que le jardin sera prêt à m’accueillir chaleureusement (enfin je l’espère!).

Le principe est on ne peut plus simple : lire des livres anglais, certes, mais pas seulement. Titine et Lou nous invitent à plonger dans la culture anglaise à travers la littérature, le cinéma, le savoir-vivre, l’art culinaire (Oui, la gastronomie anglaise existe, si si!), les récits de voyages avec photos à l’appui… bref, tout ce qui est anglais sera à l’honneur en juin !

Plusieurs LC sont déjà programmées (je vous laisse en prendre connaissances chez Titine) et la page FB consacrée au Mois Anglais a rouvert ses portes.

Pour cette nouvelle session, je me suis dit que c’était l’occasion rêvée pour attaquer de plein fouet ma PAL spéciale auteurs english. Autant le dire, ma PAL doit comporter au moins 60% d’auteurs anglais, autant dire que j’ai le choix !

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"Cranford" Elizabeth GASKELL (LC)


gaskell cranfordDisons pour commencer, que Cranford est aux mains des Amazones ; au-dessus d’un certain loyer, ses demeures ne sont occupées que par des femmes. (p.7)

Dès cette première phrase, le ton est donné. Le roman est constitué de chapitres narrant chacun une anecdote s’étant déroulée à Cranford. La narratrice est une jeune femme qui rend régulièrement visite à son amie Miss Maty Jenkyns, et cela durant plusieurs années. Hébergée par son amie, elle est au centre de tout ce qui se dit dans ce petit village. Les ragots et les histoires des unes et des autres atterrissent toujours, par l’intermédiaire d’autres amies, dans le salon de Miss Maty. Ainsi, au fur et à mesure des chapitres, suivons-nous les aventures sentimentales, pécuniaires ou sociales des habitantes de Cranford.

Comme dans Les Confessions de Mr Harrison, le ton est satirique, un humour très anglais qui m’a également fait penser aux romans d’Agatha Christie mettant en scène Miss Marple. S’il n’est pas question de meurtre et d’enquête policière dans le roman de Gaskell, le principe selon lequel de vieilles filles de la bonne société sont au courant de tout sans sortir de chez elles est le même.

Dans ce village où les femmes issues de la bonne société sont majoritaires, les codes sociaux sont très prégnants : on ne parle pas d’argent dans la rue ; on ne fait pas état de ses sentiments ostensiblement ; on prend soin de bien s’habiller pour recevoir ses amies pour le thé de l’après-midi, on dissimule ses menues économies, etc. La plupart des confessions et des révélations se fait, bien sûr autour d’un thé tout en jouant aux cartes. L’entre-aide, la compassion sont des vertus souvent valorisées. L’amitié entre ses femmes est forte et belle.

Le regard de la jeune narratrice sur ses amies de Cranford est quelque peu distancié. N’habitant Cranford que de façon épisodique, à chacune de ses nouvelles visites elle prend connaissance des nouvelles péripéties qui ont agité le village tout en en racontant la suite. Bien que clairvoyante et parfois quelque peu ironique sur les comportements de ses amies, ses commentaires sont toujours charitables. La voix de la narratrice peut être associée à la voix de l’auteure elle-même.

Dans ce roman, Gaskell donne une vision ironique du mariage qui apparaît bien souvent comme le plus grand maux qui risque de toucher la femme :

- Se marier ! s’écria encore une fois Miss Maty. ça alors ! Cette idée ne m’était même pas venue. Deux personnes que nous connaissons vont se marier ensemble. Le danger se rapproche ! (p.219)

