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J’ai eu une période Henry James assez prospère dans ma jeunesse (Confiance, Les Bostoniennes, Les Ailes de la colombe, Le sens du passé etc.), et puis je suis passée à autre chose, me promettant de revenir à lui un jour. Le Challenge Henry James, lancé par Cléanthe, était un très bon prétexte, il était temps que je l’honore. J’ai donc extirpé de ma PAL, un petit roman d’à peine une centaine de pages : La Bête de la Jungle.

John Marcher retrouve May Bartram lors d’une réception somptueuse. Alors qu’elle se souvient parfaitement de leur première rencontre à Rome, plusieurs années auparavant, John Marcher a, quant à lui, un vague souvenir de la jeune fille qu’elle fut. Les circonstances de leur première rencontre, les paroles échangées, les lieux ont pris un contour flou dans le souvenir de Marcher. May évoque alors une phrase du passé, un secret que Marcher avait laissé échapper sur lui. Une amitié sincère se noue alors entre les deux personnages, liés par ce secret, cette petite honte, cette Bête tapie dans la jungle.

Henry James n’est pas auteur facile, enfin je trouve. Il manie le non-dit, le suggéré avec art, déroutant un peu son lecteur (ou sa lectrice) lui donnant peu d’indices, le laissant se dépatouiller avec les quelques informations distillées dans le texte. Bien qu’aimant beaucoup cet auteur, j’ai toujours ressentie comme un malaise, le sentiment désagréable parfois que le texte résiste. Ce fut encore le cas avec ce roman : quel est donc ce secret, exactement ? Les hypothèses sont allées bon train, et je fus comme rassurée à la fin quand , enfin, ce que j’avais cru comprendre fut révélé comme vrai.

Il faut dire que Henry James, comme souvent dans ses romans, s’intéresse avant tout à la psychologie des personnages, à leurs ambiguïtés, à leur part d’ombre aussi. Ses personnages ne sont pas forcément sympathiques. Le personnage de John Marcher m’a fait penser au Henry James que David Lodge décrit dans son roman biographique L’Auteur, l’auteur, et notamment dans la relation entre Henry James et Constance Fenimore Woolson, amitié ambigüe. John Marcher apparaît comme un vieux garçon esthète, croyant être promis à un destin brillant, attendant un évènement qui bousculerait son quotidien, mais trop nombriliste, quand cet évènement survient, il ne le perçoit pas.

Ce roman est un beau récit sur la vie, sur cet instant qu’il faut savoir saisir, sur l’échec aussi. Un roman sur l’égoïsme, l’impossible ouverture de soi vers l’autre et donc sur l’amour perdu.

Roman lu dans le cadre du Challenge Henry James et du Challenge God Save the Livre, prolongé sur l’année 2012 (chouette!)

Tiens ça faisait longtemps ;) ! oui un petit tag histoire de faire travailler ses méninges ! Ce tag me vient de Hérisson mais il fleurit un peu partout en ce moment !

Le principe : revenir sur l’année 2011 à travers les lettres de l’alphabet ! puis trouver 12 victimes supplémentaires (tremblez carcasses!!!)

A : Amour toujours, Amitiés nouvelles

B : Blog etc.

C : Corrections de copies

D : Déception vite oubliée

E : Enfants, mes amours

F : Folie, ne jamais perdre son brin de folie !

G : George, un pseudo qui me colle à la peau

H : Humeur changeante

I : Idées, j’essaie de ne jamais en manquer

J : Joie malgré tout

K : Kilos en trop

L : Livres, Lecture, Littérature, Librairie

M : Maman, l’être le mieux possible

N : Naviguer sur le net

O : Optimisme encore et toujours

P : Pourquoi pas ?

Q : Querelles de bac à sable

R : Résister contre l’adversité

S : Sand, bien sûr

T : Tentation quand nous tient

U : Union, elle fait ma force

V : Valeurs,  j’essaie de rester fidèles aux miennes

W : Waouh !!!!

X : XIXème siècle, mon préféré en littérature.

Y : Y’a qu’à

Z : Zombies, parfois je leur ressemble

Désolée je déroge une fois encore à la dernière règle, ne voulant rien imposer à personne en particulier mais proposant à qui veut !


