L’OURS ET LA POUPEE
La nuit était tombée sur Paris, et Judith marchait d’un pas décidé… il n’avait rien compris de toute façon à ce qu’elle avait tenté de lui expliquer, à ce qu’elle vivait depuis plusieurs mois maintenant, alors à quoi bon rester ? à quoi bon faire semblant… Elle avait quitté la soirée, à peine entamée, brusquement, en voleuse, sur un coup de tête, au moment où il recommençait pour la centième fois à raconter comment elle avait bêtement loupé la marche… oui, elle était tombée de tout son long devant tous ces gens, tous ces gens influents qui n’attendaient qu’une chose pour la discréditer… et voilà qu’elle leur avait donné un merveilleux prétexte… bien sûr au début tout le monde avait été prévenant, s’enquérant d’elle, lui demandant si elle ne s’était pas fait mal, mais très vite, elle avait senti des coups d’oeil amusés, des messes basses, puis quelques rires… lui, il avait pris ça à la rigolade, et comme toujours, devant tous ces gens, il avait préféré rire, plaisanter… “que voulez-vous quand on a de si belles et grandes jambes, pas étonnant que parfois on tombe de haut!”. Soudain, elle-même s’était sentie ridicule avec cette robe blanche moulante, ces talons trop hauts, ses cheveux trop blonds : une vraie caricature… assise par terre, au centre de tous ces regards, elle avait eu comme une révélation. Trop c’est trop, servir de faire valoir à ce plouc, merde, j’en ai marre…. Il l’avait traînée dans tous les congrès, tous les galas, toutes les soirées … présentée comme sa secrétaire particulière, avec toujours ce clin d’oeil vulgaire, elle avait tout accepté pour ce nouveau job : maigrir de dix kilos, faire du sport, se teindre les cheveux, porter des tenues sexy… “mais là, c’est bon, je jette l’éponge”, pensa-t-elle ! Elle avait nié sa personnalité, elle s’était effacée, mais maintenant c’était terminé, il se trouverait une autre bourique pour jouer ce rôle ridicule… elle était rentrée à l’hôtel, avait balancé ses affaires dans sa petite valise, et avait fichu le camp… dans la rue, elle repéra le cinéma, elle paya sa place et se rendit directement aux toilettes, là elle enfila son bon vieux jean, un pull standard, ses converses pourries, et ressortit du cinéma décidée à reprendre sa vie en main….
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ceci est ma contribution au jeu d’écriture instauré par Madame Kevin…


Très beau texte
merci !!
très chouette ton texte, bravo !
Bravo! Ton texte est parfait, on se laisse emporter!
super !
tu es réellement douée pour l’écriture, félicitations. J’aime beaucoup l’humour qui émane de ton billet
ah bon ?? merci beaucoup !!
On s’attache à cette femme en quelques lignes. Je suis heureuse que tu participes et que tu nous fasses cadeau de ce texte. Pour que je mette en ligne sur “Jeux d’écritures” j’aurais besoin d’un titre. Est-ce que tu peux me le communiquer sur mon mail ? madamekevin@gmail.com
c’est avec plaisir, le choix des photos est toujours très bien et très inspirant !!! le mail a été envoyé !
Je me suis laissée embringuer avec bonheur et puis le titre, quel regal !!!
le titre je l’ai piqué, c’est le titre d’un film avec Bardot et Casser (père) !!!!
parfait : exactement ce qu’elle devait faire: dommage que nous ne puissions pas voir sa photo “après”.
A partir de ta remarque j’ai rajouté une photo au bas du texte … qui pourrait correspondre à la fille après !
merci !!! et considérant qu’elle a gagné sa liberté ET sa propre estime, je trouve qu’elle n’a pas perdu au change, n’est ce pas ?
Effectivement ! et puis c’est un clin d’oeil au titre aussi !
Bravo !
Je suis arrivée trop tard pour participer… dommage !
moi aussi mais Madame Kevin accepte quand même les textes…
J’aime ces petites tranches de vie posées en quelques lignes, ça me donne envie de lire plus de textes de toi ^^
j’y pense beaucoup en fait ces derniers temps… j’ai un vieux roman qui sommeille dans le fond dans mon ordi… il faut que je trouve une façon pour en faire paraître des extraits… à voir ! merci en tout cas pour ton commentaire !