J’avais entendu parler de ce roman à sa sortie : milieu universitaire ou du moins fin du lycée, érudition littéraire, suspens policier… ce roman me tendait les bras… Je l’avais proposé dans la sélection de l’an dernier pour le Prix Littaire des Blogueurs, première saison (qui s’achève bientôt!), et c’est donc dans ce contexte que je l’ai lu!
Ce qui m’a immédiatement séduite c’est la construction du roman : chaque chapitre porte le titre d’un roman (d’ailleurs cela pourrait faire l’objet d’un challenge, oui encore un!), ainsi le chapitre 3 s’intitule “Les hauts de Hurlevent”, le chapitre 27 “Justine” etc. Au lecteur de comprendre le rapport intrinsèque entre l’oeuvre citée et le contenu du chapitre. Ce roman fourmille de références aussi diverses que variées, et si certains peuvent finalement se sentir un peu écrasés par celles-ci, je dois dire que Pessl les dissémine avec intelligence et, ce qui n’est pas négligeable, humour:
page 613/614 : “Presque tous les élèves, y compris quelques professeurs, se retournèrent pour regarder Le Sang Bleu [il s'agit d'un groupe d'élite de 4 élèves] s’avancer d’un pas assuré en file indienne dans l’allée centrale (voir Abbey Road, The Beatles, 1969)”
Ce qui entraîne un roman dense, difficile à résumer car le résumer ce serait en enlever l’essentiel. Dense donc, et parfois un peu complexe mais magnifique, original, avec un style, des idées narratives à la pelle, bref c’est une gorgée de champagne.
Marisha Pessl parvient à créer un univers, une ambiance, sait manier le mystère, et si nos yeux finissent par s’ouvrir en même temps que ceux du l’héroïne Bleue, (ou peut-être avant), il n’en reste pas moins que ce roman peut se lire aussi comme un roman policier.
Bien qu’elle reprend un thème cher aux Américains (la fin du lycée et donc la fin de l’enfance, avant le grand bain de l’université, on pense à Oates, mais aussi à Fascination….), elle a le mérite d’en faire quelque chose de neuf et d’inventif.
Il faut donc se lancer dans cette lecture (qui pour moi m’a tenue presque un mois…), savourer les références, se laisser désorienter, mais surtout se faire plaisir !


8/ 144 Prix Littéraire Indiana
1ère Saison

Ping : La physique des Catastrophes de Marisha Pessl « Je Lis, Tu Lis, Il Lit
On me l’a offert à sa sortie et il traine dans ma PAL avec sa tranche rose : tu me donnerais presque envie de le lire tout de suite (mais bon Elizabeth Gaskell m’occupe déjà avec ses Femmes et Filles). Bonne journée !
Ne peux-tu lire 2 livres en même temps ???
Comme Cécile, je l’ai depuis sa sortie : c’était mon achat “coup de coeur” de la rentrée 2007… et il sa tranche rose m’attend toujours aussi !
Un jour tu verras tu auras lu les livres de ta PAL !
Je l’ai lu avec plaisir et tant pis si je n’ai pas saisi toutes les références…
Et où en est le Prix? Toujours au 15 novvembre pour les nouvelles, c’est ça?
Je compte faire un point demain : le nombre d’inscrites, les consignes, et quelques surprises (peut-être!)… patience !
J’ai beaucoup aimé ce livre, même si je lui avais trouvé 150 à 200 pages de trop. Quant aux références (de mémoire), un certain nombre d’entre elles sont fantaisistes, ce qui n’en est que mieux.
Je suis d’accord avec toi pour les 150 pages de trop, mais on se laisse prendre par le style…
Je suis rassurée de lire que je ne suis pas la seule à l’avoir acheté à sa sortie et qu’il traîne toujours dans ma PAL !!! Pourtant, il me fait toujours très envie mais je crois que je me suis tellement encombrée de lectures “obligatoires” que je ne sais plus lire tout ce que j’ai envie. En plus, j’avoue qu’il me fait parfois un peu peur ! Ton avis me donne très envie de le sortir de la PAL.
Je suis un peu dans le même cas, j’ai l’impression de ne plus trop choisir mes lectures… pour Pessl, laisse-toi tenter, c’est vraiment une lecture passionnante.
Je l’ai lu aussi et j’ai trouvé que c’était un peu trop proche du Maître des Illusions de Donna Tart. Ca m’a déçue.