La narratrice est en congé maternité. Sa mère a été emportée par un cancer fulgurant un an auparavant, et pour aider son père, la narratrice est venue vivre dans la maison de son enfance. Absorbée par les soins qu’elle donne à sa petite fille, et ses visites au cimetière, la jeune femme sombre, petit à petit dans la dépression qu’un camion blanc va cristalliser. Le véhicule garé devant le mur recouvert de lierre rouge, gâche l’harmonie de cette belle maison. Il va devenir une vraie obsession, un catalyseur d’énervement.

Ce court roman est un récit à la première personne, une confession au jour le jour rythmée par les tentatives de la narratrice pour faire déloger ou détériorer ce camion qui incarne la mélancolie noire de la jeune femme. Au fil des chapitres, nous sentons monter une certaine folie. En dehors de sa fille et de ses sorties au cimetière, toutes les pensées de la jeune femme se focalisent sur ce camion et son propriétaire qui, une fois identifié, se refuse à déplacer son camion.

Ce camion est la métaphore du poids existentiel qui étouffe la narratrice. Son omniprésence, sa masse, son aspect invulnérable symbolise cette dépression due à la fois au blues de l’accouchement et à la mort de la mère. Toutes les attaques contre ce camion sont des tentatives vaines, en même temps qu’une certaine affection nait de ce rapport étrange avec ce véhicule, affection que tout malade dépressif a, également pour sa maladie : à la fois l’envie de s’en sortir et en même temps une certaine complaisance dans la mélancolie. Le véhicule en dévisageant la maison de son enfance, et indirectement de sa mère, empêche de retrouver l’harmonie familiale souhaitée par la narratrice. Il marque également le changement, incarne la fin de l’enfance : devenir mère c’est sortir de son rôle d’enfant, et ce changement est d’autant plus brutal que la mère de la narratrice est morte, et ne peut plus l’accompagner dans cette évolution.

Le style est simple mais efficace, des phrases courtes sans introspection, juste le récit des faits qui à eux seuls témoignent du comportement dépressif de la narratrice. Un premier roman réussi donc, pour une auteure grenobloise qui gagne à être connue.

Un roman court mais intéressant et juste qui dit, sans sentimentalisme, la difficulté d’être mère et du deuil de nos parents.

Roman lu dans le cadre du Défi Premier Roman, du Challenge Dame de Lettres.

Le Chant des Loups clôt le Cycle 1 du Grimoire au Rubis. Troisième livre donc, et troisième aventure pour Bertoul et la belle Blanche, devant défendre ce fameux grimoire tant convoité.

Après les aventures itinérantes, et la découverte de Paris au Moyen-Âge, Béatrice Bottet continue ici notre découverte de Moyen-Âge, en nous faisant vivre au sein d’un château. Blanche retourne donc dans son fief, au château de Vauluisant. Son expérience à la Cour du futur Saint-Louis, lui donne envie de moderniser son château : mettre des vitres aux fenêtres, élargir ces dernières, paver le sol et ainsi couvrir la terre battue, décorer et réchauffer l’intérieur à l’aide de tapisseries. Mais elle n’aura pas le temps de mettre en place toutes ces modernisations, son intendant ne voyant pas d’un bon œil qu’elle dilapide ainsi la fortune qu’il a scrupuleusement amassée.

L’intrigue de ce dernier livre du premier Cycle pêche un peu par la vraisemblance : quelques coïncidences notamment m’ont paru un peu grossière, comme la fait de retrouver un pauvre cabane perdue dans les bois depuis plus de dix. Mais ces quelques invraisemblances n’entament que très peu mon enthousiasme face à cette série.

Comme pour les autres livres, j’ai aimé me plonger dans le Moyen-Âge sur les pas de Blanche et de Bertoul, côtoyer une meute de loups, faire la connaissance de quelques Templiers ma foi assez sympathiques, bien qu’un brin autoritaires, et surtout en apprendre re un peu plus sur le mode de vie de ces hommes, pauvre, nobles ou religieux qui peuplent ce roman.

L’intérêt romanesque n’est pas non plus à négliger, puisque l’on en apprend un peu plus sur les parents de Bertoul, sur son origine et sa personnalité devient alors plus dense et intéressante.

