"Coup de foudre à Austenland" Shannon HALE


Hale AustenlandJ’attendais avec impatience la parution de ce roman qui apparaissait comme une austenrie réussie et sur lequel j’avais lu des avis assez favorables. J’ai eu la chance qu’il me soit proposé par les Editions Charleston, je me lançais donc dans la lecture avec plaisir, mais j’ai assez vite déchanté.

Jane Hayes est une New-Yorkaise moderne. Citadine, engagée dans son travail, elle multiplie pourtant les échecs amoureux. Bien qu’ayant eu plusieurs histoires d’amour, aucune n’a su la combler car elle court après un image idéalisée de l’homme : Colin Firth dans le rôle de Mr. Darcy. Elle se passe et se repasse l’adaptation d’Orgueil et préjugés par le BBC, comme on se fait des shoots de drogue. Honteuse (je ne vois pas vraiment pourquoi!), elle cache son DVD dans une plante verte (????). Sa tante décède et lui offre en héritage un séjour en Angleterre, à Pembrook Park, dans un lieu très étrange qui reconstitue l’ambiance des romans de Jane Austen, lieu dans lequel les vacanciers doivent vivre selon les codes de l’Angleterre de la fin du XVIIIème siècle. Ce petit séjour a pour but de la soigner de son addiction, de la confronter à son obsession.

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Challenge Edith Wharton, bilan et prolongation !


challenge Edith WhartonC’est un billet de Marie qui m’a fait penser que je n’avais pas fait le bilan de ce challenge et pire, que ce challenge avait pris fin le 30 avril ! L’année est, une fois de plus – et j’ai l’impression que plus les années passent plus elles passent vite – passée bien rapidement et comme toujours, je n’ai pas lu tout ce que j’avais prévu de lire pour ce challenge. Je vais donc opérer une prolongation totalement égoïste, en espérant qu’une année supplémentaire me permettra de sortir les 10 livres de Wharton qui dépérissent dans ma PAL – oui, je sais c’est une honte !

Vous avez donc la chance d’obtenir 365 jours supplémentaires à partir d’aujourd’hui. Nouvelle date de fin prévue le 5 mai 2014 !

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"La vie à deux" Dorothy Parker


parker la vie à deuxCe recueil de nouvelles (recueil que j’avais pris pour un roman) est dans ma PAL depuis août 2010, oui bientôt 3 ans, autant vous dire que je suis bien contente de l’en faire enfin sortir. Ce livre est l’exemple de ces ouvrages que j’achète un peu par hasard, parce que je trouve la couverture très belle et que le sujet me parle. Cette lecture fut donc une réelle découverte, et une découverte très heureuse.

Pourtant, quand je l’ai ouvert et ai découvert qu’il s’agissait de nouvelles, mon enthousiasme a été un peu freiné. Je ne suis pas une grande fan des nouvelles, vous le savez, mais, dès la première nouvelle, j’ai senti que j’allais aimer ce livre.

Dorothy Parker est née et morte aux Etats-Unis (1893-1967), auteure et scénariste (elle a collaboré aux scénario d’Une étoile est née ou encore à des films d’Otto Preminger et d’Alfred Hitchcok), elle fut aussi chroniqueuse littéraire au New-Yorker.

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"Le Mystérieux Mr Kidder" Joyce Carol OATES


Oates KidderKatya a 16 ans, elle est embauchée comme nounou durant l’été dans une station balnéaire, Bayhead Harbor, dans le New Jersey. Elle s’occupe des enfants du couple Engelhardt, nouveau riche, assez désagréable et soupçonneux envers Katya. Alors que Katya admire une vitrine de dessous, elle se fait accoster par un homme de 68 ans, poli, respectueux, d’allure élégante. Ses phrases un peu désuètes amusent la jeune fille, mais elle reste méfiante. Élevée dans une famille qui ne l’a jamais valorisée, abandonnée par son père dans son enfance, elle a grandi entre une mère ayant sombré dans l’alcoolisme et le jeu, dans une petite ville de province sans intérêt où ses amours se résument à violence, et drogue. Mais Katya est une jeune fille à la fois naïve en quête d’amour, et déjà consciente de la noirceur de l’existence : la concupiscence, la soumission de la femme aux désirs masculins, le mépris des classes riches. L’attention et le respect de Mr Kidder envers elle, la flatte. Mr Kidder l’invite chez lui à plusieurs reprises. Il jouit d’une aura prestigieuse : artiste, écrivain, homme d’affaires reconnu à Bayhead Harbor, riche, il propose à la jeune fille de poser pour lui. Si la jeune fille est séduite, elle ne se départ pas d’un sentiment de malaise : Mr Kidder est-il un homme respectable tombé sous le charme de Katya ou n’est-il qu’un vieux pervers ? (en savoir plus…)

