Gaspard, grand chef cuisinier reconnu et ayant pignon sur rue est invité à New-York pour recevoir une haute distinction, mais à la douane, les choses tournent mal et il est remis illico dans l’avion. Il rentre donc chez lui et là découvre sa femme et son comptable et ami dans son lit. Cette femme belle et distinguée qu’il pensait inaccessible, son appartement somptueusement équipé, son compte en banque bien fourni, tout cela prend alors une autre signification. Gaspard quitte tout et finit par poser son sac en Provence. Il reprend une auberge loin des sentiers battus, revient aux sources de la cuisine, lui qui ne faisait plus que superviser son restaurant parisien, remet la main à la pâte, accommode les plats typiques de la région, revient aux bases de la cuisine qui fait plaisir, qui nourrit le corps et l’âme. Dans ce nouvel environnement surgit Stella, jeune fille frêle, anorexique dont il va tomber amoureux.
Tous les articles dans la catégorie Lecture pour le Club
"Etoiles" Simonetta GREGGIO
Publié par les Livres de George le mai 11, 2013
http://leslivresdegeorgesandetmoi.wordpress.com/2013/05/11/etoiles-simonetta-greggio/
"Du domaine des murmures" Carole Martinez
Depuis le temps que l’on me parlait de ce roman, il a fallu qu’il vienne s’inscrire dans la sélection du Prix des Lectrices pour que je le lise enfin. On a sans doute déjà tout dit sur ce roman et je crains que mon avis ne soit guère original, mais j’essaie quand même.
Esclarmonde, refusant de se marier avec Lothaire, homme réputé pour trousser les jupons, demande à être emmurée et de vivre sa vie en recluse, une vie qu’elle dédie désormais à Dieu. Dans une petite geôle annexée à la chapelle Saint-Agnès, du château des Murmures, elle aura droit à une fenestrelle entravée de barreaux. Ne faisant pas vœu de silence, les gens du château ou des environs pourront venir lui rendre visite. La veille de pénétrer à jamais dans sa cellule, elle est violée, mais tait le forfait pour n’avoir pas à renoncer à ses vœux. (en savoir plus…)
Publié par les Livres de George le avril 8, 2013
http://leslivresdegeorgesandetmoi.wordpress.com/2013/04/08/du-domaine-des-murmures-carole-martinez/
"La Dormeuse de Naples" Adrien GOETZ
Je connais Adrien Goetz pour sa série policière (Intrigues à Versailles et Intrigues à l’anglaise), mais je ne l’avais pas encore lu et surtout je ne connaissais pas ce court roman proposé comme lecture commune dans le cadre du Club des Lectrices pour notre prochaine rencontre mi-avril. Titine, lors du Salon du Livre, m’a également donné quelques informations supplémentaires sur Goetz. En effet, cet auteur est aussi professeur d’histoire de l’art, il a notamment enseigné à l’École du Louvre, inutile donc de dire qu’il sait de quoi il parle.
Ce court roman est divisé en trois parties : la première partie est une confession d’Ingres, peintre ayant réalisé le fameux tableau ; la deuxième partie est un manuscrit de Corot, et enfin la troisième partie est le récit d’un peintre inconnu, élève et ami de Géricault. Trois récits autobiographiques mais totalement imaginaires qui, tous, s’interrogent sur la disparition du tableau d’Ingres, La Dormeuse de Naples.
Trois récits et trois peintres dont les aspirations artistiques sont très différentes. Ingres et ses baigneuses, Corot et ses paysages, Géricault et sa fougue, ses chevaux cabrés qui inspirèrent le romantique Delacroix qui apparaît également dans ce livre. Pourtant cette Dormeuse de Naples prend, pour ces trois hommes une importance qui va au-delà de leurs propres conceptions de l’art. Chacun semble reconnaître dans ce tableau, qui disparut dans les années 1815-1825, une sorte de perfection, comme si Ingres était parvenu à réaliser ce que Pygmalion seul, dans la mythologie, avait été capable de faire : rendre vivante une œuvre art. Ces trois peintres tombent amoureux de cette femme immortalisée. Ils sentent le velours de sa peau, sont fascinés par sa beauté parfaite.