Concernant ce premier Cycle qui englobe donc trois livres, le fil conducteur est bien évidemment le grimoire, sa transmission et sa protection, mais aussi l’enseignement qu’il donne à celui qui le possède et le lit. Ce qui donne aussi une unité à ce Cycle est bien évidemment le couple Bertoul et Blanche, des personnages qui se découvrent de plus en plus, laissant petit à petit éclore leurs sentiments, qui évoluent au cours de leurs aventures. Enfin, chaque livre fait la part belle à un animal de la nuit, un animal lié au Diable, du moins perçu comme tel au Moyen-Âge : les Hiboux, le Chat noir et enfin les Loups. Ces animaux sont souvent le prétexte pour expliquer les croyances de l’époque, mais des croyances qui demeurent encore vivaces de nos jours, avec plus ou moins d’intensité.

Une série jeunesse donc décidément intelligente et passionnante, que je ne peux que vous conseiller à nouveau.

Il me reste à présent à découvrir le Cycle 2, nouveau Cycle, et nouvelle époque (le XVIème) et nouveaux personnages, mais toujours ce Grimoire comme héritage. J’ai hâte !

Roman lu dans le cadre du Défi des 1000, du Challenge Moyen-Âge, du Challenge Littérature Jeunesse, sans oublier le Challenge Le Nez dans les livres puisque ce roman comprenant le mot Grimoire dans son titre.

Dans le cadre du Challenge Molière organisé par Sharon, j’ai décidé d’acheter l’œuvre complète du dramaturge dans la collection GF. Cela faisait longtemps que je voulais avoir toutes ses comédies sous la main, c’est chose faite. Du coup une idée un peu folle a germé dans ma tête : j’ai décidé de lire toutes ces pièces dans l’ordre chronologique. Alors je mettrai le temps qu’il faudra, mais le challenge de Sharon va m’aider dans cette résolution.

J’ai donc commencé hier par une des premières farces écrites entre 1646 et 1658, quand la troupe de Molière était en province.

L’intrigue est des plus simples : une querelle de couple, entre le Barbouillé (= le fariné) et sa femme Angélique. Celle-ci reproche à son mari d’être un ivrogne qui passe son temps dans les cabarets, tandis que le mari soupçonne sa femme de nouer quelque intrigue avec Valère. Les insultes fusent. Les personnages sont stéréotypés et propres aux farces populaires dont le seul but est de divertir, de faire rire, digne de la commedia dell’arte.

Certaines scènes ne font qu’une réplique et il est évident que ce texte ne sert que de canevas, de support à des improvisations et comique de gestes.

Toutefois nous retrouvons déjà certains sujets, voire certains types que Molière va réutiliser tout au long de sa carrière. Le docteur philosophe, s’il est un personnage typique de la farce, est aussi un personnage souvent présent dans les grandes comédies de Molière. Celui de cette farce est verbaux et pédant à souhait, ponctuant son discours d’expressions latines. Nous trouvons également le personnage de Georgibus (ici le père d’Angélique), que Molière réemploiera dans Les Précieuses Ridicules, par exemple. L’intrigue elle-même est reprise dans George Dandin, avec certes plus de finesse.

Cette farce est donc intéressante, non réellement pour elle-même, mais parce qu’elle contient en germe, déjà, tout le talent que Molière déploiera dans ces grandes comédies.

Asphodèle , qui propage allégrement le virus du TAG, me propose de répondre à quelques questions : se définir par des titres de romans lus en 2011. MAIS, ce jour étant un peu particulier pour moi, j’ai décidé d’y répondre avec les titres qui ont marqué mes 40 premières années (oui car je compte bien rempiler pour 40 années supplémentaires voire plus !)

Comment te sens-tu  ? : Love etc.

Décris là où tu vis actuellement : La Tour de Babel

Si tu pouvais aller n’importe où, où irais-tu : La Montagne magique

Ton, ta, tes meilleur(e)(s) ami(e)(s) est(sont) : Les Femmes savantes

Toi et tes amis, vous êtes : La Première gorgée de bière

Comment est le temps : A Rebours

Ton moment préféré de la journée : 24h de la vie d’une femme

Ton animal préféré : Croc-blanc

Ton moyen de transport préféré : La Prose du Transibérien

Ta passion : Comme un roman

Le défaut qui t’horripile le plus : Vipère au poing

Le métier qui te fait rêver : L’auteur, l’auteur

Ton histoire d’amour : Possession

Qu’est-ce que la vie pour toi : Le Chef d’oeuvre inconnu

Ta peur : La Douleur

Pensée du jour : Le Rêve

Comment aimerais-tu mourir : L’Immortalité

La condition actuelle de mon âme : Confiance

Ton rêve le plus cher : L’Histoire sans fin

Quel est le meilleur conseil que tu as à donner : On ne badine pas avec l’amour

Si cela vous amuse vous pouvez tenter de retrouver les auteurs de ces oeuvres qui ont accompagné ma vie de lectrice avant l’ouverture de ce blog !