"Journal d’un dégonflé : Carnet de bord de Greg, tome 1" de Jeff KINNEY


Aujourd’hui, je laisse Antoine présenter son avis sur le livre qu’il vient de finir. Antoine, à toi !

Kinney journal d'un dégonflé tome 1Greg rentre en 5e. Un jour sa mère lui offre un carnet de bort. Il va écrire ses aventures au collège et chez lui.

Un jour je serai célèbre, mais en attendant, je suis coincé au collège avec une bande de débiles.

AVIS :

J’ai bien aimé quand ils ont fait halloween parce que ils ont été poursuivis par des fous, c’était rigolo.

Greg va s’inscrire en agent de sécurité du collège, avec son copain Robert, son devoir est de ramener les enfants de maternelle chez eux. Un jour, Robert est malade, Greg s’ennuie et décide de faire peur aux petits. Une dame le surprend qui croit que c’est Robert. Donc se fait priver d’agent de sécurité pendant une semaine. Une semaine plus tard, les deux amis décident de ne plus faire agent de sécurité car ils doivent se lever tôt le matin et que c’est trop compliqué.

Ce qui m’a plu, c’est aussi l’écriture et les dessins. L’écriture donne l’impression que c’est bien celle de Greg et donc qu’on lit vraiment son cahier. Les dessins ressemblent aux dessins de BD, c’est sympa et cool.

J’ai trouvé que quand Greg faisait peur aux petits c’était amusant.

Greg est un bon copain et un super type. J’ai hâte de lire le tome 2 et de connaître la suite de ses aventures au collège et à la maison.

Merci Antoine !

"Les Roses de Somerset" de Leila MEACHAM


Meacham les roses de somersetMary Toliver est une femme âgée quand s’ouvre le roman, mais on devine quelle belle femme elle fut et quel caractère décidé elle a encore. Sentant la mort approcher, Mary souhaite déposer un codicile auprès de son notaire et ami Amos Hine. Alors qu’elle avait toujours prévu de léguer sa plantation de coton à sa nièce Rachel, Mary aujourd’hui fait marche arrière. Évoquant une malédiction familiale qui a toujours touché les membres de la famille Toliver qui avait hérité du domaine, Mary cherche ainsi à préserver la jeune femme. Mais en quoi consiste exactement cette malédiction et quelle est l’histoire de cette famille et donc de Mary, c’est ce qui va être raconté dans cette saga d’un peu plus de 500 pages.

Au commencement il y a l’amitié de trois garçons : Percy, Ollie et Miles (frère de Mary). Leurs pères se sont installés à Howbutler au Texas où ils ont développé leurs affaires : le père de Percy Warwick, une scierie, celui d’Ollie un commerce de vêtements et celui de Miles et de Mary, une plantation de coton. Au cours des années, cette amitié va durer, avec un rituel en cas de dispute, un échange de roses : des rouges pour demander pardon, des blanches pour l’accepter.

Composé en quatre parties, le roman de Leila Meacham est une histoire romanesque dans le sens plein du terme : amour, héritage, trahison, courage, peines, sacrifice, dévouement, tous les ingrédients sont là pour rendre cette lecture efficace. On ne peut s’empêcher de penser à Autant en emporte le vent et sur bien des aspects Mary est un double de Scarlett, même si elle n’a pas l’ampleur de son modèle. Cette comparaison m’a un peu poursuivie durant toute ma lecture, biaisant sans doute mon appréciation du roman. Certes il n’y a qu’une Scarlett O’Hara, mais ce roman a ses propres qualités.