Chacun des trois peintres (ceci est évident pour Ingres qui en est le créateur) a été amené à contempler ce tableau, et chacun s’interroge sur sa disparition mais aussi sur son modèle : qui était cette femme ? Une courtisane, une femme du peuple ou cette cantatrice devenue handicapée à la fin de sa vie ? Le mystère entourant ce tableau le rend sans doute encore plus précieux, et cette recherche devient une réelle quête du Graal.
A l’histoire de l’art se mêle l’Histoire avec un grand H : Murat, Napoléon viennent hanter le récit, mais aussi Chateaubriand ou, comme je le disais plus haut, Delacroix magnifiquement décrit dans les dernières pages. Les récits sont tous ancrés dans les décors italiens : Florence, Naples et Rome et ses environs. Un arrière plan géographique qui rend ce roman encore plus intéressant.
Adrien Goetz est parvenu à me passionner pour cette quête du tableau parfait. Les trois récits permettent également de mieux comprendre trois peintres importants de cette première moitié du XIXè siècle. Ingres nous apparaît hautain, figé dans son rôle de maître, mais Goetz nous montre aussi ses failles et ses faiblesses, le rendant un peu plus humain. Je connais moins Corot, mais ce récit m’a permis d’en apprendre davantage même s’il s’appuie sur des faits imaginaires, Goetz rend compte cependant de son oeuvre, de son amour des paysages. Enfin Géricault, peintre génial, apparaît à travers les yeux admiratifs de son ami narrateur. A travers ces trois peintres, c’est aussi une histoire de la peinture que nous donne à lire Goetz, une évolution des goûts qui mène au romantisme et notamment au romantisme de Delacroix. Ingres, reconnu pour son classicisme, s’oppose en effet à Delacroix par la couleur et les sujets traités, mais Goetz semble venir démontrer ici l’influence d’Ingres et l’admiration de ces trois peintres. Dans Impressions et souvenirs George Sand rendait compte des reproches formulés par Delacroix à l’encontre d’Ingres, j’ai trouvé dans ce court roman un écho à ces souvenirs.
Goetz nous invite dans les ateliers de ces trois grands peintres, nous décrit leur fureur de peindre, de saisir le mouvement d’un nuage, la douceur de la peau d’une femme, l’horreur aussi dans Le Radeau de la Méduse, il parvient à nous les rendre familiers et j’ai aimé partager leur vie l’espace d’une centaine de pages.
Roman lu dans le cadre du Club des Lectrices, du Challenge Il Viaggio, du Challenge Amoureux Saison 3 (cat. Amours Historiques), du Challenge à Tous Prix (Prix des Deux-Magots 2004) et du Challenge Petit Bac 2013 (cat. Lieu, NAPLES).




Publié par les Livres de George le mars 31, 2013
http://leslivresdegeorgesandetmoi.wordpress.com/2013/03/31/la-dormeuse-de-naples-adrien-goetz/
Bilan de lecture mensuel : Janvier 2013.

Janvier fut un mois résolument sous le signe de la lecture. L’année 2013 a commencé comme je le souhaitais. Lors de mon bilan annuel, j’avais fait le souhait de renouer avec des lectures personnelles, des lectures "valeur sûre" et je dois dire que j’ai été bien servie en ce mois de janvier. Je crois que ma dernière lecture de 2012 avait donné le ton.
Autre résolution 2013, faire baisser ma PAL SP. Ce mois-ci j’en ai sorti deux :
Tout d’abord Les Variants de Robinson Wells, paru chez MSK, collection jeunesse des éditions du Masque. Voilà un roman dystopique au suspens haletant. Comment un jeune adolescent se retrouve enfermé dans un collège totalement géré par des adolescents violents. Un premier tome prometteur.
Le second est également un roman jeunesse paru chez Flammarion : Code Komiko : dans la nuit de Hong Kong, tome 1 de Naomi Paul. Komiko est une hackeuse qui pourfend les industriels peu soucieux des droits de l’homme. Avec ses amis, elle vit une double vie : jeune fille rangée, violoniste de talent, une fois seule elle est la reine du clavier et se révèle une justicière courageuse. Une héroïne comme je les aime.