Prend qui veut !

Bonne journée et bonnes lectures

Aujourd’hui fut une belle journée, et cela malgré la pluie, malgré mes chaussures neuves qui me serraient un peu les pieds… car aujourd’hui j’ai (enfin) rencontré la grande, l’unique Liyah, celle qui nous lance dans des marathons de lecture totalement fous, celle qui nous laisse toujours des commentaires dans lesquels nous sentons sa sensibilité et sa gentillesse.

Nous nous sommes retrouvées, et trouvées, après quelques sms décrivant notre tenue vestimentaire (bonnet gris, sac blanc et rouge pour elle, veste noire et écharpe beige et rose, pour moi!). A peine nous étions nous reconnues que la magie “rencontre entre blogueuses” a agi : pas de blanc, pas de timidité, et les papotages ont pu commencer et ne se sont jamais vraiment arrêtés pour tout dire, sauf bien sûr quand il a fallu nous séparer.

Quand deux blogueuses-lectrices se retrouvent, forcément elles vont dans des librairies. Liyah n’était jamais allée chez Gibert, il a bien fallu y aller. Nous avons donc passé une petite heure au rayon littérature, juste le temps d’empocher :

Ainsi que la suite d’une série pour Antoine, qui vous en parlera sans doute la semaine prochaine :

Nous avions rendez-vous à 12h30 avec une équipe de la boutique d’Amazon et quelques blogueuses (Mélo notamment que j’ai été ravie de rencontrer!), vers les Champs.

Alors pour éviter toute polémique et autre, il me faut préciser que je n’ai jamais acheté sur Amazon, et que j’ai également refusé un partenariat qu’Amazon m’avait proposée. Cette précision donnée, je ne jette la pierre à personne et chacun achète ces livres où il veut et parfois où il peut. Pour ma part, je reste fidèle à mes opinions qui est de valoriser les librairies indépendantes dans la mesure du possible, mais loin de moi également la volonté de diaboliser la vente sur internet. Je la pratique peu parce que j’ai la chance d’avoir à portée de main une librairie qui répond à tous mes désirs de lectrice, mais si j’habitais au fin fond d’une cambrousse isolée où la seule librairie se trouve à plusieurs kilomètres sans doute n’en userai-je pas de la même. Bref chacun voit midi à sa porte !

Nous avons été accueillies dans un petit hôtel très agréable, et par des personnes à notre écoute. Leur but n’était pas de nous “vendre” Amazon, mais de nous entendre sur notre façon de choisir nos livres. Nous avons parlé de nos blogs, de nos lectures, du kindle, partageant nos avis, nos désaccords, nos interrogations, nos remarques. Que nous achetions ou non sur Amazon telle n’était pas la question. Nous étions là car, comme me l’a expliqué l’une des organisatrices, nous sommes des lectrices ++, qui achetons beaucoup de livres, et sommes au courant des parutions. Ce qui importait était notre expérience de lectrices avant tout. Donc non nous n’avons pas signé de notre sang un contrat quelconque : JE PLAISANTE !!!!

Bref, ouf les pincettes c’est fatigants !

Ce fut un déjeuner très agréable durant lequel j’ai pu avoir en main un Kindle, mais je vous avoue n’être pas encore convaincue. Ce qui me paraît intéressant est de pouvoir avoir accès à des œuvres qui ne sont plus éditées, et bien sûr l’idée d’éditer les romans de George Sand, de les rendre accessibles par e-books est sans doute une idée à creuser, puisque les éditeurs semblent avoir du mal à s’y mettre. Au-delà de cette possibilité, le Kindle, ou toute autre liseuse, me laisse assez de marbre.

Après un très bon repas (concocter par Steeve de Master Chef !!!! et en plus on l’a vu !!!! : c’était la minute people!!), nous avons repris le RER, direction la Griffe Noire. Là encore, ce n’est pas ma faute, c’est Liyah qui voulait ABSOLUMENT y aller !