L’intérêt premier de ce roman est une composition non linéaire et à plusieurs voix, ce qui permet au lecteur différents points de vue à la fois sur l’héroïne principale (Mary) mais aussi sur le fond même de l’histoire. Cette histoire d’amour contrariée et douloureuse entre Mary et Percy séparés par une passion pour une plantation de coton que l’on se dispute et qui est, sans doute, finalement, le personnage principal de ce roman, tient la plupart de ses promesses. Le second intérêt vient des personnages auxquels on s’attache au fil des pages, dont on suit les péripéties, les joies et les douleurs avec émotion.

Toutefois, je reste un peu dubitative sur certains points de l’intrigue que j’ai trouvé parfois non aboutis, un peu tirés par les cheveux, quelques péripéties un peu too much qui dramatisent à outrance sans que cela soit vraiment nécessaire. J’aurais aimé plus de sobriété par moment et à d’autres plus de développement. Roman sans prétention et qu’on lit sans se poser de question emporté par la vie de ses personnages, par l’entêtement de Mary, l’amour de Percy, le dévouement aveugle d’Ollie et la haine aussi d’autres personnages. Il est vrai que je recherche souvent un peu plus dans les romans que je lis, mais, sans bouder mon plaisir, je peux dire que vivre un peu sur cette terre du Texas de 1916 à nos jours fut un voyage assez agréable cependant.

Merci à la toute jeune maison d’édition Charleston, dont le mot d’ordre est "la maison d’édition qui vous donne la joie de lire" et auquel ce roman correspond bien.

Roman lu dans le cadre du Challenge Lire sous la contrainte (couleur), du Challenge Amoureux saison 3 (cat. Amours Romanesques).

sous la contrainte (couleur)Challenge Amoureux saison 3

"Les Fantastiques Livres Volants de Morris Lessmore" de William Joyce


livres volant couvertureJ’ai découvert ce livre hier et je ne résiste pas à vous le présenter dès ce matin tant il est fabuleux. Avant d’être un livre, l’histoire de Morris Lessmore et de ses livres volants a été un court métrage que j’avais vu grâce à une amie qui me l’avait fait découvrir sur FB. J’ai donc été ravie de découvrir qu’à partir du court métrage un album avait été créé.

Pour des amoureux du livre comme nous, cet album est une pure merveille et pour nos enfants, un émerveillement (Antoine et Eliot l’adorent!).

Morris Lessmore écrit dans un livre sa vie, ses connaissances. Un jour un ouragan détruit la ville qu’il habite et transforme les couleurs en noir et blanc . Il erre alors au hasard, et croise une jeune femme tout en couleurs, suspendue à des livres volants comme à un cerf-volant. Avant de disparaître dans le ciel, elle lui envoie son livre préféré, celui-ci mène alors Morris vers une bibliothèque où les livres bruissent, marchent, jouent du piano. Morris retrouve ses couleurs. Une nouvelle vie commence au milieu de ces livres qui deviennent ses meilleurs amis.

livres volants la biblio

La lecture devient une passion. Morris est absorbé par ses lectures. Il répare les vieux livres comme un médecin, mais ce qui ranime un livre est, il le comprend bien, la lecture. Un livre qui n’est pas lu est un livre mort. Petit à petit, les habitants de la ville détruite arrivent à la bibliothèque de Morris. Il leur prête ses livres. Quand les habitants se mettent à lire, les gens retrouvent leurs couleurs.

Cet album est autant un hymne à la lecture qu’aux livres. La tristesse est oubliée par la lecture, et les livres survivent s’ils sont lus. Les illustrations sont magnifiques et cette bibliothèque est un paradis de lecteur.

livres volants morris lisant 2

Sensible, drôle, cet album restitue la magie de la lecture et rend les livres vivants et attachants, ils apparaissent comme des amis fidèles qui émerveillent les enfants, consolent les vieilles dames, etc. Mais cet album, et le symbole de la bibliothèque le montre bien, vante aussi le bonheur de transmettre. Morris est un passeur de lecture et le bien qu’il fait en prêtant ses livres touche aussi bien les gens que les livres eux-mêmes.