Ma participation au Club des Lectrices m’a permis de découvrir deux auteurs que je ne connaissais que de nom. Le premier roman pour le Club en lui-même, le second pour le Prix des lectrices, prix créé par le Club. Ces deux lectures sont malheureusement les deux seules lectures qui m’ont un peu déçue ce mois-ci. Le premier, Dans la villes des veuves intrépides de James Canon, s’il aborde le sujet intéressant d’une société matriarcale, m’a semblé répétitif et un peu excessif dans ses élucubrations. Le second m’a résolument ennuyé : La Folie du Roi Marc de Clara Dupont-Monod n’a pas suscité en moi beaucoup d’intérêt. La réécriture de la légende de Tristan et Iseult du point de vue du Roi Marc, mari d’Iseult, ne m’a pas paru pertinent, même si le point de vue pouvait être intéressant.


Mon amie Charlotte souhaitant récupérer les deux romans qu’elle m’avait prêtés, j’ai enfin pris le temps de les lire. Deux romans sur le milieu de l’édition. Le premier fut un vrai petit bonheur d’humour : Petits bonheurs de l’édition : journal de stage de Bruno Migdal. Le narrateur est engagé comme stagiaire dans une maison d’édition célèbre, il raconte ses six mois de stage et nous révèle les dessous de l’entreprise. Le second m’a moins convaincu essentiellement à cause du portrait d’un éditeur que j’ai trouvé désenchanté. Cependant, là encore, l’auteur soulève le voile et nous fait vivre la vie d’une maison d’édition à l’heure des nouvelles technologies : La Liseuse de Paul Fournel.


Cette année, j’ai décidé de lire des romans un peu conséquents à mes enfants avant de les mettre au lit (je m’en suis expliqué sur mon journal, si vous voulez en savoir plus). Nous avons donc lu deux romans. Le premier, Le Roman d’Ernest et Célestine de Daniel Pennac, nous a beaucoup plu. J’ai retrouvé avec plaisir le style léger, fin et drôle de cet auteur que j’aime beaucoup. Les enfants ont adoré à tel point qu’Antoine est en train de le relire pour lui. Le deuxième fut une lecture un peu plus mitigé : Stuart Little de E.B White. Un classique de la littérature jeunesse américaine qui nous a un peu laissé sur notre fin.


La lecture du Roman d’Ernest et Célestine ayant entraîné la création du Challenge Daniel Pennac, j’ai lu, après une descente en librairie gargantuesque en compagnie de Miss Bouquinaix, le premier tome de la série Kamo : Kamo, l’idée du siècle. Un petit roman jeunesse sur l’angoisse de l’entrée en sixième mais qui, traité par Daniel Pennac prend une saveur particulière.

Enfin, mes lectures "valeur sûre" et là je me suis vraiment fait plaisir. Tentée par Titine et consoeur, j’ai enfin lu un roman d’Elizabeth Gaskell, Les Confessions de Mr Harrison. Un petit roman jouissif (oui le mot est lancé!), une vision drôle et décalée d’un homme convoité par tout un village. Un roman décisif qui m’a donné encore plus envie de lire les autres romans de cette grande auteure.
J’ai également renoué avec Joyce Carol Oates que j’avais trop délaissée ces derniers temps. Je vous emmène est un roman profond, sans doute quelque peu autobiographique, mais qui dépasse l’autobiographie pour rendre compte d’une conscience en formation.
Enfin je suis allé saluer ma copine Agatha Christie, tout d’abord avec la lecture de Le Couteau sur la nuque et ensuite avec une adaptation BD du célèbre Crime de l’Orient-Express. Avec le premier, j’ai été embarquée dans une enquête qui, comme toujours, m’a égarée en fausses pistes. Le second fut moins convainquant, mais m’a cependant donné envie de relire le roman.




Un mois de janvier donc bien rempli, avec 13 livres lus, dont une BD, et 2991 pages tournées. Des lectures, pour la majorité, qui m’ont portée, m’ont fait rire, réfléchir, amusée… répondant ainsi parfaitement à mes envies pour cette nouvelle année. J’espère que février sera aussi riche.