Allez, comme ça fait longtemps (ben oui ça fait longtemps que je ne vous ai pas parlé de la Griffe Noire!!) quelques photos de la vitrine :

D’abord une gentille :

Ensuite une plus, comment dire…?? je vous laisse trouver l’adjectif :

J’ai été TRÈS raisonnable, si si, je n’ai acheté qu’un roman (premier tome d’une saga en 3 tomes, et oui je n’ai acheté que le 1er tome : La Terre des mensonges de Anne B. Ragde) pour moi, une petite histoire pour Eliot et Une Odeur de Gingembre pour Liyah, et en prime j’ai reçu en cadeau de mon libraire : A moi pour toujours de Laura Kasischke (c’est une déclaration, vous pensez ?).

Enfin pour finir je voulais vous montrer toutes les belles choses que Liyah m’a offertes (sans compter les livres pour mes loulous!) :

MERCI Liyah pour cette belle journée en ta compagnie et pour tous ces cadeaux si bien choisis !

Après ma lecture du tome 1, en 2006, je n’avais pas ressenti le besoin de poursuivre ma lecture de cette trilogie, tant L’Homme qui n’aimait pas les femmes, me paraissait bouclé sur lui-même. L’enquête était résolue, je ne voyais pas bien ce que pouvait amener les deux tomes suivants. Je pense aussi que la violence de la fin du tome 1 m’avait un peu refroidie. Aussi ai-je attendu cinq ans (Mon Dieu que le temps passe vite!) et la proposition de Manu d’une LC(A) pour enfin me décider à ouvrir ce fameux tome deux au titre génial.

La particularité de ce roman est qu’il donne la part belle à Lisbeth Salander, tandis que L’Homme… était davantage centré sur Mikael Blomkvist, célèbre journaliste du magazine Millénium. Et cela tombait plutôt bien puisque cette petit nana, toute maigrichonne, parsemée de piercings et pour le moins déjantée m’avait beaucoup plu dans le tome précédent.

Nous retrouvons donc Lisbeth deux ans après l’intrigue du tome 1. Elle s’est offert une année sabbatique sous le soleil, voyageant au gré de ses envies. Tout bascule quand un couple, Dag et Mia, se fait assassiner dans leur appartement de Stockholm. Plusieurs empreintes de Lisbeth sont retrouvées dans l’appartement et tous les soupçons pèsent sur elle. La Presse se déchaîne, la police est sûre de la culpabilité de Lisbeth. Seul Mikael doute fortement de la culpabilité de son amie, d’autant que Dag et Mia travaillaient à démanteler un réseau de trafic de femmes et de prostitution, préoccupations qui rejoignent celles de Lisbeth.

Quatre enquêtes parallèles vont donc se mettre en branle : celle de la police, celle de Mikael, celle de l’ancien employeur de Lisbeth et celle de Lisbeth elle-même. Le roman est, grosso modo, divisé en trois parties : la première sur la nouvelle vie de Lisbeth, puis survient le meurtre et commencent les enquêtes, et enfin la dernière partie qui dénoue les fils de l’intrigue.

Bien que j’ai mis quinze jours à venir à bout de ce roman de plus de 650 pages, je ne me suis pas ennuyée. Ce qui m’a particulièrement intéressée est bien le personnage de Lisbeth, le doute sur sa culpabilité, ce que l’on apprend sur son passé, la façon dont la police dresse un portrait à partir de dossiers sociaux et judiciaires, interprète les faits tandis que les amis de Lisbeth donnent d’elle une vision bien différente.

Certes Millénium est un polar voire un thriller, et l’intrigue est savamment construite et nous tient en haleine, mais il m’a semblé que l’intrigue était surtout Lisbeth elle-même, et que tout le roman consiste finalement à savoir qui est réellement Lisbeth. Qui est le meurtrier de Dag et Mia ? et pourquoi ont-ils été assassinés ? Ces deux questions trouvent assez vite leur réponse, alors même que Lisbeth reste un mystère jusqu’au bout. La fin même du roman en est d’ailleurs la preuve, car bien que l’enquête sur les meurtres soit achevée, l’existence du tome trois laisse supposer que le mystère principal, Lisbeth, ne l’est pas encore totalement.

Mikael Blomkvist est un peu moins présent que dans le tome précédent, mais, et cela est vrai aussi pour tous les personnages, a une réelle existence romanesque, une réelle épaisseur. Larsson ne tombe pas dans la caricature, et chaque personnage a une certaine complexité, ses faiblesses, ses parts d’ombre et aussi, pour quelques uns, un certain humour.