L’homme est souvent perçu uniquement que comme un défenseur potentiel de la femme ou un être capable de résoudre les problèmes d’intendance. La société féminine de Cranford se satisfait parfaitement d’elle-même. Ces femmes vivent leur célibat avec bonheur et le mariage est dénoncé comme la pire chose qui puisse leur arriver. Cette dénonciation toute ironique du mariage si elle fait sourire bien souvent n’en est pas moins efficace. Certes ces charmantes dames nous apparaissent quelque peu superficielles, n’étant préoccupées que des ragots de village, de leur tenue et de leur tricot, et en cela nous pourrions y lire également une critique de cette bonne société, mais Gaskell insiste sur leur bon cœur, la fidélité de leur amitié ainsi que sur leurs conditions de vie souvent difficiles (manque de revenu, regret de la maternité, tristesse de la perte de leurs proches). Ces femmes acceptent leur sort et s’en contentent, il n’y a pas chez elles de revendications féministes ou d’engagement particulier. Gaskell dresse un portrait social d’une certaine société de province avec humour et tendresse.

Ce roman, parfois un peu bavard cependant, est souvent drôle et l’on s’attache à toutes ces femmes. L’espace de quelques pages, nous vivons aussi à Cranford et participons à leurs histoires avec bonheur.

Merci à Titine grâce à qui j’ai reçu ce roman lors d’un concours en partenariat avec 10/18.

Cette lecture s’est faite dans le cadre d’une grande LC. Pour connaître les avis des participantes suivantes, il vous suffira de cliquer sur les liens (cependant les liens parviendront petit à petit au cours de la journée, donc il vous faudra un peu de patience, d’autre part, certaines qui avaient déjà lu Cranford ont opté pour un autre roman de Gaskell) : LouVirgule - Valou – Céline – Emma - Solenn – Sharon – Alexandra – Paulana – Emily – Titine - Plumetis Joli – Anis - Syl. – ClaudiaLucia - Christelle – Jelydragon -

Roman lu également dans le cadre du Challenge God save the livre et du Challenge Victorien.

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"Le Miroir se brisa" d’Agatha CHRISTIE


christie le miroir se brisaLe neveu de Miss Marple, soucieux du bien-être et de la santé de sa tante, lui a envoyé une aide à domicile. Miss Knight, prévenante à l’excès, agace prodigieusement la vieille dame qui s’en débarrasse en l’envoyant faire ses courses dans tous les coins de St Mary Mead. Le village est d’ailleurs en plein effervescence car le réalisateur Jason Rudd et son actrice de femme, la magnifique et célèbre Marina Gregg, viennent d’acquérir Gossington Hall de sinistre mémoire depuis qu’un cadavre avait été retrouvé dans la bibliothèque de la grande demeure alors propriété du couple Bentry, amis de Miss Marple, quelques années auparavant (Le Cadavre dans la bibliothèque). Pour la fête anniversaire des Ambulanciers de St John, une réception est organisée par le couple célèbre. La présidente de l’association, grande admiratrice de Marine Gregg, Mrs Badcock trouve la mort après avoir avalé un cocktail. L’inspecteur Delmot Craddock, de Scotland Yard, va donc, avec l’aide de Miss Marple, tenter de faire la lumière sur ce crime étrange. Pourquoi avoir assassiné cette femme simple et peut-être un peu trop bavarde ? Ne se serait-on pas trompé de victime ?

Ce fut un plaisir de retrouver les personnages du Cadavre dans la bibliothèque. J’aime quand les livres se répondent. Certes il est peu probable que plusieurs crimes, même à quelques années d’intervalle, se produisent dans un même lieu, mais qu’importe, le lecteur se sent en pays connu.

Miss Marple, un peu diminuée par une bronchite qui l’a affaiblie, déprime au contact de Miss Knight, mais ce couple antithétique provoque des scènes assez drôles. La vieille dame ne supporte pas que Miss Knight s’adresse à elle en disant "nous", ou encore qu’elle la considère comme grabataire. Tandis que l’aide-malade lui concocte des laits de poule, en cachette, Miss Marple sort son whiskie.