Un très bel album pour les grands et les petits, un album qui fait du bien, un message d’espoir autour de la lecture que je ne peux que vous conseiller.

Pour vous donner encore plus envie de vous offrir cet album magnifique et enchanteur, je vous laisse regarder le court métrage en cliquant sur le lien ci-dessous :

La fantastique histoire des livres volants par Sorslepopcorn

Album lu dans le cadre du Challenge Le Nez dans les livres.

challenge-le-nez-dans-les-livres

"L’Enigme Vélasquez" de Michael GRUBER


gruber l'énigme vélasquezRaconter l’intrigue de ce roman est très compliquée, tant s’entremêlent mille et un fils. Le roman est partagé en deux récits à la première personne. Il s’ouvre et se ferme sur le récit du narrateur, qui retrouve son ami Chaz lors d’une vente aux enchères d’un tableau miraculeusement découvert de Vélasquez, un tableau appartenant à une série perdue dont seul le Vénus à son miroir aurait subsisté :

vélasquez venus au miroir

Chaz apparaît très perturbé, un peu désorienté, il confie au narrateur plusieurs CD dans lesquels il raconte une série d’évènements étranges qui lui sont arrivés ses derniers mois. L’objet principal du roman est donc le récit de Chaz, peintre qui, s’il est particulièrement talentueux, ne parvient pas à se décider à vendre ses tableaux, à les exposer dans des galeries. Il refuse l’aspect commercial de la peinture.

Tout commence quand il a accepté de participer à l’expérimentation médicale d’une drogue, la salvine, censée développer la créativité. Lors des injections du produit, qui se font en milieu médical, Chaz se retrouve au XVIIème siècle dans la peau de Vélasquez. Au fil des séances, les effets sont de plus en plus forts, à tel point qu’il finit par être évincé des essais. Est-ce dû à des années de prises de drogue que Chaz semble particulièrement sensible à ce genre de substances ? Malgré l’arrêt des injections, la salvine semble faire encore effet, et les épisodes où Chaz se retrouve dans la peau de Vélasquez reviennent régulièrement, suivis parfois de phases d’amnésie. Bien que perturbé par ces voyages dans le temps, Chaz y prend goût, découvrant ainsi les secrets du grand peintre. Parallèlement, Chaz est contacté pour un négociant d’art allemand, qui va lui proposer un bien étrange contrat.

Voilà qui est posé.

Il est bien difficile de parler de ce roman classé Thriller (c’est ce qui est écrit sur la couverture) ! Je crois que l’essentiel n’est pas tellement l’intrigue en elle-même, puisque sa résolution finalement n’a rien de spectaculaire, semble même un peu tirée par les cheveux. Pour moi, tout l’intêret de ce roman réside essentiellement dans cette peinture (c’est le cas de le dire) du milieu de l’art : les peintres modernes et baroques, les galeries, les négociants, les faussaires, les musées (New-York, Venise, Rome, etc.), les tableaux évoqués, les techniques picturales. C’est un roman sur l’art et accessoirement un thriller. Il ne faut donc pas s’attendre à une lecture haletante, à des rebondissements spectaculaires, mais plutôt se dire que cette lecture va vous permettre de plonger dans une atmosphère artistique passionnante.

La vie de Vélasquez, peintre officiel du Roi d’Espagne, nous est racontée de l’intérieur. J’ai appris énormément de choses sur sa vie, son œuvre, sa façon de travailler, son amitié avec Rubens, ses relations avec le pouvoir. J’ai aussi été intéressée par tout ce qui touche les faussaires, la disparition de certaines toiles pendant la guerre, ces toiles de grands maîtres volées par les Nazis et non restituées.

Le problème est peut-être la multiplicité des thèmes abordés qui finit par créer un roman complexe, un brin fouillis, surtout si on rajoute à cela l’aspect voyage dans le temps, le thème de la folie et celui du baroque (la vie est un songe comme dirait Calderón).

