Un poème doublement de circonstance en cette période de salon du livre et de pagaille gouvernemental… comme quoi les années passent mais rien ne change vraiment :
Sonnet au lecteur
Jusqu’à présent, lecteur, suivant l’antique usage,
Je te disais bonjour à la première page.
Mon livre, cette fois, se ferme moins gaiement ;
En vérité, ce siècle est un mauvais moment.
Tout s’en va, les plaisirs et les moeurs d’un autre âge,
Les rois, les dieux vaincus, le hasard triomphant,
Rosafinde et Suzon qui me trouvent trop sage,
Lamartine vieilli qui me traite en enfant.
La politique, hélas ! voilà notre misère.
Mes meilleurs ennemis me conseillent d’en faire.
Être rouge ce soir, blanc demain, ma foi, non.
Je veux, quand on m’a lu, qu’on puisse me relire.
Si deux noms, par hasard, s’embrouillent sur ma lyre,
Ce ne sera jamais que Ninette ou Ninon.
Alfred de Musset
Et toujours mes remerciements à Celsmoon pour ces dimanches poétiques !

J’aime ce sonnet, entier et convaincu! Et puis j’aime cette lectrice rouge aussi
Quel bonheur ces dimanches poétiques qui nous font découvrir toujours de nouveaux poèmes !
Que c’est joliment dit ! Je le vois mieux en éternel amoureux qu’en homme politique!
On sent toujours dans ses écrits cette tenace déception sur son monde !!!
“politique” = “vie de la cité” = ouille ouille…
Étymologiquement en effet… après dans les faits ????