Comme dans les autres romans la mettant en scène, Miss Marple, tout en restant dans son fauteuil près de la fenêtre, est au courant de tous les ragots du village. Si on se perd un peu dans tous les noms des différents personnages secondaires, habitants de St Mary Mead et du nouveau quartier avec ses maisons modernes, j’ai aimé cette espèce de téléphone arabe à l’anglaise qui court tout au long du roman. Chacun y va de ses ragots et tout cela arrive aux oreilles de Miss Marple. J’ai aussi apprécié la figure de l’inspecteur Craddock, qui n’a rien de la suffisance d’Hercule Poirot et qui, au contraire, prend avec sérieux les suppositions de sa vieille amie.

Le meurtre de Mrs Badcock ne sera pas le seul, et plus le roman avance plus les raisons du crime semblent s’obscurcir.

Agatha Christie se serait inspirée de l’actrice Gene Tierney pour créer son personnage de Marina. La romancière aurait été touchée par le destin de cette belle actrice qui au sommet de sa gloire avait été touchée par un drame personnel, le même qu’elle fait vivre à son personnage.

tierney gene

Elle s’interroge dans ce roman au titre révélateur, sur la double image de ces actrices qui doivent en toute circonstance montrer un visage radieux et souriant et cachant dans leur cœur des douleurs personnelles. Le titre, justement, est inspiré d’un vers d’un poème d’Alfred Tennyson, The Lady of Shalott, reprenant une légende arthurienne : la dame de Shalott était sous le joug d’une malédiction qui l’obligeait à ne voir le monde qu’à travers un miroir. Si le miroir est une métaphore, pour moi, de l’écran de cinéma, il révèle également en se brisant la femme qui se cache réellement au fond de l’actrice. Tout au long du roman cette référence au poème est présent, jusqu’aux dernières lignes qui reprennent trois vers du poème. Il rythme le roman et devient même un élément important pour la résolution de l’énigme.

Une fois n’est pas coutume (mais j’en suis super fière), j’ai devancé Miss Marple dans la résolution de l’énigme. Assez vite, j’ai deviné qui était le meurtrier et pourquoi. Mais cela ne m’a pas empêché d’apprécier ce roman, et notamment j’ai particulièrement apprécié l’humour que je trouve souvent trop absent des aventures d’Hercule Poirot. Miss Marple, dans ce roman, apparaît rebelle, et sa relation avec son médecin qui lui prescrit comme seul médicament la résolution d’un crime m’a fait sourire. Si le crime principal est bien traité, j’ai un peu regretté le traitement des deux suivants, qui sont des scènes fortes mais qui sont vite balayés d’un revers de main. J’ai un peu eu l’impression qu’ils servaient surtout à créer des rebondissements pour maintenir l’attention du lecteur.

Malgré ce très léger bémol, ce roman m’a donné envie de lire d’autres aventures de Miss Marple qui, décidément, me plait de plus en plus car on sent une plus grande liberté dans le style d’Agatha Christie et aussi moins d’ironie que dans les histoires mettant Hercule Poirot en scène.

J’aimerais à présent avoir l’occasion de découvrir l’adaptation cinématographique que m’a conseillée Enna. Il faut dire que l’affiche est alléchante car les acteurs ne sont autre que Elizabeth Taylor, Rock Hudson, Kim Novak, Tony Curtis ou encore Géraldine Chaplin et dans le rôle de Miss Marple, Angela Lansbury.

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Roman lu dans le cadre du Challenge Petit Bac (cat. objet), du Challenge La Littérature fait son cinéma, du Challenge God save the livre saison 3, du Challenge Polars et Thriller et du Challenge Agatha Christie. (oui, je sais ça fait beaucoup de challenges pour un seul livre…et encore j’aurais pu ajouter le Challenge Ô vieillesse ennemie… ben allez je l’ajoute aussi ! Ah mais il y a aussi le Challenge Romans Sous influences avec la référence au poème ! Il est efficace ce roman pour honorer les challenges :D )

challenge Petit Bac 2013Challenge La Littérature fait son cinéma 2012.  3e catégorie jpegchallenge-god-save-the-livreChallenge thrillers et polarschallenge Agatha Christiechallenge o vieillesse ennemiechallenge Romans sous influences