J’ai regretté aussi, sur la fin, une certaine lenteur et quelques longueurs ainsi que certaines révélations qui semblent arriver comme un cheveu sur la soupe.

Vous l’aurez compris ce roman est passionnant sur plusieurs aspects, mais peut entraîner une certaine lassitude. Pourtant je ne peux pas dire que je me sois réellement ennuyée, je reconnais à l’auteur une grande érudition et un vrai intérêt pour son sujet qu’il parvient à communiquer à son lecteur. On en ressort moins bête, avec la sensation d’avoir développé ses connaissances. Comme tout le monde je connaissais quelques tableaux de Vélasquez, mais grâce à ce roman, il m’est devenu plus familier.

Autre attrait important, nous voyageons dans des villes splendides : Madrid, Venise, Rome, notamment, que nous abordons sur le thème de l’art ce qui est certainement la meilleure façon de les aborder.

Une lecture en demie teinte qu’il ne faudrait cependant pas bouder.

Roman lu dans le cadre du Challenge Thriller et Polars et du Challenge Il Viaggio.

Challenge thrillers et polarschallenge il viaggio

macaron-cherche-midi

Merci aux Éditions du Cherche-Midi

"Le Livre des Lecteurs" de George S. ZIMBEL


le livre des lecteursIl y a certains livres qu’il me plait doublement de présenter ici. Ce livre de photos fait partie de ceux-là. Il m’a été offert par mes amies du Club des Lectrices pour mon anniversaire et il a pour sujet ce que je suis et ce que j’aime. Il s’agit de photos que George S. Zimbel a prises tout au long de sa vie. Grand lecteur lui-même depuis son enfance, fidèle des bibliothèques publiques comme universitaires, George S. Zimbel a photographié partout et tout le temps des lecteurs dans la rue, au restaurant, dans des bibliothèques, sur un banc, etc. Ce livre magnifique retrace son parcours de photographe-lecteur.

L’édition de ce livre est magnifique. En version bilingue, la mise en page est parfaite faisant la part belle aux images, aux instantanées de la vie des lecteurs et de la lecture, de toutes les lectures : celle des livres, des journaux, des partitions de musique, des livres de prière, des listings, de dossiers, etc. La lecture apparaît partout, dans des lieux et des situations parfois incongrues. Au centre, se trouve un petit fascicule de Dany Laffière intitulé : Journal d’un lecteur en dix instantanés, dix souvenirs de lecture.

Plusieurs photographies sont dédiées aux bibliothèques : les fichiers papier que j’ai un peu connus en BU et qui aujourd’hui ont sans doute disparu.

J’ai été touchée par les photographies représentant des enfants en train de lire des BD, ou celle-ci que je trouve magnifique et qui me rappelle de doux souvenirs :

zimbel bb et livre

Un livre magnifique, que je feuillette sans cesse, parfois rapidement, parfois en prenant le temps de regarder chaque détail, et qui donne une folle envie de lire et nous fait nous sentir bien. Contre tous ceux qui crient à la mort du livre, en voici un qui devrait leur prouver le contraire même si les photos en noir et blanc semblent parler d’une époque révolue, je suis certaine que, en nous promenons ici et là, nous aurions l’occasion de croiser encore de ces lecteurs des rues. Et pour conclure cette petite citation de Groucho Marx que nous confie Vickie Goldberg dans sa présentation de l’ouvrage :

Après le chien, le livre est le meilleur ami de l’homme, mais dans un chien, il fait trop sombre pour lire.

Merci les filles pour votre amitié.

Lire lu dans le cadre du Challenge Le Nez dans les Livres. Vous pouvez retrouver les avis de Delphine et de Lali.

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"Soul Kitchen" de Poppy Z. BRITE


brite soul kitchenSoul Kitchen est le troisième tome d’une série initiée par Alcool sorti en 2008, puis La Belle Rouge en 2009, tous édités au Diable Vauvert. J’avais acheté La Belle Rouge à sa sortie sans savoir qu’il s’agissait d’un tome 2 et j’ai lu le tome 3 sans lire les deux tomes précédents, mais finalement cela n’a aucune importance. Car, ces trois romans racontent trois ouvertures de restaurant et donc peuvent se lire séparément, même si, après la lecture de Soul Kitchen, j’ai très envie de lire les précédents.