Bonnes lectures à vous.
Publié par les Livres de George le février 2, 2013
http://leslivresdegeorgesandetmoi.wordpress.com/2013/02/02/bilan-de-lecture-mensuel-janvier-2013/
"Dans la ville des veuves intrépides" de James CANON
Le Club des Lectrices avait envie de sortir un peu des frontières de l’Europe pour explorer d’autres continents, et c’est vers l’Amérique Latine et plus précisément la Colombie que son choix s’est porté avec un roman de James Canon, de nationalité colombienne mais qui écrit en anglais.
Dans la Ville des veuves intrépides se déroule donc dans un petit village de Colombie, Mariquita, en 1992. Un beau dimanche matin, une cohorte de guérilleros débarque dans le village et réquisitionne avec violence tous les hommes du village, assassinant sauvagement ceux qui tentent de fuir. Désormais, seules les femmes restent, mis à part le padre Rafael. Que vont-elles devenir ? Et comment vont-elle subvenir à leurs besoins ?
Le roman est composé de plusieurs portraits et histoires de certaines des femmes du village. Ces portraits permettent également de raconter l’évolution du village, son organisation sur une période de 15 (ou 17 ?) ans. Chaque portrait est également suivi de témoignages d’hommes engagés soit dans l’armée paramilitaire, soit avec les guérilleros ou encore dans l’Armée nationale colombienne. Ces témoignages révèlent les exactions commises par les trois camps, et montrent donc toute la violence de cette révolution.
La composition de ce roman est un de ses premiers atouts, même si, au fil des pages, une certaine lassitude m’a gagnée et si les témoignages des hommes ont suscité chez moi une certaine angoisse. L’autre intérêt est le ton de la narration. Un humour et une certaine folie règnent dans ces pages ce qui permet de suivre les aventures un peu rocambolesques de ces femmes avec souvent un sourire aux lèvres.
Mais ce qui m’a vraiment intéressée est la création de cette communauté de femmes, de cette mise en œuvre d’une société matriarcale qui, d’année en année, parvient à créer une société régit sur le mode du partage et pose cependant certaines problématiques évidentes comme la reproduction, l’amour homosexuel et l’émancipation féminine. Ces femmes ne sont pourtant guère épargnées par l’auteur. Elles sont souvent fortement poilues, hommasses, très corpulentes, un peu hargneuses, et, il faut le dire, passablement castratrices : le petit Julio devient travesti, le padre est impuissant et les 4 jeunes garçons, seuls mâles potentiellement reproducteurs, rêvent que leur pénis a disparu ou que des seins leur ont poussé. Ainsi, non seulement les hommes ont disparu, mais ceux qui restent ont perdu toute virilité.
Les femmes sont donc toute puissantes et vont, sous la direction de Rosalba, madame le maire, organiser une société qui finira par vivre en totale autarcie et en ayant rejeté au loin toute violence qui devient alors le fait des seuls hommes.
Je n’arrive pas réellement à savoir si j’ai aimé ou pas. Je l’ai lu sans réel déplaisir, certains passages m’ont paru un peu longs et répétitifs, certaines anecdotes un peu trop tirées par les cheveux, mais, en le refermant ce matin, je me suis quand même dit que j’avais passé quelques bons moments en le lisant. J’ai aimé l’originalité de la narration, la construction qui finit par se boucler, les réflexions sur une société matriarcale et certains portraits de femmes, ainsi que la façon de traiter la Révolution colombienne des années 90 et notamment en mettant en parallèle la vie des femmes restées seules au village et la vie des hommes engagés malgré eux. C’est un avis donc ni-oui ni-non que je vous livre ici, vous laissant le plaisir de le découvrir par vous même, si le cœur vous en dit.
Je viens de découvrir que ce roman a été adapté (hum façon de parler!) au cinéma en 2011 aux Etats-Unis. La bande annonce révèle que cette adaptation est bien éloignée de l’esprit du roman, ne serait-ce que par le casting. Pour ceux et celles qui ont lu le livre, Rosalba incarnée par Eva Longoria tient du pur fantasme
!