Depuis hier est sortie l’adaptation américaine de cette trilogie avec le beau Daniel Craig. Physiquement, je trouve que les acteurs correspondent bien aux personnages, mais je m’interroge sur cette adaptation des trois romans dans la mesure où le tome 1 est une intrigue indépendante, mais peut-être aurai-je la réponse en lisant La Reine dans le palais des courants d’air. Pour le film, j’attendrai de le découvrir quand il passera sur Canal + et que j’aurai fini de lire cette trilogie.

Pour finir, j’aurais juste une question : quelle est donc cette manie suédoise de se préparer des tartines à toute heure de la journée ?

Roman lu dans le cadre d’un LC(A), je vous laisse découvrir les avis de Manu, Zarline et DeL, ainsi que dans le cadre du Challenge Thriller organisé par Cynthia, et du Challenge Le Littérature fait son cinéma organisé par Will.

Lundi 23 Janvier dès 8h30, nous allons pouvoir recevoir un livre en échange d’une critique !!

Une belle liste de livres est déjà disponible : ICI

Vous pouvez commencer à saliver, à faire vos choix ! L’opération est ouverte aux blogueurs ET aux non-blogueurs !

Alors Lundi, tous à nos claviers ! http://www.babelio.com/massecritique.php

Entre Duras et moi, c’est une histoire un peu compliquée, faite de rejets et d’attractions. J’ai déjà lu six de ses oeuvres allant de L’amant à La Douleur, en passant par Ecrire ou par Les Petits chevaux de Tarquinia… certains m’avaient terriblement plu, d’autres terriblement ennuyée. Le Ravissement de Lol V. Stein fait, malheureusement partie de la deuxième catégorie. Après 132 pages tournées sur 191, il fallait bien le reconnaître, je m’enlisais. Et comme l’enlisement à quelque chose d’angoissant, j’ai préféré abandonner cette lecture.

Oui, j’ai abandonné Duras ou plutôt Lol V. Stein à ses errances, à ses silences et à sa névrose, lassée par cette lenteur et cette désespérance, mais aussi par une difficulté à comprendre cette femme dont le destin a basculé le soir d’un bal, quand son fiancé l’a abandonnée pour une autre.

Pourtant la plume de Duras n’est pas sans charme, le style est une charpente solide, et les trouvailles narratives témoignent du talent de cette très grande écrivain.

Neutre, fait d’ellipses temporelles, ce style oscille entre roman et témoignages, et le narrateur est une voix difficile à cerner, changeant, parfois témoin de l’histoire, parfois cherchant à savoir, à faire la lumière sur certains évènements. Il n’y a pas un mais plusieurs narrateurs qui se succèdent, qui, chacun à leur tour, témoignent de ce qu’ils savent sur Lol. V. Stein, se souviennent. Et puis il y a ce “Je”, impalpable, fuyant : J’invente, je vois (p.56) ou encore Je crois ceci : (p. 71)…. et dans ce “Je”, il m’a semblé percevoir la voix de l’auteur, l’auteur qui tente de changer en roman ces témoignages, et de combler les vides laissés par des mémoires défaillantes, ou l’absence de témoin.

Finalement ce qui m’a surtout intéressée dans ce roman fut son style, le problème est qu’une fois que j’en avais fait le tour, que j’avais relevé les trouvailles, l’histoire ne m’a pas permis d’aller plus loin, et je n’avais plus d’intérêt à la lire. La dé-personnalisation recherchée par Duras, à la fois dans ses personnages et dans son écriture, m’a laissé sur le bord du chemin, le flou aussi, trop difficile à percer, m’a finalement semblé vain.

Peut-être finirai-je un jour par tourner les quelques 50 pages qui me séparent de la fin de ce roman, mais ce ne sera pas dans l’immédiat.

Enfin, je voulais vous recommander l’article de Laurence Plazenet dans le Magazine Littéraire n°513, consacré à Marguerite Duras, qui fait un parallèle intéressant entre ce roman de Duras et La Princesse de Clèves de Madame de Lafayette (pp.60-61).

J’ai bien conscience de n’avoir pas fait le tour de ce roman, qu’il ne m’a pas livré tout ce qu’il suggère, mais le manque d’envie de poursuivre a été plus fort.

Roman lu (ou presque) dans le cadre du Challenge Dame de Lettres.

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