Rickey et G-Man sont chefs, deux amis d’enfance devenus amoureux et associés. Dans ce dernier tome, ils dirigent leur restaurant Alcool dont le principe est d’assaisonner chaque plat à … l’alcool, forcément. Ils habitent la Nouvelle-Orléans et leur restaurant est un succès.

Le roman s’ouvre sur l’assassinat d’une restauratrice blanche et l’arrestation, à tord, de son chef, Milford Goodman, un noir, vrai génie des fourneaux. Ellipse de 10 ans. Nous sommes alors dans les cuisines d’Alcool, baignés dans les bonnes odeurs de cuisine, mais aussi dans l’animation de ce lieu et les rapports, parfois de force, entre les membres de la brigade.

Ce roman n’est pas un roman policier, mais bien plutôt une immersion dans la vie d’un restaurant et plus exactement dans la vie des cuisines d’un restaurant. C’est aussi un roman sur la Nouvelle-Orléans, sur les différences et les fortes disparités entre blancs et noirs, sur les magouilles et les entrepreneurs peu scrupuleux voire mafieux, mais bien sûr c’est essentiellement un roman sur la Cuisine.

Bien meilleur que le  En cuisine de Monica Ali, Soul Kitchen relève le double défi de nous faire découvrir la vie des cuisines d’un restaurant, l’élaboration de plats, de menus novateurs, le fonctionnement d’une brigade, tout en nous faisant découvrir la Nouvelle-Orléans de nos jours, ses rites (comme le Carnaval), les rapports entre blancs et noirs ainsi que les pots-de-vin et le système mafieux qui y règne. Mais Poppy Z. Brite va plus loin encore créant un style vif, souvent assez drôle (les pages sur la cuisine moléculaire sont mémorables!), restituant (malgré la traduction) le parlé des habitants de la Nouvelle-Orléans.

Rickey et G-Man forment un couple romanesque parfait, auquel on s’attache. Deux personnalités différentes, deux hommes qui vont évoluer au fil des pages. J’ai aimé la façon dont Poppy Z. Brite fait de ces deux personnages des personnages comme les autres, sans revendications particulières, mais intégrés dans son roman comme ils devraient l’être simplement dans toute société. Qu’ils soient homosexuels n’a aucune importance, c’est un couple avec ses soucis de couple, ses soucis personnels comme professionnels.

Le roman aurait pu s’enliser dans des descriptions sans fin de plats, mais Poppy Z. Brite y insuffle un certain suspens et des lignes fortes sur des faits qui pourtant semblent anecdotiques. Ainsi le mal de dos chronique de Rickey et son addiction à un analgésique va pourtant avoir des conséquences terribles.

Rickey va devenir consultant pour Clancy Fairbairn un de ces magnats de la Nouvelle-Orléans qui semblaient faire leur miel de la moindre entreprise locale juteuse sans être réellement associé stricto sensu à aucune d’elles (p.43). Et c’est là que les emmerdes vont réellement commencer ! Rickey doit monter le projet d’un restaurant sur un des fameux bateaux à roue. Il n’est pas vraiment dupe et sait que cette entreprise servira surtout à blanchir l’argent sale de Fairbairn, mais son idée de créer un restaurant proposant des plats du monde entier (la soul kitchen) le stimule et sera aussi l’occasion de redonner sa chance à Milford qui vient de sortir de prison. Sauf que tout ne va pas forcément se passer comme il le voudrait.

Les évènements se répondent pour tisser un roman passionnant qui nous ouvre l’appétit et titille nos papilles à la description de plats parfois bien étranges comme cette panse de porc farcie spécialité de la cuisine cajun. Grâce à Poppy Z. Brite, le lecteur se dépayse géographiquement et culinairement, que demander de plus ?

Merci aux Éditions du Diable Vauvert.

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