Roman lu dans le cadre du Club des Lectrices pour sa réunion du 20 Janvier et du Challenge La Littérature fait son cinéma !

Publié par les Livres de George le janvier 17, 2013
http://leslivresdegeorgesandetmoi.wordpress.com/2013/01/17/dans-la-ville-des-veuves-intrepides-de-james-canon/
"La Folie du Roi Marc" de Clara DUPONT-MONOD
Dans le cadre du Prix des Lectrices organisé par le Club des lectrices dont je fais partie, je viens de finir ce roman, paru en 2000, coup de coeur de l’année 2012 de Lili Galipette.
Clara Dupond-Monod reprend la légende médiévale de Tristan et Yseut en mettant l’objectif sur le Roi Marc, époux d’Yseut. Par un récit en focalisation interne, l’auteure décrit les affres de cet homme et de ce roi trompé à la fois par sa femme et par son neveu, voire fils adoptif, Tristan. Double trahison donc qui entraîne dans l’âme tourmentée de Marc des sentiments contradictoires où se mêlent à la fois amour marital, amour paternel, jalousie et haine.
Reprenant le schéma narratif de la légende avec ses moments clefs (schèmes) (le philtre ; les lépreux ; la traversée du gué d’Yseut à califourchon sur Tristan déguisé en mendiant ; le mariage de Tristan avec Yseult aux Blanches Mains ; les voiles etc.), Clara Dupond-Monod fait la part belle à celui que la légende a souvent négligé le confinant dans le rôle du mari trompé et berné par les stratagèmes des deux amants. Marc raconte donc son histoire pour ne pas être oublié de la légende, pour exister et exprimer ses douleurs de mari et de père.
L’idée est séduisante. Ayant étudié la version de Béroul durant mes années de fac, replonger dans cette légende me plaisait assez. Cependant cette lecture m’a profondément ennuyée. J’ai vu dans la reprise de la légende de Tristan et Yseut qu’un prétexte à écrire sur un sujet déjà éculé en littérature et l’introspection de Marc m’a très vite lassée. Les répétitions sont nombreuses dans le récit (les descriptions figées d’Yseut ; Marc couché auprès d’Yseut et voulant la toucher, etc.), la multiplication des termes du Moyen-Âge pour faire médiéval m’a semblé surfaite d’autant que plusieurs passages avaient, au contraire, des accents d’anachronisme dans l’expression de la douleur de Marc menant à la folie.
Certes il s’agit d’une réécriture moderne d’une légende ancestrale voire d’un mythe, et chaque réécriture est une trahison. Clara Dupont-Monod a su rendre compte de l’esprit courtois de la littérature du Moyen-Âge (on suppose donc qu’elle s’est davantage inspirée de la version de Thomas d’Angleterre), dans certains passages la phrase a quelque chose des vers anciens, la voix de Marc rappelle l’origine orale de la légende… mais je n’ai pas été convaincue. Ce récit m’a semblé un peu vain.
Le seul intérêt est cette focalisation interne et ce changement de point de vue, mais très vite tout est dit et le récit ne finit par tenir que par le reprise des éléments narratifs de la légende. Or connaissant bien la légende, le récit a vite perdu de sa saveur aussi. Ce roi Marc m’a très peu émue même si les accents de sa douleur sont parfois bien exprimés sous la plume de Clara Dupont-Monod. Je crois que j’ai été écrasée par l’ennui et que cet ennui ne m’a pas permis d’être sensible aux plaintes de Marc.
Roman lu dans le cadre du Prix des Lectrices et du Challenge Romans sous influences.


Publié par les Livres de George le janvier 9, 2013
http://leslivresdegeorgesandetmoi.wordpress.com/2013/01/09/la-folie-du-roi-marc-de-clara-dupont-monod/
"Jézabel" d’Irène NEMIROVSKY
J’entends parler d’Irène Némirovsky depuis de nombreuses années, et il a fallu la suggestion de Violette, du Club des Lectrices, pour que j’ai enfin l’occasion de la lire.
Irène Némirosky a été déportée et est morte à Auschwitz en 1942. Elle avait déjà écrit et publié plusieurs romans avant sa déportation, dont Jézabel paru en 1936. Plusieurs de ses oeuvres, dont le célèbre Suite française, sont parus à titre posthume depuis les années 2000.