"Le Crime de l’Orient-Express" d’après Agatha Christie, de François Rivière et Solidor (BD)


Christie le crime de l'Orient BDGrâce aux nombreux participants du Challenge Agatha Christie, j’ai eu l’occasion de découvrir les adaptations en BD des romans de notre reine du crime. L’an dernier dans un CDI où je faisais passer des oraux de français, j’avais eu l’occasion d’en feuilleter une ou deux. Je les avais un peu oubliées jusqu’à samedi où en parcourant les bacs de BD à la bibliothèque municipale, je suis à nouveau tombée dessus. J’ai choisi Le Crime de l’Orient-Express paradoxalement parce que je connaissais l’intrigue. En effet, je voulais surtout lire cette BD pour son adaptation du roman, et comme pour les films, je préfère lire les romans avant de découvrir les adaptations.

Dans cette histoire, un homme d’affaire millionnaire, M. Ratchett, est retrouvé mort dans sa couchette, poignardé à plusieurs reprises. Le célèbre train, l’Orient-Express, se retrouve immobilisé dans la campagne à cause de la neige. En attendant le chasse-neige et la police yougoslave, le directeur du train, ami d’Hercule, lui demande de mener l’enquête.

L’adaptation en BD oblige une condensation de l’intrigue, mais aussi un rendu visuel propre au genre. Cette adaptation permet de se remémorer le roman, de voir s’incarner les différents personnages. Le dessin est académique et fidèle à l’esprit du roman. L’enquête est, d’après mes souvenirs, également fidèle. Hercule Poirot a un petit air de David Souchet, l’acteur qui incarne l’inspecteur Poirot dans la très célèbre série. De façon générale d’ailleurs, j’ai trouvé que cette adaptation était très proche des épisodes de la série.

Je trouve l’initiative intéressante et j’ai aimé lire cette BD, mais quelques points m’ont un peu déstabilisée. Tout d’abord concernant le condensé de l’intrigue. Si la première partie installe bien l’intrigue, la seconde partie, après le crime, m’a paru trop rapide et souvent trop elliptique. Hercule Poirot interroge plusieurs voyageurs, mais à chaque fois, l’interrogatoire tourne un peu court et je suis souvent restée sur ma faim. D’autre part, la multiplicité des personnages et la brièveté de leur apparition ont fait que je me suis souvent sentie un peu perdue, ayant du mal à me souvenir qui était tel et tel personnage. Nous n’avons pas le temps d’identifier un personnage que nous passons à un autre personnage. D’autant plus que certains dessins m’ont un peu déroutée : pour un des personnages j’ai eu du mal à savoir s’il s’agissait d’une femme ou d’un homme, pour une autre, j’ai l’impression qu’elle était chauve et surtout je ne suis pas parvenue à la retrouver dans la suite de l’histoire :

christie BD 2

Nous avons donc une enquête menée tambour battant à tel point que, quand la résolution arrive enfin avec la fameuse scène où Poirot réunit tout le monde pour désigner le coupable, j’avais toujours l’impression que l’enquête ne faisait que commencer. A être trop condensés, le déroulement de l’enquête et les cogitations de Poirot perdent un peu de leur pertinence. J’ai eu l’impression d’avoir sauté des étapes.

Donc, pour conclure, je dirais que cette BD est intéressante quand on s’intéresse à l’œuvre d’Agatha et qu’elle doit être lue en complément du roman. Certes après la lecture vous connaîtrez le fond de l’intrigue et le nom du meurtrier, mais pour ma part, je n’ai pas suffisamment retrouvé le sel du roman et notamment le suspens qui nous fait participer à la résolution de l’intrigue.

BD lue grâce à la Bibliothèque MunicipaleMarilyn bibliothèque

BD lue dans le cadre du Challenge Agatha Christie et du Challenge Polar et Thriller.

challenge Agatha ChristieChallenge thrillers et polars

"Nom de Code Komiko, dans la nuit de Hong Kong, tome 1" de Naomi PAUL


Paul KomikoLian est une jeune lycéenne de 16 ans, fille modèle, respectueuse des traditions et  de sa famille, bonne élève, violoniste accomplie, elle appartient à la bonne société chinoise de Hong-Kong, grâce à son père qui occupe un poste important. Mais la petite fille modèle mène une vie parallèle sous le pseudo Komiko. Vraie hacker, elle appartient à un groupe dissident le 04/06 (date des évènements de Tian’anmen) qui se donne pour mission de faire tomber les entrepreneurs bafouant les droits de l’homme. Et justement quand Lian et son amie découvrent le corps d’une jeune fille sur une plage aux abords de l’usine de Harrison, américain qui vient de s’implanter à Hong-Kong, elle sent bien que quelque chose de louche est en train de se tramer.

Lors d’un repas professionnel avec son père, Lian va être amenée à rencontrer non seulement M. Harrison, mais également son fils, Matt. Quelle ne sera pas sa surprise quand, le lendemain, elle voit apparaître Matt dans sa classe au lycée !

Lian/Komiko m’a accompagnée durant tout le week-end. Voilà un roman à la fois plein d’action, de rebondissements et de coups de théâtre qui est vrai plaisir de lecture. Même si j’ai été moins naïve que Lian et ai découvert les dessous de l’histoire, j’ai vraiment beaucoup aimé ce roman qui nous plonge dans Hong-Kong, dans ses rues et ses quartiers, ses traditions. Lian n’est pas un personnage lisse, malgré son côté bonne élève. L’univers des hackers est assez bien rendu et l’intrigue est bien ficelée. Les personnages secondaires sont tout aussi intéressants, et notamment le beau Matt qui réserve bien des surprises.

J’aurais juste un petit bémol sur un emploi étrange des points virgules et sur quelques coquilles disgracieuses, c’est un peu dommage surtout pour un roman jeunesse.

Ce premier tome d’une série est donc une belle mise en bouche et je crois qu’avec Penelope et Enola, Lian, vient de rentrer dans le cercle de mes amies littéraires. J’ai très envie de la retrouver dans la suite de ses aventures, car la fin de ce tome préfigure une suite que j’espère tout aussi passionnante. L’héroïne étant une fille, on peut supposer que ce roman s’adresse davantage à de jeunes lectrices. J’ai aimé aussi que le monde de l’informatique et des hackers ne soit pas présenté, comme souvent, comme uniquement masculin. Cette Komiko est une jeune fille courageuse, rusée et intelligente, elle mérite d’être connue !

Et pour vous faire saliver regarder cette petite bande annonce :

Roman lu dans le cadre du Challenge Dragon, du Challenge 1% Rentrée Littéraire cat. jeunesse et du Challenge Polar et Thriller.

challenge dragonchallenge 1% littéraire 2012Challenge thrillers et polars

Merci aux éditions Flammarion !

"Le Couteau sur la nuque" d’Agatha CHRISTIE


christie le couteau sur la nuqueVoilà bien longtemps que je n’avais pas ouvert un bon vieux roman d’Agatha, et pourtant je n’ai que l’embarras du choix puisque ma PAL n’en comporte pas moins de 30. Mon dévolu s’est porté sur Le Couteau sur la nuque, un roman acheté récemment et qui n’a même pas eu le temps de passer par la case PAL, décidément ça devient une habitude et ce n’est pas comme cela que je vais m’en sortir. Toutefois, à la vitesse avec laquelle j’ai lu ce roman-ci, je me dis que vider ma PAL des romans d’Agatha devrait être assez facile. Commencé hier après-midi, je viens de le finir aujourd’hui vers 14h. Autant vous dire que voilà une affaire rondement menée. Il faut préciser que retrouver Hercule et son acolyte Hastings est un tel plaisir que j’ai eu bien du mal à lâcher mon livre pour faire autre chose. L’autre chose étant, dans ces cas-là, toujours nettement moins passionnant.