Jézabel est le portrait d’une femme, Gladys Eysenach, femme d’une grande beauté. Le roman s’ouvre sur son procès. Elle est accusée d’avoir tué un jeune homme d’une vingtaine d’années, Bernard Martin. Pendant toute la première partie, nous suivons le procès de cette femme dont on se sait encore presque rien et qui nous est présentée à travers les témoignages des différents témoins venus à la barre. La deuxième partie est un long flash back revenant sur son histoire et sur les causes et circonstance de ce crime.
Gladys est obsédée par la jeunesse et par la beauté. Elle a une définition très précise de la féminité qui se résume à être belle, élégante et à être aimée. Très vite, elle va cacher son âge et va finir par contrôler toutes les personnes autour d’elles : sa fille, mais aussi les différents hommes qui vont partager sa vie.
Gladys est une femme égoïste, manipulatrice, dissimulatrice qui a un besoin immense de plaire, d’être remarquée. L’usage du temps sur elle, la pousse de plus en plus dans le mensonge et la manipulation, l’entraînant à des actes et à des décisions épouvantables pour préserver le secret de son âge.
Le titre est bien sûr à expliquer, car Gladys est une Jézabel moderne. C’est une femme méchante et rusée. D’après mes recherches, elle manipula son mari pour exterminer toutes les prophètes et hommes du Dieu d’Israël. Elle ne reconnaissait que sa propre religion, montrant ainsi une grande intolérance. Elle finit dévorer par les chiens.
Léon Comerre, Jézabel dévorée par les chiens, 1878
Nul doute, qu’Irène Némirovsky en intitulant son roman Jézabel, place Gladys sous l’égide de cette femme, reconnue comme la femme la plus méchante de la Bible. Vouant un culte irraisonné à la beauté et à la jeunesse, elle va peser sur le destin des personnes qui la côtoient.
Ceci dit, qu’en est-il du roman ?
Ce n’est pas une grande révélation, je l’avoue. Tout d’abord parce que j’ai trouvé beaucoup de répétitions et quelques longueurs, venant certainement du fait que ce personnage, anti-héros par excellence, n’a entraîné presque aucune empathie chez moi. J’ai eu du mal à concevoir cet excès, voire cette folie, pour le culte de la jeunesse et de la beauté, pour ce caractère égoïste et froid. J’ai également trouvé que ce roman datait un peu et, en cela, il m’a fait penser à Belle de Jour de Kessel. Toutefois, le traitement est intéressant ici et la première partie sur le procès m’a beaucoup plu et je crois que j’aurais mieux aimé que Némirovsky en fasse l’objet de tout le roman. J’ai trouvé le flash-back narratif plus conventionnel.
Je ne suis pas parvenue réellement à savoir si Némirovsky ressentait elle-même une certaine empathie pour son personnage. Gladys incarne la beauté du diable, elle est une femme fatale au contact de laquelle on se brûle et sa fille, Marie-Thérèse est sans doute sa plus innocente victime.
Quoiqu’il en soit, Irène Némirovsky fait une analyse très juste de la psychologie de Gladys. Elle montre parfaitement le passage du temps, les angoisses de Gladys, sa folie, ses outrances, et l’écriture est juste et belle. Ce n’est donc pas, pour moi, un grand roman, mais il n’entache pas mon envie de lire d’autres roman de Némirovsky. Peut-être serai-je plus séduite par La Suite française.
Roman lu dans le cadre du Club des lectrices et du challenge Justice.


Publié par les Livres de George le décembre 14, 2012
http://leslivresdegeorgesandetmoi.wordpress.com/2012/12/14/jezabel-direne-nemirovsky/
Le Prix des Lectrices
Celles et ceux qui me suivent ici régulièrement savent que, depuis deux ans, je participe au Club des Lectrices créé par Delphine. Nous nous réunissons une fois par mois pour parler d’un livre commun. Cette année, nous avons décidé de créer un Prix des Lectrices.