Le narrateur de l’enquête est donc Hastings qui se charge de relater les éléments de l’enquête concernant l’assassinat de George Alfred Saint Vincent Marsh, baron Edgware. Cet homme, connu pour son caractère désagréable et sa légère folie, a été tué d’un… vous vous en doutez… coup de couteau sur la nuque. Tous les soupçons se portent sur son épouse, Jane Wilkinson, célèbre actrice narcissique, connue, elle, pour savoir manipuler les hommes. Elle a en effet été aperçue le soir du crime pénétrant dans le bureau-bibliothèque de son cher mari. Or, cette même Jane Wilkinson avait la veille chargé Hercule Poirot d’intercéder en sa faveur auprès du baron afin de le convaincre de lui accorder le divorce. Le discours de la jeune femme avait alors quelque peu surpris notre célèbre enquêteur puisqu’elle affirmait ouvertement avoir envie de tuer son mari pour en être enfin débarrassée. Une fois la découverte du crime, Hercule Poirot, bien évidemment, ne peut résister à vouloir faire la lumière sur ce crime.

Agatha est une petite maligne, nous le savons tous. Tout en nous donnant des indices, en nous laissant croire que nous allons prendre par défaut son Hercule, elle nous laisse nous embrouiller nous-mêmes. Ainsi nous sommes comme Hastings, nous finissons pas soupçonner tout le monde, nous faisons des déductions fausses et ne comprenons pas grand chose à celles de Poirot. Oui, Hastings est pour moi un double du lecteur et c’est pourquoi j’aime assez ce personnage. Comme lui, les remarques un peu désagréables que lui lance Poirot, me vexent et comme lui, à la fin, je suis bluffée. D’autant qu’Agatha, et ce n’est pas la première fois que je le remarque, utilise ce que John Curran (Les Carnets secrets d’Agatha Christie) appelle le double bluff. En bref, elle a l’art de nous rouler dans la farine deux fois !

Les romans d’Agatha Christie se lisent toujours avec intérêt parce qu’ils nous demandent attention et font appel à notre intelligence tout en nous divertissant. En commençant un de ses romans, je me dis toujours : "Cette fois, je vais trouver le meurtrier", je me concentre, j’essaie de noter chaque détail, chaque indice et à chaque fois, à la fin, je réalise que je me suis trompée de coupable. Mais finalement ce n’est pas bien grave, bien au contraire.

Hercule Poirot est, dans ce roman, fidèle à lui-même : fière de lui à outrance, sentencieux, donneur de leçon, légèrement désagréable avec Hastings et moqueur envers ce cher inspecteur Japp qui, le pauvre, est encore pire que Hastings et Scotland Yard en prend alors pour son grade.

Cependant, est-ce dû à la traduction de mon édition un peu ancienne (réédition de 1979 d’une 1ère traduction de Louis Postif datant de 1936), j’ai trouvé le style particulièrement plat. S’il reste efficace dans la relation des faits, il est un peu décevant par son manque de consistance. Le roman a depuis été retraduit en 1991 par Pascale Guinard, peut-être la nouvelle traduction est-elle meilleure. Mais ne boudons pas notre plaisir. Comme toujours les romans d’Agatha Christie ont l’art de me donner une soif de lecture accrue et cela même si ma soif en ce moment est à son apogée.

Livre lu dans le cadre du Challenge Petit Bac 2013 (cat. partie du corps), du Challenge Thrillers et Polars, du Challenge God save the Livre et bien sûr du Challenge Agatha Christie.

challenge Petit Bac 2013Challenge thrillers et polarschallenge-god-save-the-livrechallenge Agatha Christie

"Les Confessions de Mr Harrison" d’Elizabeth GASKELL


gaskell les confessionsOn me traite parfois de tentatrice, mais à tentatrice, tentatrice et demie, car il y a pire que moi sur la blogosphère littéraire, il y a Titine ! C’est en effet essentiellement grâce à elle (je suis reconnaissante je ne dis pas "à cause") que le nom d’Elizabeth Gaskell m’a été révélé, et voilà longtemps que je voulais enfin lire une de ses œuvres que le blog de Titine évoque si souvent et en termes alléchants ! C’est aussi grâce à elle que j’ai remporté un autre roman de cette auteure anglaise : Cranford, lors d’une petit concours, grâce à elle aussi que j’ai acheté Nord et Sud et bien évidemment ce court roman ou cette longue nouvelle. La tentation était tellement forte que Les Confessions de Mr Harrison n’a même pas eu le temps de passer par la case PAL, c’est vous dire !