Après nous être concertées sur comment l’organiser, nous avons décidé de sélectionner nos coups de cœur de l’année 2011/2012. Chacune d’entre nous a donc proposé un titre. Nous avons un an pour lire les 8 romans en lice et élire celui qui aura fait l’unanimité. Ces livres ont été choisis parmi nos lectures personnelles, et non nécessairement parmi les livres lus pour le Club.

- Entre ciel et mer de Jon Kalman Stefansson, proposé par Miss Bouquinaix
- Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire de Jonas Jonasson, proposé par Claire
- La Folie du roi Marc de Clara Dupont-Monod, proposé Lili Galipette
- Suite française d’Irène Némirovski, proposé par Accalia
- Du domaine des murmures de Carole Martinez, proposé par Marjolaine
- Certaines n’avaient jamais vu la mer de Julie Otsuka, proposé par Violette
- Le Boulevard périphérique de Henry Bauchau, proposé par Delphine
- Lire bien qui lira le dernier de Hubert Nyssen, proposé par moi.
L’annonce du futur célèbre Prix des Lectrices (qui n’ont pas qu’un cerveau, private joke) aura lieu pour les trois ans du Club, en novembre 2013.
La sélection est riche et passionnante, et je sens qu’il va être bien difficile de faire un choix. Plusieurs de ces romans me tentaient déjà, celui de Némirovski, de Martinez ou d’Otsuka, mais d’autres me permettront, je l’espère, de belles découvertes (Bauchau ou Stefansson par exemple). Je n’ai pas encore commencé mes lectures, vous me connaissez je suis toujours en retard de plusieurs trains.
Si vous avez déjà lu et aimé ces titres n’hésitez pas à m’en parler dans les commentaires.
Je rendrai compte bien évidemment de mes lectures sur ce blog et rajouterai les liens vers mes billets au fur et à mesure sur cette page. Si vous souhaitez mieux connaître ce club n’hésitez pas à visiter son blog.
Les logos ont été créés par Delphine.
Publié par les Livres de George le novembre 28, 2012
http://leslivresdegeorgesandetmoi.wordpress.com/2012/11/28/le-prix-des-lectrices/
Un Week-end un peu chargé ou comment ne pas se laisser abattre par l’adversité !
Vous pensiez peut-être que j’étais partie sur la cordillère des Andes ou sur une plage des Bahamas pour faire dorer mon corps de rêve… et bien pas du tout ! J’étais bel et bien dans ma "super" banlieue parisienne, à regarder, mais pas que, tomber des seaux d’eau, et, comble de joie, alors que je pensais profiter de mon week-end, un ENORME dossier m’est tombé sur le coin du nez à traiter pour lundi. A cela il fallait ajouter, le cours de tennis d’Antoine, un cadeau d’anniversaire à trouver pour ma soeurette, et un homme malade qui soudain prenait 10 ans de plus en une matinée.
J’ai donc fait comme j’ai pu : courses sous la pluie en râlant abondamment, embouteillages à gogo et boulot. MAIS… car oui, dans ce week-end de folie, il me fallait absolument trouver une porte de sortie ! J’ai donc commencé par me rendre à la Griffe Noire sous le prétexte faussement fallacieux de trouver le cadeau pour ma soeur. Par la même occasion, je me suis déniché deux romans jeunesse, tout en papotant avec la responsable du rayon jeunesse avec laquelle j’aime échanger mes avis de lecture. Je suis donc ressortie plus guillerette que je ne l’avais prévu et deux livres sous le bras en plus d’un premier cadeau :
Velvet de Mary Hooper et Kaleb de Myra Eljundir. L’un sur le spiritisme au début du XXè et l’autre sur un personnage empathe et très inquiétant. Si j’ai choisi de moi-même le premier, le second m’a été très fortement conseillé par la libraire.
Ma deuxième porte de sortie fut la réunion, dimanche après-midi de notre Club des Lectrices à Paris. C’est toujours un bonheur de nous retrouver. Nous avons échangé nos avis sur Le Labyrinthe du temps de Fermine, puis avons choisi la prochaine lecture. Chacune a proposé un titre mûrement réfléchi, et cette fois-ci nous avions l’embarras du choix. Après quelques discussions et un vote, donc, La Librairie Tanabe a été choisi. J’avais noté ce livre depuis un billet de Sharon sur son blog.