Mr Harrison, fraîchement diplômé de la célèbre faculté de médecine de Londres, s’installe dans le petit village de Duncombe sur l’invitation d’un cousin de son père, qui souhaite partager avec lui sa clientèle. Jeune homme sérieux, il écoute les conseils du docteur Mr Morgan afin de s’attacher la bonne considération des habitants et donc futurs patients. Mais dans ce petit village, Mr Harrison va vite se rendre compte que les ragots vont bon train et que la gente féminine en est friande.

Le récit est, comme le titre l’indique, une longue confession de Mr Harrison à un ami, Charles, venu le visiter et qui lui demande instamment comment il s’est fait aimer de son épouse : Raconte-moi comment tu t’y es pris pour gagner son cœur (p.7). Cette confession est essentiellement drôle, car le regard du héros sur cette petite bourgade anglaise est à la fois celui d’un Londonien découvrant la province, mais aussi celui d’un homme à présent marié et installé reconsidérant les évènements qui ont marqué sa rencontre avec sa femme et donc un regard quelque peu distancié qui permet l’humour.

Elizabeth Gaskell dresse un portrait satirique des mœurs de village : les ragots colportés par les commères ; les préjugés sur les Londoniens mais aussi sur les provinciaux, etc. Elle met en place toute une galerie de portraits : la veuve qui ne cesse de parler de feu son époux ; la vipère toujours prête à nuire au nouvel arrivant ; la mère voulant désespérément marier sa fille pour en être débarrassée ; le vieux médecin de campagne (on est loin de Balzac toutefois!) légèrement paternaliste, etc. Ce sont essentiellement les femmes qui sont au centre de ce roman, et ce pauvre Mr Harrison va être pris d’assaut par une armée de valkyries. Le récit des circonstances qui ont amené Mr Harrison à se marier est jubilatoire. Le pauvre semble être perdu dans une contrée inconnue, se confrontant à des mœurs obscurs, ne sachant plus comment réagir. Cerné par les femmes, il risque bien d’être vampirisé.

L’autre intérêt de ce roman est aussi la vie des médecins de campagne à l’époque et la différence des pratiques entre le vieux médecin de province et celles du jeune diplômé londonien au fait des nouveaux traitements. Les oppositions entre Mr Morgan et Mr Harrison restent encore très modernes, leur pratique de la médecine repose sur des principes différents, mais chacun va découvrir les valeurs de l’un et de l’autre et va ainsi améliorer ses propres méthodes. Mr Harrison bénéficiera de l’expérience de Mr Morgan, et ce dernier se montrera moins timoré et méfiant envers les nouveaux traitements.

Il y a dû y avoir un réel amusement de la part d’Elizabeth Gaskell à écrire ce court roman, cela se sent dans son écriture et transparaît parfaitement à la lecture. Ici pas de tourments amoureux poignants, et même si certains épisodes sont plus émouvants, l’auteure ne s’y attarde pas trop préférant reprendre un ton plus enjoué. Les imbroglios amoureux souvent présents dans les romans de l’époque sont ici traités avec humour et fantaisie et tout finit, comme tout bon roman, par de beaux mariages. Elizabeth Gaskell semble s’être amusée à écrire ici un roman parodique des romans de l’époque, poussant plus loin encore l’humour d’une Jane Austen sur les mœurs de la bourgeoisie provinciale.

Roman lu dans le cadre du challenge God save the livre et du challenge Victorien (of course !).

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