Enfin, dernier petit réconfort, j’ai reçu mon calendrier "maison", c’est-à-dire un calendrier dont j’ai choisi les photo et qui est conçu autour des livres et de la lecture. Je suis gentille je vous en donne un petit aperçu en photos :
Mes enfants en train de lire, un peu de ma PAL et Marilyn. Une année 2013 sous l’égide de la lecture et des livres.
Publié par les Livres de George le octobre 16, 2012
http://leslivresdegeorgesandetmoi.wordpress.com/2012/10/16/un-week-end-un-peu-charge-ou-comment-ne-pas-se-laisser-abattre-par-ladversite/
"Le Labyrinthe du temps" de Maxence Fermine
Ce roman m’avait été offert par un ami, il y a environ 6 ans, autant dire qu’il était largement temps de le sortir de sa léthargie. Par hasard, lors de la dernière rencontre du Club des Lectrices, Miss Bouquinaix a proposé la lecture de cet auteur. Après quelques hésitations, le choix du roman s’est porté sur ce roman-ci : une aubaine.
Ce roman est un conte sur le temps. Au début du XIXe siècle, un archimandrite, Vassili Evangelisto, quitte sa Russie pour évangéliser (d’où son nom) l’Arabie. Pendant son voyage il fait naufrage sur une île étrange où le temps s’est arrêté : L’île Labyrinthe, inscrite nulle part sur les cartes. Dans cette île, où d’étranges manifestations temporelles se produisent, Vassili aura pour quête de trouver le trésor du magicien Tahar. Pour l’aider, il a en sa possession un petit coffret en bois, muni de 7 serrures.
Texte poétique, fabuleux et initiatique, ce roman écrit simplement, pour ne pas dire trop simplement, se lit avec facilité, d’autant que les péripéties successives créent un certain rythme. Comme souvent dans les contes, on trouve des personnages archétypaux, des légendes, des aventures fabuleuses racontées par certains personnages, ce qui crée une atmosphère proche du mythe. On ne peut pas ne pas penser au voyage d’Ulysse et à ses aventures. Pas de cyclope, mais des grimoires, un magicien, des manifestations naturelles étranges, la symbolique du chiffre 3 (3 naufragés, 3 jeunes filles très belles, 3 temps), et une bien étrange horloge.
On pense également au triangle des Bermudes avec ses manifestations étranges et sa légende de distorsions spatio-temporelles ou de champs magnétiques.
Comme vous l’aurez compris, Maxence Fermine mêle et entremêle plusieurs références créant, il faut le reconnaître un conte assez particulier. Le problème vient essentiellement de ce qu’il veut en faire. A force d’entremêler les péripéties et les références, la lectrice que je suis, a fini par se lasser. Les références trop évidentes entraînent un manque de surprise, quelques clichés (la mise en abyme notamment maladroitement amenée) qui font sourire et qui, du même coup, font perdre l’effet escompté.
Enfin, la chute du roman m’a beaucoup déçue. Tout cela pour ça, telle fut ma réaction en refermant le livre. Une morale sans intérêt, un lieu commun sur le temps qui est bien dérisoire par rapport à tous les développements et les attentes distillés dans le roman.
Ce conte quelque peu philosophique, sur la vie et le temps, m’a fait penser aux romans de Paulo Coelho : de la philo pour les nuls.
Un roman qui m’a déçue. Connu pour avoir une plume poétique, Maxence Fermine, avec ce roman, ne m’a pas convaincue. Peut-être lirai-je Neige, sans doute son roman le plus célèbre.
Affaire à suivre.
Pour connaître l’avis des autres Lectrices du Club, rendez-vous sur le blog du Club des Lectrices.
Roman lu dans le cadre de l’Objectif PAL Noire : 102 – 4 = 98
Publié par les Livres de George le octobre 10, 2012
http://leslivresdegeorgesandetmoi.wordpress.com/2012/10/10/le-labyrinthe-du-temps-de-maxence-fermine/































